Lors d’une fête de fin d’année organisée par le PMSD à l’intention des membres de la direction et quelques sympathisants, le leader, Xavier-Luc Duval, a retracé le parcours de son parti depuis 1987, année où il a fait son entrée dans la députation. Il a notamment dit que le PMSD a beaucoup souffert du deuxième épisode de l’affaire Azor Adélaïde.
Rappelons que ce second épisode a démarré à partir d’une déposition d’un ancien proxénète maintenant décédé, déposition qui avait été consignée par la police chez le PM d’alors, l’actuel président de la République. Par la suite, une enquête préliminaire a eu lieu à la Cour de Flacq, lors de laquelle sir Gaëtan Duval, alors leader du PMSD, a dû comparaître quotidiennement en tant qu’accusé.
Faisant son récit, Xavier-Luc Duval a souligné qu’en 1987, le PMSD faisait partie du gouvernement. « Mais cela n’a duré qu’une année. Par la suite, nous nous sommes retrouvés dans l’opposition, sauf le Dr Brizmohun, qui a préféré rester avec le MSM », dit-il. Aux élections de 1991, seul son père est entré à l’assemblée. « Mais les élus du MMM l’ont si injurié qu’il a fini par être dégoûté. Un après-midi, il m’a fait venir à son bureau, à l’Immeuble Alitalia et a rédigé sa lettre de démission. Ainsi, j’ai pu siéger à nouveau », a-t-il ajouté.
Le ministre des Finances a fait ressortir qu’il a passé beaucoup de temps en tant que seul membre des bleus. Toutefois, il estime que son parti est en pleine renaissance actuellement, avec deux ministères et deux postes de PPS pour ses quatre députés, ainsi que deux postes de maire. « Notre renaissance est difficile », a-t-il concédé, tout en étant redevable « aux membres des différentes factions des bleus maintenant réunifiées ». Chaque membre du parti, y compris ceux venant de l’ancien MR, a oublié son appartenance antérieure, soutient-il.
Xavier-Luc Duval a qualifié le PMSD de parti insufflé d’un sens très prononcé du patriotisme. « Depuis la création du parti par Jules Koenig, jusqu’à Maurice Allet, en passant par sir Gaëtan et Hervé Duval, tous ces leaders bleus ont favorisé l’avenir du pays avant toute autre considération. Nou pa Ptr, nou pa MMM, kot nou pena kast, nou pa guet kouler, relizion. Si nou pa ti la, pa ti pou ena touris, pa ti pou ena textil, pa ti pou ena sekter prive. Ki fer nou la ? Pa parski nou bizin politik pou viv, nou tou ban profesionel. Ki fer Dokter Kodabaccus ek Norbert Froget bizin fatig zot ar hawker ? Li ti pou fasil pou zot gayn jean ek lézot kitsoz kado. Me nou touzour kontan ki zafer deroul lord ek la lwa », soutient le leader du PMSD. Il a invité les jeunes, hommes et femmes, qui éprouvent un certain amour pour leur région, à se porter candidats aux élections municipales, qui constitueront, à son avis, un tremplin idéal pour effectuer un bon démarrage en politique.
Xavier-Luc Duval a conclu en soutenant que si certains ont la nostalgie de l’époque où sir Anerood Jugnauth était PM, c’est parce qu’il a laissé ses marques. « Mais aujourd’hui il est dépassé, étant donné son âge ». Aussi, il souhaite que chaque membre du PMSD qui détient des responsabilités puisse lui aussi laisser ses marques.
Le président du PMSD, Maurice Allet, a émis l’opinion que 2011 a été une année plutôt bonne pour les bleus. Le PMSD, dit-il, a commencé l’année avec deux ministères comme c’était le cas l’an dernier, mais s’est retrouvé avec deux plus importants fauteuils, avec Xavier-Luc Duval aux Finances et Michaël Sik Yuen au Tourisme. « Si le second a toujours été confié au PMSD, par contre c’est la première fois que ce parti gère la trésorerie du pays. Suite à la défection du MSM, c’est sans hésitation que Navin Ramgoolam a confié les Finances au leader du PMSD. En outre, nous terminons l’année avec deux PPS, Aurore Perraud ayant été nommée à ces fonctions, et deux maires, Mamade Kodabaccus et Norbert Froget », a fait remarquer M. Allet.