Le vice-Premier ministre, ministre des Finances et du Développement économique Xavier-Luc Duval a remis ce matin leurs certificats à 500 jeunes ayant complété le Youth Employment Programme (YEP). Il a annoncé la tenue prochaine d’un Employment Trend Survey, qui permettra d’identifier les secteurs les plus porteurs d’emplois. A ce jour, a-t-il avancé, 95% des jeunes ayant suivi la formation et placés en entreprises ont été retenus à leurs postes.
« Jamais un programme de formation n’aura été aussi populaire. » C’est en tout cas l’avis exprimé par Xavier-Luc Duval, qui procédait ce matin à la remise de certificats à 500 jeunes ayant complété le YEP. À ce jour, environ 5 400 jeunes se sont inscrits pour ce programme, qui vise à combler le vide entre le collège/l’université et le monde du travail. « Le but de cette formation est de permettre aux jeunes d’acquérir les outils nécessaires pour être employables. Quelque 50% des jeunes inscrits ont déjà été formés et 58% des non gradués ont été placés. Le plus intéressant, c’est que 95% de ceux placés ont été retenus à leurs postes. Je tiens à féliciter ces jeunes pour leur “commitment” et leur attitude positive. »
Le ministre Duval a par ailleurs expliqué qu’il est plus difficile de placer ceux ayant fait des études universitaires, principalement parce qu’il n’ont pas opté pour une filière porteuse d’emplois. « Seulement 27% des “degree holders” ont obtenu un emploi à ce jour. De ce nombre, 70% sont dans le domaine de l’ingénierie civile, 65% dans le secteur de la technologie informatique, 65% en Fashion and Textile, 50% en ingénierie mécanique, 12% en technologie agricole, 9% en sociologie et 8% en langues. Cela donne déjà une indication des secteurs où il y a de l’emploi. »
Mais pour aller plus loin, le ministre des Finances a demandé au YEP de mener une étude sur les tendances au niveau du marché de l’emploi. Ce “Trend Employment Survey” est supposé démarrer le 1er juin. « Cela nous donnera une meilleure idée des secteurs porteurs d’emploi et permettra d’orienter les jeunes vers ces secteurs. J’invite ces derniers à se renseigner et à profiter au maximum des services de “career guidance” avant de se lancer dans une filière d’étude. »
Xavier-Luc Duval a réitéré la volonté du gouvernement de venir de l’avant avec le classement des meilleures universités à Maurice. « Ce “ranking” des universités est très important et cela se fait dans votre intérêt. Il faut savoir où nos jeunes ont la meilleure qualité d’éducation. » De même, a-t-il ajouté, le YEP mettra en place un système de “traçabilité” afin de savoir ce que sont devenus ceux ayant été formés. « L’objectif est de réduire la courbe du chômage chez les jeunes. Nous voulons la ramener à 10%. »
Vidia Mooneegan, Managing Director de Ceridian Mauritius, qui a assuré la formation des jeunes, a tenu à rappeler à quel point le monde du travail évolue de nos jours. « Beaucoup de jobs qui existaient il y a 4 ou 5 ans ne le sont plus aujourd’hui. Le monde évolue constamment avec la technologie. » Il a ainsi invité les jeunes à être des « constant leaners » et à profiter de tous les outils mis à leur portée pour s’améliorer.
Quant à Roland Dubois, directeur du YEP, il a rappelé la pertinence de ce programme, tout en faisant ressortir que « dans certains pays, les jeunes doivent payer pour des stages en entreprises ». Or, à Maurice, grâce au YEP, a-t-il ajouté, « les jeunes ont un “stipend” pour leur placement en entreprise ».
Le salaire des jeunes formés et placés en entreprises est en effet pris en charge par le gouvernement à hauteur de 50% et l’employeur contribue au reste. Au bout d’un an, ce dernier décidera s’il gardera ou non le stagiaire, dépendant de ses performances et de son attitude.