Depuis fin juillet 2014, la Commission de l’océan Indien (COI) a démarré un projet sur la gestion durable des zones côtière. S’appuyant sur les expériences et les leçons apprises par les pays membres de la COI mais aussi d’autres régions, ce projet a pour but de favoriser les bonnes pratiques pour protéger nos zones côtières.
Il va sans dire que les zones côtières de Maurice, Madagascar, l’Union des Comores, La Réunion et des Seychelles, les cinq pays membres de la COI, sont sous pression. La pression exercée sur elles par le changement climatique, les catastrophes naturelles, les constructions inadéquates ainsi que les activités de loisir les rendent vulnérables. L’érosion est un des premiers problèmes qui surgit et qui détruit nos zones côtières, les lagons sont aussi affectés et par extension la vie marine. Si nous ne pouvons que nous adapter au changement climatique, par contre, nous pouvons limiter les pressions que nous exerçons sur les zones côtières afin qu’elles soient protégées et qu’elles offrent elles-mêmes cette protection qui nous permet d’avoir de belles plages et de beaux lagons tout en permettant aux écosystèmes marins de prospérer.
Suivi.
Les projets pour la gestion des zones côtières et des bassins-versants se sont multipliés au fil des années dans les pays membres de la COI mais aussitôt terminés, il y a un manque de suivi. Ainsi, au lieu de proposer un autre projet classique, la COI a choisi de prendre les meilleures pratiques des expériences de chaque pays membre ainsi que d’autres pays avec les mêmes problèmes. Avec ce projet pilote, la COI veut surtout que la gestion des zones côtières soit durable et continue. “On s’est rendu compte que lorsqu’un projet s’arrête, le suivi s’arrête aussi. L’idée est de faire un projet qui s’appuie sur ce qui existe déjà et de faire en sorte que la gestion se poursuive après la durée de vie du projet”, explique Adèle Cadinouche, coordinatrice du projet.
Actuellement, il y a la mise en place d’une assistance technique locale et une plate-forme de concertation locale pour l’identification et la validation des projets prioritaires. Cette action s’accompagne d’un inventaire et d’une capitalisation des expériences et des bonnes pratiques de la région et des experts ou organismes porteurs de ces expériences. Ainsi le parc national de Port-Cros en France, qui vient de fêter ses 50 ans, apportera son expérience dans le domaine, ce qui concernera aussi les bassins-versants. “On fait une analyse de ce qui a fonctionné dans les projets réalisés dans les pays membres mais aussi d’autres partenaires. Les expériences seront partagées et les bonnes pratiques partagées et appliquées”, dit Adèle Cadinouche.
Échanges.
Ces échanges prendront plusieurs formes ; des ateliers et des rencontres sont prévus mais le projet facilitera surtout les échanges directs. Le porteur d’expérience accompagnera l’action sur le terrain. Certaines activités concrètes comme la culture des algues, la gestion des poulpes, le grossissement et la culture des holothuries ou les huiles essentielles seront valorisées. Il y aura un appui à la mise en place de bases de données et systèmes d’information dont la région a un réel besoin. Le projet servira également d’appui aux suivis des récifs coralliens dans la région.
Petit bémol cependant, la COI est en attente de l’approbation du gouvernement mauricien pour ce qui concerne Maurice et Rodrigues. Il est à noter que Rodrigues a été sélectionnée avec trois autres îles pour faire partie des sites pilotes pour l’application des bonnes pratiques. Les deux autres îles sont Mohéli pour l’union des Comores et Ste Marie pour Madagascar. Sur chacune sont prévus des actions de renforcement des comités de la gestion intégrée des zones côtières ainsi que le développement d’un plan d’action et la mise en oeuvre de projets pilotes. Un diagnostic initial et l’identification des enjeux sociaux, patrimoniaux et économiques ont été élaborés mais aussi une plate-forme de concertation entre les acteurs locaux.
Notons que ce projet a une durée de vie de trois ans avec un financement de 8,8 millions d’euros. Il est financé par le Fonds français pour l’environnement mondial, l’Agence française de développement et l’Union européenne.