Le vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval, qui a voté en faveur de la nouvelle loi, a déclaré que « c’est un premier pas vers l’État laïc » et qu’il est convaincu que cette législation « va mettre de l’ordre dans une situation chaotique » qui a prévalu jusqu’ici par rapport aux avortements illégaux.
« Dans une société comme la nôtre, j’apprécie que l’assemblée nationale ait pu s’affranchir des clivages religieux, ethniques et culturels. C’est un premier pas vers l’État laïc. Des pays très catholiques ont adopté des lois beaucoup plus libérales que nous », a souligné Xavier-Luc Duval dans son intervention à propos de cette large majorité des parlementaires qui se sont prononcés en faveur de cette nouvelle loi. Le leader du PMSD a précisé que son parti, à l’instar du MMM, a permis à ses députés de voter librement et d’après leurs convictions. Il a aussi affirmé que personne n’a subi de pression. « C’est une question de conscience comme c’est le cas aussi pour la peine de mort. »
Xavier-Luc Duval trouve que cette nouvelle loi « est une étape » car elle va soulager les pauvres en situation de détresse face à une grossesse non désirée et qui n’ont pas les moyens financiers d’aller subir un avortement ailleurs. Néanmoins, le ministre des Finances a exprimé ses préoccupations au sujet des 20 000 cas d’avortements illégaux chaque année et qui ne tombent pas dans les quatre catégories autorisées par la loi. « Que faire de ces 20 000 cas de grossesses non désirées chaque année ? Ne tournons pas le dos au problème une fois la loi votée. Trouvons une solution pour le reste », a-t-il souhaité. Il soutient qu’il avait commencé à s’attaquer au problème quand il était au ministère de l’Intégration sociale en proposant un programme de planning familial dans certaines régions du pays mais qu’il y a eu très peu d’intérêt de la part des adultes ciblés. « Nous avons encouragé le planning familial, nous avons tout essayé. Sur les 1 000 cas contactés pour entrer dans le programme, il y a eu un très faible response. »