Une expérience primitive, c’est ce que propose World of Chamarel au cœur même de la forêt de cet endroit mystique en haute altitude. Démonstrations, jeux et challenges : la petite équipe invite le public à se déconnecter du quotidien et à ne faire qu’un avec la nature. Elle lui apprend à survivre en se servant des outils que nous offre la nature.

Nous sommes allés nous balader avec eux sur leur terrain de jeu dans les bois pour découvrir leur savoir-faire.

Alors qu’une petite pluie fine fait baisser la température ambiante, nous entamons notre balade dans la forêt de Chamarel en compagnie d’Aman Ramchurn et de Vishesh Gungaram, deux des quatre membres de World of Chamarel. Sabre à la main, vêtements aux couleurs militaires, ils nous guident à travers leur vaste terrain de jeu, où se déroulent régulièrement de folles aventures. Tout dernièrement, l’équipe y a organisé une chasse au trésor qui a attiré 90 personnes. Leur prochain jeu, Jumanji : Welcome to the jungle, s’annonce palpitant. “Nous avons constaté que les Mauriciens sont friands de jeux qui mélangent le fun, un peu de force physique et un peu de réflexion. C’est exactement ce que nous leur proposons dans nos événements, qui seront organisés régulièrement”, explique Aman Ramchurn. Au menu : une grosse montée d’adrénaline.

Catch and release.

Pour notre visite cependant, l’équipe a choisi l’autre activité qu’elle organise, la Primitive Survival Experience. Comme son nom l’indique, il s’agit d’activités ayant trait à la survie en forêt. Avec, comme objectif premier, de montrer les astuces de base qui permettront de se débrouiller avec un minimum d’équipements. “Les gens viennent vivre l’expérience et apprennent plein de choses. En général, ils reviennent une deuxième fois parce qu’ils ont beaucoup aimé”, confie notre guide.

Après une dizaine de minutes de marche sur un sentier boueux, nous voilà arrivés à la première étape du camp de survie. Au cœur de la forêt luxuriante, une clairière dominée par un bassin rempli d’une espèce de berri rouge. Des poissons qui étaient élevés pour la cuisine, mais qui sont désormais utilisés pour la pêche, avec le concept de catch and release. “Nous permettons aux enfants de pêcher également, mais nous relâchons toujours les poissons. Le but est de les faire passer un bon moment”, dit Aman Ramchurn.

Il est impossible ne pas apercevoir le grand radeau qui se trouve sur la berge. La plate-forme est faite en bambous, attachés à l’aide de cordes. Pour naviguer, une tige de ravenala fera l’affaire. “Nous avons construit ce radeau dernièrement lors d’un kid’s event. C’est cela aussi l’expérience que nous proposons : montrer aux gens comment construire un radeau et ensuite les encourager à y monter pour faire un petit tour dans le bassin”, confie Aman Ramchurn. À quelques mètres de là, des toilettes improvisées ont été installées.

L’arbre de vie.

Dans cette forêt humide, les ravenalas sont légion. Considérée comme une espèce hautement invasive, au même titre que la goyave de Chine, le ravenala (aussi appelé l’arbre du voyageur ou arbre de vie) renferme un trésor précieux. Un petit coup de sabre ou de couteau pour en ouvrir le cœur nous permet de voir s’écouler une eau fraîche et potable. “Cela peut sauver une vie en cas d’isolement en forêt. Il vaux mieux chercher un ravenala avec un cœur épais, qui est plus susceptible d’en contenir”, explique Vishesh Gungaram.

Plus loin, un kiosque en bois offre une cachette bienvenue en raison des pluies intermittentes qui arrosent l’endroit. C’est ici qu’est organisé le Primitive Camping. Outre le fait de passer la nuit dans la forêt, les gens y apprennent à construire leur propre tente en utilisant ce qu’ils ont sous la main. L’équipe de World of Chamarel a installé des prototypes montrant plusieurs étapes de construction de la tente. D’un côté, on voit la base en bois posée sur des feuilles, qui font office de matelas. La base est posée sur un endroit le plus plat possible. À côté, le A-frame et les feuilles qui assureront l’étanchéité de la tente et, plus loin, deux tentes déjà montées pour donner une indication de la forme finale mais qui servent aussi d’abris en cas de pluie, particulièrement pour les enfants.

Swedish log.

On utilise du bois de goyaviers de Chine, que l’on trouve en abondance dans cette forêt. Ce bois sert à construire la base et les poteaux. Pour les attacher, la forêt pourvoit également en matériaux naturels : les pie tourtrel. “C’est un arbre que l’on trouve beaucoup par ici. Il suffit d’enlever un bout de l’écorce en longueur et de l’utiliser comme une corde. Cela vous permet d’avoir une tente solide.” Les prototypes finis sont recouverts de plastique pour la démonstration, mais les instructeurs conseillent de privilégier des feuilles. “Les feuilles de ravenala, de latanier ou de sonz sont idéales, car elles vont empêcher l’eau de pénétrer dans la tente. Posez-les sur des tiges de bambou pour avoir un meilleur résultat”, conseille Vishesh Gungaram.

Pour le feu, les instructeurs expliquent comment créer un Swedish log, une façon de faire du feu au creux d’un tronc. Une astuce idéale pour mieux le maîtriser et cuisiner. “On place le tronc debout et on le fend en six. Dans les canaux formés dans le tronc, on place du papier ou des feuilles mortes pour pouvoir allumer un feu. Il n’y a plus qu’à y poser la marmite pour faire cuire sa nourriture”, confie Aman Ramchurn.

Une petite cascade située à deux minutes ajoute du charme à cet endroit et rend l’expérience encore plus plaisante. Les plus téméraires pourront aller se faire masser grâce à la pression de l’écoulement de l’eau. Le terrain de jeu de World of Adventure comprend également une rivière, située un peu plus loin. Outre le camping primitif, on peut également faire des randonnées avec le même concept.