Entre l’art et le social, elle n’a pas voulu choisir. Portée et passionnée par ces deux univers, Zaahirah Muthy a trouvé le juste milieu en les réunissant. Installée à Dubaï depuis 2011, l’artiste peintre a créé et fondé son association, ZeeArts. Sa vision artistique et sa grande dévotion d’aider, de découvrir et de réunir les talents aboutissent à plusieurs projets et activités. Le prochain challenge de Zaahirah Muthy est la tenue de la première édition du Mauritius International Art Fair, qui se tiendra du 8 au 11 août. De passage à Maurice pour annoncer cet événement, l’artiste peintre s’est confiée à Scope sur son parcours et sa manière de faire du social à travers l’art.

“Si mes parents n’avaient pas cru en moi et ne m’avaient pas donné carte blanche pour utiliser les murs de notre demeure comme mon canevas, où je pouvais dessiner et gribouiller, je n’aurais jamais pu faire émerger mon talent. Cette chance, je veux la partager autour de moi et c’est ce que j’entreprends depuis de nombreuses années. Je tends la main aux autres talents émergents, inconnus ou professionnels, peu importe leur parcours. J’ai foi en eux et je mets à contribution mon talent et mes expériences pour les aider à réaliser leurs rêves”, confie Zaahirah Muthy.

“J’ai suivi mon cœur”.

Installée à Dubaï depuis 2011, l’artiste peintre a vu sa carrière prendre l’ascenseur grâce à de nombreuses opportunités. Elle utilise sa réussite personnelle pour en faire bénéficier d’autres autour d’elle. Zaahirah Muthy a deux passions dans la vie : l’art et le social. “Pour moi, l’un ne pourrait fonctionner sans l’autre. Ils sont complémentaires”, confie l’artiste.

Avant son grand départ pour Dubaï, elle avait dédié son temps à plusieurs activités caritatives. Un engagement commencé après ses études secondaires en tant que volontaire puis Team project au Centre Idrice Goomany de Plaine Verte. Elle a effectué ses premiers pas auprès des enfants. “J’ai suivi mon cœur, sans me poser de questions. Très vite, je me suis sentie à ma place auprès des démunis.”

Zaahirah Muthy s’est impliquée davantage en rejoignant le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups. Elle a travaillé auprès des toxicomanes à travers le Programme Méthadone; avec Nicolas Ritter pour l’association mauricienne Pils; pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) dans le centre gérant les enfants des rues. Elle est venue en aide aux travailleuses du sexe de Port-Louis et a été membre de la Croix-Rouge sur des projets éducatifs. De nombreuses expériences qu’elle décrit comme “une leçon de vie où on ne peut pas demeurer insensible”. L’artiste prend conscience que “l’art pouvait aussi être un moyen de communication pour exprimer les souffrances et les difficultés de ces nombreuses personnes que je côtoyais”.

De Maurice à Dubaï.

La particularité de Zaahirah Muthy est de donner un autre sens à l’art, en y apportant une touche sociale. Elle se démarque et se fait connaître à travers deux expositions en solo à l’Alliance Française et la galerie Max Boullé, et lors de plusieurs expositions collectives. Mais c’est à Dubaï que l’artiste peintre nous confie “avoir enfin pu réellement donner un sens à mon talent. C’était comme une renaissance. Alors que j’étais initialement partie pour entamer une autre carrière professionnelle, j’ai réalisé que ce pays pouvait m’aider à persévérer dans l’art et le social”.

La Mauricienne se lance dans l’aventure Zee Arts Community, une plate-forme dont le but est de Connect, Create & Celebrate. Depuis deux ans, elle réunit des artistes du monde entier sur plusieurs projets étroitement liés à la dimension sociale et à l’art. Parallèlement, elle expérimente d’autres aspects de son talent en tant que curatrice de World Art Dubaï, tout en concrétisant plusieurs rêves. En 2017, elle installe sa propre galerie de peinture sur The Palm et devient, en 2018, la toute première Mauricienne à exposer au Carrousel à Paris. Au passage, elle se voit décerner le prestigieux Leonardo Da Vinci – The Universal Artist Award en Italie et le Femina World Women Leadership Award en Inde.

Dans un élan de partage.

Autant de succès qui finissent par convaincre Zaahirah Muthy que “plus vous donnez, plus vous recevrez. The satisfaction that you receive, you cannot pay for that”. Celle qui reste très attachée à son pays et aux “valeurs transmises par mes parents” était de passage la semaine dernière pour annoncer la première édition de l’International Art Fair, qu’elle organisera au mois d’août au Caudan Arts Centre. Avec ce nouveau projet, l’artiste, âgée de 40 ans, souhaite “donner la possibilité aux locaux de se frotter aux artistes d’univers différents, tout en valorisant leur talent. Cet événement est aussi une façon de familiariser les Mauriciens avec l’achat d’œuvres d’art”.

Du 8 au 11 août, Zaahirah Muthy réunira des artistes internationaux venant d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie, ainsi que des artistes mauriciens, pour ce grand rassemblement, avec pour objectif de positionner Maurice comme un carrefour culturel et une destination tournée vers l’art. “J’ai un devoir envers mon pays. Les choses auraient été différentes et très limitées si j’étais toujours ici. Je le fais par amour, passion et vocation, et non pour afficher ma réussite. Il n’y a pas plus merveilleux que de voir la transformation qui se fait chez l’artiste, tout simplement en lui donnant un coup de pouce. Si j’arrive à le faire à Dubaï et avec des artistes du monde entier, pourquoi n’arriverai-je pas le faire ici aussi ?”