La prévention du suicide a été le thème central d’une réunion tenue hier par le ministère de la Sécurité sociale dans ses locaux avec des représentants d’organisations religieuses, d’ONG et des médias. Le Dr Ameenah Sorefan, psychiatre, Haymant Ramgobin de Life Plus + et le pasteur France Cangy du Conseil des Religions ont animé la rencontre axée sur la lutte contre l’indifférence, une des principales causes du suicide. Un appel à l’accompagnement de ceux en difficulté a été également lancé.
Au cours de cette réunion, les discussions ont également porté sur les causes du suicide, le traitement de l’information relative au suicide par les médias entre autres… « Le suicide, c’est l’affaire de tous. Si on prend les bonnes actions, si on encadre nos jeunes qui souvent ont des problèmes d’ordre émotionnel et familial, et même les adultes qui souffrent du manque d’amour, d’endettement, de dépression, de stress et autres, on pourrait trouver une solution pour encadrer ceux qui sont au bord du suicide », laisse entendre Haymant Ramgobin de Life Plus +. Il ajoute que très souvent, c’est un manque de dialogue qui est à l’origine d’un tel acte. Même s’il s’avère difficile d’expliquer ce qui amène les gens à se suicider, Haymant Ramgobin dit qu’il existe toutefois des signes qui ne trompent pas tels que l’isolement, la dépression, la perte d’appétit, autant de facteurs, d’attitudes et de comportements de la personne suicidaire qui, dit-il, ne doivent pas nous laisser indifférents. « Le suicide, c’est la souffrance. It’s a pain of 100 broken bones. Sometimes, some warning signs need to be taken very seriously. » Il parlera aussi des états secondaires dans lesquels se plonge un suicidaire : « Il n’a plus envie d’aller travailler, il est toujours stressé. Certains trouvent en l’alcool un refuge, alors que d’autres préfèrent s’isoler. » Même constat auprès du Dr Ameenah Sorefan qui indique qu’il y a au moins une centaine de cas de suicide chaque année et parmi une vingtaine de tentatives de suicide. « Suisid, li pa enn solusyon, li enn problem. » Parlant de la manière dont les médias devraient rapporter les cas de suicide, le Dr Sorefan explique qu’il faut éviter de tomber dans le sensationnalisme. « Le suicidé n’est pas là pour se défendre, il laisse derrière lui toute une famille en souffrance. Il faut respecter cela. Parfois, dans certains journaux l’on donne des descriptions très précises de la manière dont le suicidé s’y est pris pour mettre fin à sa vie. Il faut éviter les détails, c’est comme donner des idées à celui ou celle qui souhaite commettre un tel acte. Le suicide, c’est un délit, car personne n’a le droit d’attenter à sa vie. » Pour venir en aide à ceux qui ont besoin d’encadrement, les volontaires de l’association Befrienders peuvent être contactés gratuitement au 800 9393 à partir d’un téléphone fixe. Le hotline de Life Plus + est le 188. Les appels seront traités en toute confidentialité. Le samedi 10 septembre, l’association Befrienders a choisi ce jour spécial marquant la commémoration de la World Suicide Prevention Day pour ouvrir un nouveau bureau à Mont-Lubin, Rodrigues. On note que le taux de suicide est en baisse à Rodrigues, soit deux cas en 2011 contre 8 en 2008. Le hotline des Befrienders à Rodrigues est le 832 4400.