Les investissements directs étrangers (FDI) à Maurice ont chuté de 50 % en 2015 pour s’élever à 208 M de dollars, indique l’édition 2016 du World Investment Report publiée cette semaine par la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED). Ce rapport fait également état d’une progression de 38 % du FDI à l’échelle mondiale alors qu’en Afrique, une baisse de 7 % à 54 milliards de dollars a été constatée.
Selon le Country fact sheet pour Maurice établi par la CNUCED dans son rapport, Maurice a enregistré un montant de USD 208 M l’année dernière contre USD 418 M en 2014 et USD 293 M en 2013. Le montant de FDI pour l’année écoulée représentait 8,2 % des investissements totaux mesurés sous forme de Gross fixed capital formation. Ce pourcentage est aussi en baisse comparativement à 2014 (17,3 %) et 2013 (11 %). La CNUCED estime à USD 3,7 milliards le “stock” de FDI à Maurice en 2015, ce qui représente 31,9 % du produit intérieur brut du pays. En 2014, ce “stock” se situait à environ USD 3,5 milliards, soit l’équivalent de 27,7 % du PIB du pays.
Par ailleurs, la CNUCED rapporte que globalement le FDI en direction du continent africain a diminué de 7,2 % pour s’établir à USD 54,1 milliards. La part de l’Afrique dans les flux mondiaux des investissements directs étrangers a reculé de 4,6 % en 2014 à 3,1 % en 2015, cela alors que les flux mondiaux enregistraient un très net rebond de + 38 % à USD 1 762 milliards. La CNUCED explique le recul des flux de FDI vers l’Afrique en 2015 par la contre-performance de l’Afrique subsaharienne (-11 % à USD 41,43 milliards) compensée en partie par un rebond au nord du continent (+ 9 % à USD 12,65 milliards).
Le rapport de la CNUCED indique que l’Afrique centrale avec USD 5,8 milliards a perdu 36 % d’investissements directs étrangers, en raison principalement de la baisse des investissements dans des pays comme la République Démocratique du Congo, qui a été frappée par la baisse des cours du cuivre, et une remontée de l’insécurité. En Afrique de l’ouest, un repli de 18 % à USD 9,6 milliards a été noté dans le sillage d’un recul des investissements au Nigeria. La première économie d’Afrique a souffert et souffre encore de la baisse des prix du pétrole, une importante source de ses revenus. Il y a aussi eu la décision du gouvernement buhari de maintenir le naira (monnaie locale) à un niveau artificiellement élevé, ce qui a provoqué des retraits ou de l’incertitude chez les investisseurs, selon les cas.
En Afrique du Sud, le FDI a chuté à USD 1,8 milliard, soit le niveau le plus bas de ces dix dernières années. Raisons : des performances économiques tièdes, une baisse des prix des matières premières minières, et la hausse des coûts de l’énergie. L’Afrique de l’est, pour sa part, a attiré USD 7,8 milliards, en baisse de 2 %, malgré la performance record du Kenya qui a attiré USD 1,4 milliard. Tirée par le dynamisme en Égypte, l’Afrique du nord a connu la meilleure performance de la région, en captant un montant de USD 12,6 milliards (+ 9 %).
La CNUCED est, cependant, optimiste pour l’Afrique, prévoyant un rebond du FDI en 2016. Une hausse de 6 % à USD 55-60 milliards est attendue.