L’Assemblée nationale a approuvé hier soir un projet de loi visant à entériner la gestion conjointe d’une extension du plateau continental d’une superficie totale de 396 000 km carrés. Un texte de loi en ce sens a été présenté hier soir par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a souligné que c’est la première fois dans le monde que deux petits États insulaires optent pour une soumission commune devant les instances des Nations unies.
Le Premier ministre a expliqué que la soumission conjointe Maurice-Seychelles a été possible grâce à son intervention personnelle auprès du président des Seychelles, James Michel. Un accord a été en effet conclu en septembre 2008. Le dossier conjoint a été préparé avec l’aide des experts mis par le Commonwealth à la disposition des deux pays. La Commission des Nations unies sur les limites des plateaux continentaux a approuvé la demande conjointe en mars 2011. Ce qui a été une première mondiale car jamais auparavant deux États insulaires avaient accepté de faire une soumission commune concernant le plateau continental.
Aux termes de la “joint submission” approuvée par la commission des Nations Unies, les deux États « have now access to an additional area which can be explored and where ressources, such as oil and gas reserves, mineral deposits and living marine organisms may be exploited and which may in future sustain the process of economic development of both countries », a expliqué Navin Ramgoolam.
Durant la visite du président James Michel au pays en mars dernier, deux accords portant respectivement sur la souveraineté commune et sur la gestion commune du plateau continental ont été signés. Aujourd’hui, Maurice peut se flatter de disposer une des plus larges zones économiques exclusives dans le monde avec des droits économiques sur une superficie de 2,3 million de km2.
Le Premier ministre a révélé que Maurice a déjà entrepris des démarches afin d’obtenir le droit de souveraineté sur le plateau continental dans la région de Rodrigues. « We will also be making a full submission in respect of our Continental shelf around the Chagos Archipelago which forms part of our territory and have already indicated to the Commission our intention of doing so by lodging a Preliminary information in May 2009 », a dit le Premier ministre.
Navin Ramgoolam a insisté sur la volonté du gouvernement d’étendre l’espace économique de l’océan aux investisseurs, hommes d’affaires, travailleurs et la population pour des plans concrets de développement. « Le potentiel de cette économie océanique est énorme et peut apporter une importante contribution à notre Produit intérieur brut », a dit le Premier ministre.
Veda Baloomoody et Nando Bodha ont tous les deux participé aux débats et se sont prononcés en faveur du texte de loi.