La firme Bioculture, qui élève des singes à des fins d’exportation vers des laboratoires étrangers pour être utilisés dans la recherche biomédicale, a expédié hier soir vers les laboratoires américains une cargaison de 15 primates, qui seront utilisés dans la recherche d’un vaccin ou d’un médicament contre le virus zika. Ce dernier sévit actuellement en Amérique latine et fait craindre le pire au monde entier.
« Cette commande nous est arrivée il y a quelques semaines. Nous travaillons sur d’autres commandes également et un certain nombre d’autres singes seront exportés d’ici la fin de l’année, toujours dans le cadre des recherches menées sur le virus zika », a déclaré au Mauricien Nada Padayatchy, manager chez Bioculture. Pour Mary-Ann Griffiths, directrice de cette entreprise, le virus zika est « le problème dont tout le monde parle » actuellement. « Nous sommes très fiers de pouvoir ajouter un plus pour l’humanité avec les singes, dont nous avons la responsabilité, et qui vont améliorer les conditions de vie des humains », déclare-t-elle.
Nada Padayatchy indique que les macaques mauriciens sont utilisés dans les laboratoires sur quatre axes : les systèmes biologiques, la recherche sur les médicaments, le développement de traitements contre des maladies qui affectent l’homme, mais aussi les animaux et l’établissement de paramètres de sécurité. « Qu’importe l’axe où le singe mauricien est utilisé, quelque part, cela se traduit par des médicaments et des traitements », dit-il. Et d’ajouter que ces macaques participent à plusieurs projets de recherches biomédicales, particulièrement pour les maladies cardio-vasculaires, le diabète, le cancer, l’Alzheimer, l’ostéoporose, Parkinson, la tuberculose, le VIH, l’Ebola et le chikungunya dans des laboratoires aux États-Unis, en Europe et ailleurs.
Mary-Ann Griffiths indique avoir réalisé l’importance des singes dans la recherche biomédicale il y a trois décennies alors qu’elle travaillait dans le même domaine en Australie. « L’idée nous est venue, à mon mari et moi, d’utiliser cette ressource qui est disponible à Maurice et de commencer un élevage. Il y avait une demande et on est venu. Dès le début, on savait que si on faisait un élevage de cette nature, il faudrait établir des normes. Or, il n’y en avait pas. Si on met un animal en cage, il faut qu’on s’occupe de son bien-être et que l’on subvienne au mieux à ses besoins », fait-elle ressortir.
Dans les fermes de Bioculture, que Le Mauricien a visitées, les singes sont élevés dans des cages spacieuses pourvues de carrelages, de mangeoires, de toboggans et de jeux variés de différentes couleurs. « Le tout est entretenu par un personnel qualifié, qui respecte les normes internationales », déclare Mary-Ann Griffiths. « En premier lieu, la priorité est le bien-être. Ces animaux ont besoin d’espace pour se reposer, jouer et s’exprimer dans un système aussi naturel que possible. Concernant la nourriture, il fallait leur donner quelque chose de complet, qui consiste en granulés, mais aussi une grande variété de légumes frais quotidiennement. On leur doit le plus grand respect pour ce qu’ils apportent à l’humanité. »