La première chose auquel vous pensez en vous levant ?
Je me dis : je suis en vie, c’est une nouvelle journée qui commence. Je demande à Dieu de faire en sorte qu’elle soit bonne.
Lisez-vous votre horoscope ?
Je lis le journal tous les jours. Quand je tombe sur mon horoscope, je le lis. Juste pour m’amuser car je n’y crois pas. D’ailleurs, il se trompe presque tout le temps.
Qu’est-ce que vous aimez chez vous ?
Mon franc-parler. Mais il ne fait pas plaisir à tout le monde. Dire ce qu’on pense est quelque chose qui se perd de nos jours.
Votre principal défaut ?
Mon manque de patience quelquefois. Quand j’ai quelque chose en tête, j’aime que les choses aillent vite.
Quelle est la chose que vous détestez le plus sur terre ?
L’hypocrisie. C’est la pire des choses. J’ai horreur des gens qui parlent derrière le dos des autres. Je n’aime pas aussi ceux qui ne tiennent jamais leurs promesses.
Quelle est la personne pour qui vous avez le plus d’admiration ?
Nelson Mandela. Il est devenu pour moi le symbole de la sagesse. J’ai beaucoup d’admiration pour cet homme qui, toute sa vie, aura lutté pour son peuple et ses convictions. Il sera toujours resté fidèle à ses engagements. Dans le même esprit, j’ai aussi beaucoup d’admiration pour ce qu’a fait Mère Teresa.
Quel est votre plus grand rêve ?
D’avoir les moyens de pouvoir m’occuper entièrement des enfants qui sont dans le besoin.
Votre artiste préféré ?
J’en ai plusieurs : Francis Cabrel, Gilbert Bécaud… Bref, des auteurs de “chansons à textes”, comme Nuit et Brouillard de Jean Ferrat.
Si vous pouviez remonter le temps, que changeriez-vous ?
Si j’avais pu, si j’avais eu les moyens, je me serais engagée plus tôt pour les enfants défavorisés.
Comment dépensez-vous votre argent ?
Judicieusement, je l’espère ! Je me fais de temps en temps plaisir, mais je préfère n’acheter que le strict nécessaire. Mon mot d’ordre : pas de gaspillage ! On ne connaît la vraie valeur de l’argent qu’en regardant ceux qui n’en ont pas mais qui, curieusement, se satisfont totalement du peu qu’ils ont.
Si vous étiez Premier ministre, quelle serait la première chose que vous changeriez ?
Je ferais en sorte que chaque famille mauricienne ait sa maison. Manger à sa faim est important, mais avoir un toit décent l’est aussi.
Comment imaginez-vous Maurice dans 20 ans ?
Hélas, de pire en pire. Que constate-t-on déjà aujourd’hui ? Une augmentation de la violence, de la corruption… Des fléaux tels que la drogue… En fait, je ne suis pas très optimiste quant à l’avenir du pays.
C’est quoi, pour vous, le bonheur ?
Le bonheur, c’est apprécier les choses simples. Me dire que je suis en vie est pour moi un vrai bonheur.
Et l’amour ?
C’est un mot très grand, un sentiment de partage. Dans mon cas, je donne beaucoup d’amour aux enfants que je rencontre. Et, en général, ils me le rendent. Je leur en ai donné quand je suis allée la première fois au Kenya. L’année suivante, quand j’y suis retournée, ils ne m’avaient pas oubliée.
Votre émission préférée à la télé ?
Je n’ai pas d’émission préférée. Mais j’adore les documentaires et les chaînes de découvertes, comme National Geographic ou encore Voyages…
Avez-vous des regrets ?
Aucun.
Une brève anecdote ?
Quand j’étais à Kibera en 2011, un des enfants était toujours “collé” à moi. Il s’appelait Samuel. Et lorsque j’y suis retournée, on m’a dit : “Tu te rappelles de Samuel ? Quand tu es partie, il s’est confectionné un drapeau mauricien.” J’ai appris qu’il l’avait conservé dans ce qu’il a appelé sa “boîte à trésors”. J’étais vraiment émue.
Si vous trouviez un génie dans une lampe magique, quel serait votre premier voeu ?
Je lui demanderais des fonds pour pouvoir retourner au Kenya, pour aider les enfants des bidonvilles et leur donner l’amour dont ils manquent.
Si vous étiez un extraterrestre, comment décririez-vous l’être humain ?
Je me dirais que je suis face à un monde d’égoïstes. Je me questionnerais sur les guerres, comme en Syrie. Je me demanderais comment un président peut tuer son propre peuple. C’est pareil ailleurs. Regardez l’Afrique ! C’est un continent très riche mais sa population est pauvre du fait qu’un grand nombre de ses dirigeants s’accrochent au pouvoir.
Vous connaissez une histoire drôle ?
Un jour, dans “l’école” de Kibera où je me trouvais, j’étais en charge de la classe. La maîtresse avait dû s’absenter et avait demandé aux enfants de me montrer tous leurs cahiers, sauf celui de swahili. Un élève de 7 ans s’est approché de moi et m’a demandé pourquoi. Comme je lui ai expliqué que je ne connaissais pas le swahili, il m’a proposé de l’apprendre. J’ai accepté et il m’a donc appris ma première phrase : Daku piga. Quand je lui ai demandé ce que cela voulait dire, il m’a simplement dit : Je vais te frapper ! (Rire !)