Le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire et la Food and Agricultural Organisation ont organisé lundi au Rajiv Gandhi Science Centre à Bell Village une conférence sur le thème « Food prices : from crisis to stability ». L’objectif était de sensibiliser les parties concernées à la nécessité de stabiliser les prix des denrées alimentaires. Les Mauriciens dépensent environ 40 % de leurs revenus dans l’alimentation contre 75 % dans les pays pauvres et 15 % dans les pays développés. Amadou Moustapha Kamara, représentant de la FAO pour l’océan Indien, était présent à cette conférence.
« La hausse des prix et l’inflation alimentaire affectent tout le monde. Les pauvres et les enfants sont les plus vulnérables. De nombreuses personnes sont inquiètes au sujet de leur alimentation, qui devient de plus en plus difficile. » Propos de Satish Faugoo, ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, lors de l’ouverture de cette conférence pour souligner l’importance de changer de mentalité afin de contrôler les prix qui grimpent, tant au niveau de la production qu’au niveau de la consommation.
« Les prix n’affectent pas seulement les consommateurs, mais aussi les agriculteurs qui finissent par produire trop ou peu. Avec un marché stable, ils peuvent obtenir des revenus stables », a expliqué le ministre. Selon lui, les prix volatiles peuvent ruiner les agriculteurs et les décourager à investir dans « un secteur qui est une nécessité ». D’ailleurs, a-t-il ajouté, les nouveaux venus, aussi, hésitent et s’éloignent de l’agriculture.
Satish Faugoo a rappelé que Maurice, étant un Net Food Importer, n’est pas épargnée par le phénomène global des prix volatiles. « Les prix de l’alimentation, des intrants, comme les fertilisants et les pesticides, et de l’énergie nous ont fait réaliser la nécessité de revoir notre système de production. C’est un défi pour le gouvernement, qui a agi promptement et de manière proactive », a-t-il déclaré, en citant les nombreux projets et plans d’aide formulés et mis en oeuvre en faveur des agriculteurs. Parmi : l’autosuffisance à 80 % réussie dans la production de la pomme de terre, voire de 100 % cette année, et l’augmentation de la production du lait frais de 2% à 10 %.
Pour sa part, le représentant de la FAO pour l’océan Indien a rappelé que les prix des denrées alimentaires étaient stables pendant plusieurs décennies, mais que ce n’est plus le cas de nos jours. « Si nous devons résoudre le problème de la faim dans le monde, des efforts doivent être faits pour stabiliser les prix, particulièrement pour ceux qui dépensent la plus grosse part de leurs revenus dans la nourriture », a dit Amadou Moustapha Kamara. Selon lui, les causes de l’instabilité des prix sont très connues. « Il nous faut une volonté politique pour les résoudre. »
Le représentant de la FAO a aussi expliqué que le marché global de l’alimentation est très serré avec l’offre qui lutte pour garder le pas face à la demande et les stocks qui sont de plus en plus bas. « Les inondations et les sécheresses touchant certaines régions affectent les prix. L’agriculture ne peut répondre assez vite avec davantage de production à cause du manque d’investissement dans la recherche, la technologie, les équipements et les infrastructures. »
Finalement, a déclaré M. Kamara, la stabilité des prix sur le marché dépend des investissements dans l’agriculture, surtout dans les pays en développement où vivent 98 % des populations, qui souffrent de la faim et où la production alimentaire doit doubler d’ici à 2050 afin de nourrir les populations qui augmentent.