« Nous n’avons pas voulu dans le budget 2012 vous présenter des choses que nous ne serons pas en mesure de réaliser. Nous y avons inclus des propositions que nous sommes capables de mettre en pratique. C’est un budget responsable », a déclaré ce matin le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval lors d’un budget breakfast organisé par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) au Domaine Les Pailles. Pendant un peu plus d’une heure, le Grand argentier a répondu aux questions des opérateurs de divers secteurs économiques, annonçant au passage que le gouvernement s’est lancé dans une grande campagne pour améliorer la qualité des services du secteur public et qu’en ce qui concerne l’assistance aux petites et moyennes entreprises il a fait de son mieux cela avec la collaboration des banques commerciales.
Xavier-Luc Duval a réaffirmé devant un parterre de chefs d’entreprise, que le budget 2012 qu’il a présenté vendredi dernier vise à consolider la croissance économique et assurer le bien-être de la population. À travers les propositions budgétaires, il a voulu donner plus d’opportunités et d’encouragements aux opérateurs économiques pour qu’ils investissent et créent des emplois avec l’objectif final que les travailleurs puissent avoir de meilleurs salaires. Le budget 2012, a-t-il rappelé, prévoit, entre autres, au plan économique, des mesures incitatives à l’investissement, l’abolition de certaines taxes (dont la taxe de solidarité sur les dividendes et intérêts, taxe sur la plus-value), la revue de la taxe sur le transfert des propriétés, la rationalisation du système d’octroi de permis et la stimulation de la demande par le truchement de campagnes promotionnelles agressives touchant tout un éventail de secteurs et produits. Se référant ensuite au secteur des petites et moyennes entreprises (PME), Xavier-Luc Duval a laissé échapper : « Nous avons fait de notre mieux. Pour ce qui est de l’accès aux finances, nous avons adopté une approche collaborative avec les banques commerciales. »
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a fait état des deux nouveaux secteurs que le gouvernement souhaite développer, l’industrie cinématographique à travers une subvention à hauteur de 25 % des dépenses des compagnies intéressées et la création de marinas, projet dont le marketing sera assuré par le Board of Investment. Le Grand argentier a ensuite parlé de l’objectif du budget concernant l’amélioration de l’efficience et de la productivité dans le secteur public, mention spéciale étant faite des secteurs portuaire et de l’eau. Il s’est aussi appesanti sur le volet social du budget, notamment les projets touchant le logement et la santé, dont un soutien accru aux personnes voulant se faire opérer à l’étranger.
Interrogé sur certains objectifs macroéconomiques, plus précisément sur sa réconciliation d’une prévision de croissance économique de 4 % et d’une progression de 11 % des revenus budgétaires pour 2012, Xavier-Luc Duval a indiqué qu’il y a des discussions sur la position à adopter concernant les prévisions macro-économiques. C’est une approche conservatrice qui a été adoptée, a-t-il fait comprendre. « Nous espérons atteindre les objectifs fixés », a-t-il déclaré, ajoutant que les revenus vont augmenter grâce aux nouvelles taxes mais aussi à celles existantes ainsi qu’à l’aide étrangère dont celle de l’Union européenne. À une question portant sur la politique monétaire, dont celle relative à la décision d’instituer un comité ministère des Finances / Banque de Maurice pour étudier la question d’inflation targeting, le ministre a répondu que le sujet est délicat et a laissé entendre qu’il est question d’avoir un transparent process avec la banque centrale tout en soulignant qu’il y a une excellente relation de travail qui s’est établie entre le ministère des Finances et la BoM. Xavier-Luc Duval n’a pas voulu, par ailleurs, se prononcer sur la politique de taux de change.