photo d'illustration
  • 7 709 Mauriciens vivent avec le virus actuellement et 1 572 décès recensés de 1987 à juin dernier

Elles étaient 129 femmes, parmi les nouveaux cas détectés en 2016. Puis, 144 en 2017. Et l’an dernier, ce chiffre a atteint 164. Le Dr Devi Soyjaudah, coordinatrice du National AIDS Secretariat (NAS), tire la sonnette d’alarme : la propagation du Sida dans le pays change de visage; elle se féminise. Ce vendredi 29 novembre, le ministère de la Santé, en collaboration avec ses partenaires de la société civile, observera la Journée internationale de la lutte contre le Sida, marquée chaque 1er décembre, par le biais d’une journée de dépistage volontaire et de “counselling” à la mairie de Port-Louis.

« Plusieurs facteurs expliquent cette féminisation du Sida chez nous », indique d’emblée le Dr Soyjaudah. EIle ajoute : « Il y a, de prime abord, le fait que les Usagers de Drogues injectables (UDI), qui représentent le plus grand nombre de Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), ont des partenaires sexuels. Il peut s’agir de leurs conjointes, mais également d’autres personnes, avec qui ils ont des liens similaires. Dans ces cas de figure, ces femmes ont des rapports non protégés. Et dans bon nombre de cas, aussi, ce que nous remarquons, c’est sur le tard que ces femmes apprennent qu’elles sont atteintes du virus… »

La coordinatrice du NAS relève que « la prévalence de la transmission du virus auprès des hétérosexuels est de presque 30% — 29,9%, pour être précis ». Elle poursuit : « Après les 62% que représentent les UDIs, c’est la catégorie la plus vulnérable. » Il est clair, explique-t-elle, « qu’il faut être vigilant, dès maintenant ». Et d’indiquer : « Déjà, au sein du ministère, nous avons commencé un certain travail sur le terrain, tant au sein de nos hôpitaux que dans la communauté, et ce avec le concours de nos partenaires de la société civile. »

Demain, le ministère de la Santé prévoit une série d’activités en marge de la Journée internationale de la Lutte contre le Sida. « De fait, cette année, c’est à la mairie de Port-Louis que les services de la Santé concentreront leurs efforts, le temps d’une journée de dépistage volontaire, de 10h à 16h, sertie de “counselling” », signale le Dr Soyjaudah.
Il convient de savoir que Maurice compte, à septembre dernier, 7 709 compatriotes vivant avec le Sida, dont 5 673 hommes et 2 036 femmes. De 1987, quand le premier cas de Sida fut identifié chez nous, à juin dernier, 1 572 patients sont décédés. « Le nombre de tests sanguins réalisés en laboratoire gravite autour des 85 000 à 90 000 par an », indique encore le NAS.

Tandis que les “rapid testing”, qui sont menés au sein de la communauté, « avec le soutien de nos partenaires des Ongs et de la société civile, surtout », précise la coordinatrice du NAS, sont passés de 20 000 en 2017 pour atteindre 27 000 l’an dernier. « Décortiquer les données réunies lors de ces séances de travail, représente des informations importantes pour nous aider dans nos futures planifications », ajoute encore le Dr Devi Soyjaudah. Elle retient, de même, que : « Certes, la stigmatisation a encore et toujours la dent dure dans notre société, mais il y a beaucoup de choses qui sont mises en chantier et on doit aussi reconnaître que, même si cela se fait lentement, un changement d’attitude et de “mindset” se fait… Et c’est tant mieux, car, sans cela, nous ne pourrons, tous ensemble, vaincre ce virus. »