Les champions du monde de kick-boxing début octobre 2013, Fabrice Bauluck et James Agathe, ont été carrément ignorés et n’ont reçu aucune récompense lors du dernier Yop Athlete of the Month Award organisé par le Mauritius Sports Council (MSC). Au cours de la remise des récompenses effectuée le 4 mars dernier au Royal Holloway College à Montagne Blanche, l’haltérophile Shalinee Valaydon, championne d’Afrique, a reçu la palme pour le mois d’octobre. Reste que sa performance a été réalisée au Maroc le 4 novembre !
Les dirigeants de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) se posent beaucoup de questions, alors que Kris Appadoo, président du MSC, tente d’apporter des éclaircissements. Selon ce dernier, les formulaires ont été expédiés aux différentes fédérations le 26 janvier dernier en vue de la désignation des lauréats pour les trois derniers mois de l’année 2013.
C’est ainsi que le formulaire de la Fédération mauricienne d’haltérophilie fait mention de la performance réalisée par Shalinee Valaydon le 3 octobre et non le 4 novembre. D’où une première confusion qui a sans doute échappé aux membres du panel. Pour ce mois d’octobre, la fédération équestre a également soumis le nom d’un candidat, alors que les représentants de l’haltérophilie, du sport équestre et du tennis étaient en course pour le mois de novembre, et ceux du sport équestre, du tennis et de la natation l’étaient pour le mois de décembre.
Kris Appadoo soutient également que la FMKBDA n’a jamais retourné son formulaire expédié à l’adresse de son secrétaire, Sanju Bhikoo, à Curepipe. « Je suis vraiment étonné aujourd’hui quand j’apprends que cette fédération n’a pas reçu de formulaire. Si ses dirigeants avaient constaté ce manquement, ils auraient dû nous contacter et nous poser les questions appropriées », avance-t-il. Reste que Sanju Bhikoo nie formellement avoir obtenu un quelconque courrier du MSC ces dernières semaines. « Les derniers courriers reçus du MSC concernent le Sports Award of the Year. Si jamais j’avais obtenu un courrier concernant les awards du mois, j’aurais fait diligence », affirme-t-il.
Existe-t-il donc un conflit entre le MSC et la FMKBDA ? À cela, Kris Appadoo rétorque : « Jérémie Rousseau (ndlr : président de la fédération) est quelqu’un que je rencontre régulièrement. Nos relations sont bonnes, de même qu’avec l’entraîneur national, Judex Jeannot. » On peut bien se demander dans la foulée pourquoi la non-participation du kick-boxing aux différentes remises de récompenses n’a jamais été évoquée au cours de ces « rencontres régulières ».
Les propos de Kris Appadoo sont corroborés par Jérémie Rousseau, qui tient tout de même à apporter quelques précisions. « Il est vrai que nous avons de bonnes relations, mais peut-on imaginer la déception de tireurs qui ont brillé au plus haut niveau et qui sont oubliés lors d’une remise de récompenses ? Même le Premier ministre a reconnu le mérite de nos champions du monde et de nos vice-champions du monde. Aujourd’hui, nous avons l’impression que le MSC contredit le Premier ministre et le ministre de la Jeunesse et des Sports, et je considère donc comme discriminatoire cette attitude du MSC envers nos tireurs ».
Le fait brutal demeure également que la dernière récompense décrochée par un tireur lors du Yop Athlete of the Month Award remonte à septembre 2010 ! Une récompense obtenue par Facson Perrine pour sa médaille de bronze aux championnats du monde juniors. Depuis, plus rien. Et pourtant, le kick-boxing a brillé de mille feux au cours de ces trois dernières années lors des championnats du monde, à la Coupe du Monde, aux championnats d’Afrique, alors que Perrine a même décroché la ceinture intercontinentale l’année dernière.
Quand on remarque également que James Agathe a été complètement ignoré lors des derniers National Sports Awards, et que Facson Perrine et Burtlan Simiss, pourtant vice-champions du monde, n’ont même pas été nominés et encore moins invités à la cérémonie, on peut bien se poser certaines questions.
Il est à se demander également pourquoi le MSC, ou les membres du panel constitué n’effectuent pas au préalable un relevé des performances réalisées au cours du mois afin d’éviter toute polémique et toute confusion. Et ce, afin que les sportifs les plus méritants ne soient plus considérés comme des laissés-pour-compte.