Le ministre des Finances et du Développement économique présidait la célébration du International Customs Day organisé ce matin par la Mauritius Revenue Authority à la Custom House à Mer Rouge. Une occasion pour le Grand argentier de rappeler les risques de « contagion » de la crise européenne.
De retour de mission, Xavier-Luc Duval s’est permis une « digression » à la Mauritius Revenue Authority (MRA). Le ministre des Finances et du Développement économique s’est appesanti sur les possibles répercussions de la crise européenne. « Yes, we are in crisis. No surprise if Mauritius feels the Euro crisis », a-t-il martelé.
Le ton est donné. Survol de la conjoncture internationale : la Grèce est en pourparlers avec ses créanciers pour rééchelonner sa démarche de remboursement, renégocier les taux d’intérêts ou même parvenir à un « haircut », soit une réduction volontaire de la dette. 15 milliards d’euros sont dûs à mars, ce qui suscite l’inquiétude. L’éventualité de non-remboursement (default) de la Grèce titille la contagion.
La Grèce doit 350 milliards d’euros et l’Italie 2 trillions. Des sommes qui « dépassent le rayon d’action du Fonds monétaire international ». Xavier-Luc Duval en exposait les éléments de contingence à la mi-journée à la Custom House à Mer-Rouge.
Et Maurice au milieu de tout cela ? « The crisis is a two-barrel shotgun. » Et d’évoquer : le risque d’une baisse de la demande – par exemple, des touristes frileux à l’idée de dépenser des sous dans les voyages alors qu’il serait plus judicieux d’épargner – et un euro plus faible encore – le dollar au statu quo, nos devises étrangères qui prennent l’eau et donc une baisse du pouvoir d’achat à l’international, en termes clairs. « Une demande qui flanche, des hôtels encore plus vides. Espérons que les Européens continueront à sucrer leur café », ironise Xavier-Luc Duval.
L’année débute mal. Le ministre des Finances et du Développement économique cite le cas du Royaume-Uni : une contraction de 0,2 % annoncée hier soir pour le dernier trimestre alors qu’une croissance de 3 % était prévue. « Si une deuxième contraction a lieu, on parle alors de récession. »
Bouées de sauvetage
Xavier-Luc Duval a longuement insisté sur une stratégie échelonnée à moyen terme. Réduire le « middle income gap » est une de ses priorités. Pour ce faire, il faudrait « rediriger » nos exports vers des nouveaux marchés, ces économies émergentes. Par ailleurs, une « attention particulière devra être accordée au continent africain (Ndlr : substantial attention must be given to Africa) ». Le ministre a également salué les efforts de la MRA vers le e-billing et le paperless custom.
« On ne peut plus évoluer dans une économie à deux vitesses », dit Xavier-Luc Duval. Et d’ajouter : « Certains doivent se réveiller (some must wake up in this country). » Référence est faite aux syndicats militant contre le samedi de travail. « Certains travaillent jour et nuit tandis que d’autres font du 9-16 h. » 150 serviteurs publics que l’on rémunère pour travailler un samedi par mois. « Pas la mer à boire » pour le VPM et ministre des Finances.
Xavier-Luc Duval a par ailleurs exhorté les employés à se montrer productifs. « The salaries of MRA have been raised… We hope that productivity rises too. » Et d’annoncer que le prochain directeur des douanes se devra de produire un plan d’action de trois ans, surtout en ce qui concerne la stratégie de saisie de drogue et de produits de contrebande. « We are prepared to provide to Customs whatever equipment required. »
Sont également intervenus ce matin, le directeur général de la MRA Sudhamo Lal et l’acting director des douanes Vivekanand Ramburrun.