Le Deputy Prime Minister et ministre des Services publics Rashid Beebeejaun l’a clairement fait ressortir : « L’eau, dans sa forme naturelle, est une propriété publique et ne peut être privately-owned. » « Il n’y a jamais eu de propriété privée par rapport à l’eau », a-t-il déclaré, lors de la célébration de la Journée mondiale de l’eau hier au centre scientifique Rajiv Gandhi où une exposition sur le sujet a lieu.
Rashid Beebeejaun a rebondi sur la question des droits d’eau soulevée par le représentant du UN Development Programme (UNDP) à Maurice, Simon Springett, pour dire que ces droits datent de plusieurs siècles. « Nous avons à les repenser car toute eau dans sa forme actuelle appartient au public et ne peut être privately-owned. Mais elle peut être utilisée par le privé. De plus, ils ne sont pas des droits absolus. L’eau doit être distribuée de manière équitable », a-t-il fait ressortir.
S’agissant des fuites d’eau dans le système de distribution de la Central Water Authority (CWA), le ministre a soutenu que le gouvernement va trouver des fonds pour améliorer le système car environ 50 % de la production n’est pas accounted for. « De ce pourcentage, environ 40 % se perdent dans le système à cause des vieux tuyaux de distribution qui ont fait leur temps », a-t-il fait ressortir. Mais, a prévenu le DPM, on ne peut remplacer les vieux tuyaux « morceau par morceau ». « Il faut remplacer tout le système. Il faut aussi introduire des nouvelles technologies pour contrôler la pression d’eau qui est lâchée dans le système de distribution », a-t-il fait comprendre.
Rashid Beebeejaun a indiqué que Maurice enregistre environ 3 700 mm de pluies chaque année. De ces chiffres, 43 %, soit 1 600 mm, se perdent dans la mer ; 1 600 mm ou 43 % s’évaporent et seuls 14 %, soit 500 mm, sont captés par les différents réservoirs et les nappes phréatiques dont 235 mm sont utilisés à des fins domestiques et 265 mm à des fins d’irrigation. « Nous ne devons pas la gaspiller. En fait, nous ne devons pas gaspiller le temps, ni la nourriture, ni les opportunités », a-t-il dit. Il a également parlé du changement climatique qui a des conséquences sur la vie humaine, perturbe tout le système de pluie et provoque des inondations et des sécheresses.
Le ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah est également intervenu à cette cérémonie pour poser une série de questions aux collégiens présents dans la salle, à propos du nombre de fois qu’ils se brossent les dents par jour et s’ils utilisent un verre ou s’ils laissent les robinets ouverts. « Nous constatons donc que rien qu’en brossant les dents tous les matins et soirs, notre population gaspille environ 2 millions de litres d’eau quotidiennement », leur a-t-il déclaré, avant les laisser à la réflexion. Quant au président du conseil d’administration de la CWA, Prem Saddul, il a rappelé qu’en 1975, seulement 50 % de la population était pourvue d’une connexion à l’eau potable et la distribution était restreinte à quelques heures seulement par jour. Aujourd’hui, 99,4 % de la population a l’eau potable chez elle et le nombre d’abonnés de la CWA a dépassé les 350 000. « La demande pour l’eau augmente d’année en année en raison du développement socio-économique rapide du pays », a-t-il fait ressortir. Les activités de la CWA par rapport à la Journée mondiale de l’eau incluent une exposition à Bell-Village, deux ateliers de travail sur l’eau, des visites guidées à la station de traitement d’eau de La Marie et des campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’eau.