Le 5 décembre dernier, cela a fait 10 mois depuis que le premier contrat a été signé entre un employeur et le National Resilience Fund. Depuis, le nombre d’employeurs et de jeunes recrutés sous le Youth Employment Programme ne cesse d’augmenter. À ce jour, 4 036 jeunes ont déjà été recrutés sous ce programme dont le principal objectif est d’offrir un maximum de chances aux jeunes qui font leur entrée dans le monde du travail. Le ministère des Finances, à qui revient cette initiative, s’était fixé l’objectif d’avoir 5 000 jeunes déjà en stage d’ici à la fin de cette année. Roland Dubois, Senior Adviser au ministère des Finances et responsable du YEP, soutient qu’« avec le succès du YEP, le gouvernement est venu de l’avant avec d’autres projets pour combattre le spectre du chômage des jeunes ».
Cela fait presque une année depuis que le YEP a été lancé, où en sommes-nous ?
Effectivement, le 5 décembre cela a fait 10 mois depuis que le premier contrat a été signé entre un employeur et le National Resilience Fund. A ce jour, 700 employeurs sont enregistrés avec le Youth Employment Programme et parmi eux, plus de 420 ont déjà signé des contrats et ont recruté 4 036 jeunes au vendredi 13 décembre, ce qui représente 45% des jeunes enregistrés venant des différentes filières et de différents niveaux de qualifications.
Il faut souligner que le YEP concerne tous les jeunes de 16 à 30 ans qui ont été au chômage pendant un minimum de 90 jours lors de leur enregistrement avec le YEP. Donc un jeune qui a entre 16 et 30 ans et qui ne travaille pas pendant un minimum de 90 jours est éligible au programme de YEP, indépendamment de ses qualifications. Ainsi, le programme aide les jeunes qui n’ont pas des qualifications tout aussi bien que les jeunes avec des qualifications universitaires. D’ailleurs parmi les jeunes déjà placés en entreprise, 17% ont une licence universitaire, 24% un HSC, 26% un SC et 25% n’ont même pas un SC.
Les autres entreprises enregistrées qui n’ont pas encore signé des contrats sont en plein exercice de recrutement. Ainsi, plusieurs autres jeunes auront leur chance d’être recrutés très prochainement. Donc on ne peut qu’être satisfait car on a dépassé le nombre qu’on s’était fixé au début de l’année. Et le programme de YEP a été étendu pour l’année 2014.
Quels sont les secteurs qui ont effectué plus de recrutements ?
Les secteurs qui ont le plus recruté sont les suivants :
TIC/BPO — 933
Hôtellerie et restauration — 839
Manufacturier (Textile et autres) — 565
Le secteur professionnel et scientifique — 601
Le commerce — 503

En ce qu’il s’agit de degree holders, le plus grand nombre qu’on a placés sont dans les domaines du TIC, Management, Ingénierie.
Quelles sont les mesures qui sont prises pour augmenter la chance de ces jeunes d’être embauchés par une entreprise ?
Le gouvernement est conscient des problèmes auxquels font face les jeunes qui viennent sur le marché du travail. Vu le succès du YEP, le gouvernement est venu de l’avant avec d’autres projets pour combattre le spectre du chômage des jeunes, entre autres. Xavier-luc Duval, vice Premier ministre et ministre des Finances a déjà pris le taurea par les cornes en venant de l’avant avec des amendements aux législations de l’éducation tertiaire pour rendre obligatoire la constitution d’un comité consultatif au niveau des institutions tertiaires afin d’assurer une collaboration étroite de ces institutions avec les employeurs dans le but d’assurer que les programmes d’éducation offerts sont en consonance avec la demande des industries ce qui va certainement augmenter la possibilité d’emploi de ces jeunes.
Parmi d’autres mesures déjà initiées, il y a un appel d’offre pour choisir des universités ou institutions tertiaires qui pourraient dispenser des programmes de formation pour augmenter les compétences d’employabilité de ces jeunes. Ainsi ils seraient mieux armés pour écrire un CV, passer une entrevue, mieux communiquer et se présenter, entre autres, ce qui va les aider à passer cette phase critique vers l’immersion dans le monde du travail.
Il y aussi le projet d’Ébène Accelerator pour aider les jeunes informaticiens à développer un esprit d’entrepreneuriat et à démarrer leur propre petite entreprise de développement de Mobile Apps. Un cadre sera développé pour explorer les possibilités d’envoyer nos jeunes professionnels travailler sur le continent africain où il y a un manque de professionnels.
Plus d’emphase sera mise sur le système de formation en alternance comme c’est le cas en Allemagne. La formation sera dispensée dans une institution tertiaire ainsi qu’en en entreprise. Tout se fera à travers un partenariat entreprise-institution tertiaire. Cette approche sera étendue au niveau de Diplôme et Licence Universitaire dans les filières à être définies par les employeurs. Évidemment, cela va nécessiter une étroite collaboration entre le ministère des Finances et du Développement économique, le JEC, la MEF, la MCCI, les compagnies privées et les institutions tertiaires, entre autres. L’objectif est de produire des diplômés employables immédiatement. Une étude semestrielle sera entreprise et publiée sur la tendance des emplois à Maurice qui sera un outil fondamental pour aider les jeunes à choisir leur carrière.
Votre conclusion…
Toutes ces mesures contribueront certainement à réduire le problème du chômage des jeunes à Maurice. Mais, je profite pour faire un appel aux jeunes chômeurs pour qu’ils restent joignables au téléphone et soient présents aux entrevues auxquelles ils sont convoqués. Aussi je leur demanderai de ne pas refuser l’emploi qui leur est proposé car chaque emploi possède un élément de développement et est une opportunité pour développer des compétences et se familiariser avec le monde du travail. Chaque entrevue offre à son tour aux jeunes une occasion d’apprendre, de s’auto-évaluer afin de mieux faire lors de la prochaine entrevue.
Je voudrais aussi faire un appel aux jeunes qui vont entamer des études tertiaires pour leur demander de bien choisir leur programme d’étude. Il ne faut pas suivre leurs amis comme des moutons de Panurge. Il faut bien planifier sa carrière. Et aussi, il faut tout le temps viser l’excellence car Maurice a et aura besoin des professionnels de haut calibre qui sont en constante mutation vers l’innovation.