La présidente du Centre d’éducation et de développement des enfants mauriciens (CEDEM), Aarthi Burtony, non voyante depuis l’âge de 14 ans, a rendu un vibrant hommage aux enseignants hier lors de son intervention au siège de cette organisation, à Floréal. « La journée des enseignants est très importante pour les remercier de l’effort et de l’amour qu’ils mettent pour accomplir leur tâche quotidienne », déclare-t-elle.
Souffrant de tension oculaire sous sa forme congénitale et bilatérale, c’est-à-dire des deux yeux, Aarthi Burtony a perdu son oeil gauche à l’âge de trois ans. Malgré le fait d’avoir été en traitement, elle est devenue aveugle à l’âge de 14 ans, soit en l’an 2001.
« J’étais en Form III au collège BPS, en 2000 et, l’année suivante, je devais être en Form IV, mais comme j’avais perdu ma vue et que mes parents voulaient à tout prix que je continue mes études, ils m’ont inscrit au cours de braille au Loïs Lagesse Trust Fund. J’ai eu une enseignante de braille, Mme Gungaram, que je remercie d’ailleurs pour tout l’effort qu’elle a mis pour me l’enseigner. De par cette formation, j’ai pu continuer mes études », affirme Aarthi Burtony au Mauricien. Après avoir appris le braille avec succès, notre interlocutrice affirme : « En 2002, le collège du BPS (Bon et Perpétuel secours) m’a acceptée comme élève non voyante. C’est la première fois qu’un établissement secondaire s’apprêtait à accueillir une élève en situation de handicap visuel, et ce même si les gens ne connaissaient pas le braille au sein de l’institution. C’était une expérience merveilleuse. » Aarthi Burtony a aussi eu une pensée spéciale pour l’Université de Maurice, où elle a poursuivi ses études de LLB après son HSC. Même si l’institution n’avait pas les moyens logistiques nécessaires pour qu’elle puisse poursuivre ses études, l’intégration sociale et le soutien du Loïs Lagesse Trust Fund lui ont permis d’obtenir des documents universitaires transcrits. C’est ce qui l’a aidée à aller jusqu’au bout. Aujourd’hui, la présidente du CEDEM est en stage au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) sous le programme gouvernemental de soutien aux jeunes « graduates » mauriciens.