Deux délégués de l’International Trade Unions Confederation (ITUC), Gemma Swart et Philippe Gousenbourger, sont à Maurice pour participer à une manifestation pacifique vendredi visant à attirer l’attention des délégués étrangers venus participer au 63e congrès de la FIFA qui a lieu à Pailles, sur le sort des travailleurs étrangers au Qatar.
Selon Gemma Swart, les travailleurs étrangers qui sont engagés actuellement dans la construction des stades de football pour accueillir la Coupe du Monde 2022 sont maltraités. « Leurs salaires ne sont pas versés à temps, ils sont forcés d’habiter des camps de travail, leurs passeports sont saisis et ils ne sont pas autorisés à quitter le pays sans l’accord de leurs employeurs. Ils vivent comme des esclaves », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, mardi, à Port-Louis. Des 1,2 million d’étrangers qui travaillent dans ce pays, plus d’une centaine seraient morts sur leurs sites de travail ou de crise cardiaque le soir, soutient-elle.
Mme Swart affirme que la Confédération internationale a été choquée lorsqu’elle a appris que le Qatar a été choisi par la FIFA pour accueillir la Coupe du Monde de football en 2022. « Nous ne pouvions comprendre comment un pays qui ne respecte pas les droits des travailleurs peut être appelé à accueillir un tel événement. Nous avons parlé à la FIFA et au ministre qatari du Travail qui nous ont promis des réformes mais toujours rien après deux ans de discussions », a-t-elle fait ressortir.
Selon elle, le Qatar, qui est considéré comme le pays le plus riche au monde, est en train d’acheter sa crédibilité avec le soutien international. « D’autres travailleurs mourront en construisant des infrastructures sportives au Qatar. Nous devons les protéger. Le Qatar doit les autoriser à se regrouper sous un syndicat et réformer leurs conditions de travail et à la FIFA, nous demandons de refaire le vote pour l’organisation de la Coupe du Monde 2022 si le Qatar n’améliore pas les conditions de travail des travailleurs migrants ».
Pour sa part, Philippe Gousenbourger, autre représentant de l’ITUC, a déclaré qu’ils sont à Maurice pour montrer à la FIFA que cette confédération internationale n’abandonnera pas sa démarche. « Notre demande n’est pas de dire à la FIFA de ne pas tenir cette Coupe du Monde au Qatar mais si ce pays ne modifie pas ses lois du travail, à ce moment-là, il faudra faire la Coupe du Monde ailleurs. La FIFA doit prendre ses responsabilités », a-t-il déclaré. « Si la FIFA veut que l’image du football reste conforme aux valeurs humaines, elle doit s’assurer à ce que le Qatar accorde des droits à tous les travailleurs. »
Est également intervenu à cette conférence de presse, Dewan Quedou, président de la Mauritius Trade Union Confederation (MTUC). Il a affirmé que les syndicalistes ne sont pas contre la FIFA, comme certaines personnes le croient. « Nous ne sommes ni contre le gouvernement, ni contre la Mauritius Football Association (MFA) et ni contre la FIFA. Nous voulons seulement sensibiliser le public et les affiliés de la FIFA sur la maltraitance des travailleurs migrants au Qatar qui organise la Coupe du Monde 2022 », a-t-il dit.