Les chiffres officiels du ministère de la Santé indiquent que 5 721 Mauriciens, soit 4 504 hommes et 1 217 femmes, ont été testés positifs au sida. Si le nombre de nouvelles infections est en baisse, toujours selon ces mêmes sources, en revanche, relève PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida), principale ONG qui oeuvre en faveur des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), le nombre des décès est en hausse, « malgré tous les efforts conjugués des partenaires dans la lutte ». Parallèlement, ces efforts sont maintenus et intensifiés notamment sous la férule du National AIDS Secretariat (NAS), afin de faire face aux nouveaux défis.
Si, comme en témoignent les statistiques officielles émanant des services du ministère de la Santé, le nombre de nouvelles infections au sida est en baisse, année après année, en revanche, fait remarquer PILS, et ce n’est pas la première fois que l’ONG avance cet argument, « le nombre de décès est constamment en hausse. Et ce, en dépit des efforts conjugués par tous les acteurs dans la lutte, qu’il s’agisse de la société civile ou de l’État. »
Ce qui amène Nicolas Ritter, premier Mauricien à avoir déclaré publiquement vivre avec le virus, à rappeler que « les conditions, comme nous l’avons souvent souligné, sont optimales et requises pour avancer dans le sens que s’est fixé l’OnuSida, soit pour arriver à zéro nouvelles infections, zéro transmissions et zéro décès. Mais pour ce faire, il reste encore un peu de « fine tuning » à faire en matière d’encadrement et de prise en charge psychosociale. »
Dans le même esprit, continue notre interlocuteur, « nous sommes dans une conjoncture où si l’on ne se ressaisit pas à temps, nous allons rater le coche ! » Il élabore : « Les patients qui meurent ne décèdent pas du sida, mais de causes liées au virus. Donc, par manque de bonne médication et d’hygiène de vie correcte. Or, si nous concentrons nos efforts en ce sens, si nous parvenons enfin à un vrai « shift in mentality » pour comprendre, tant de la part des patients que ceux qui doivent avoir affaire à eux, qu’on peut vivre avec le sida, cela permettra certainement des avancées plus concrètes, en amont ! »
Le responsable de PILS relève que « nous sommes arrivés à un stade où si le patient suit une bonne médication, couplé à une hygiène de vie correcte et s’il bénéficie d’un encadrement adéquat, avec suivi médical et vérification de charge virale, entre autres, de manière régulière, sa durée de vie s’étend. En conséquence, si le patient suit une bonne discipline, quand les conditions sont réunies, bien entendu, il ou elle peut mener une existence normale ! De nos jours, avec un bon traitement et une existence disciplinée, une bonne partie des patients ont une charge virale indétectable, par exemple. C’est une avancée importante, tant pour le patient que pour ceux qui vivent dans son entourage… Ce sont sur de tels éléments qu’il nous faut capitaliser, afin d’amener ce « shift in mentality », tant de la part des patients que de ceux qui ont à les côtoyer. Cela afin de faire diminuer et reculer stigmatisations, discriminations et ignorance. »
Le National AIDS Secretariat (NAS) abonde dans le même sens, rappelant que les efforts sont intensifiés à différents niveaux. En revanche, note l’organisme placé sous la tutelle du Prime Minister’s Office (PMO), « selon le Mode of Transmission Modelling, un exercice que nous réalisons de manière régulière pour suivre l’épidémie et pour pouvoir faire des projections afin d’agir en amont, les indicateurs démontrent que les MSM (Men having Sex with Men) seront, dans les 12 prochains mois, aussi vulnérables que les UDI. » Ce qui inquiète le NAS, car « cette population est encore plus invisible que les UDI ! C’est très, très difficile de les toucher. Mais nous n’allons pas baisser les bras. »
En effet, le NAS travaille sur une série d’activités à caractère préventives avec le concert d’ONG, misant à disséminer le plus d’informations à l’égard des MSM. Parallèlement, ajoute le NAS, « le National Strategic Framework (NSF) a été validé au Conseil des Ministres et les études en cours, ciblant les groupes vulnérables que sont les MSM, les Commercial Sex Workers (CSW) et les UDI ont été validées. Ce qui nous permet de renforcer nos efforts à ces égards. »