Olivier Cron est l’invité surprise du Top 5 du Tour de Maurice. Depuis l’étape de Curepipe, il fait parler de lui, même s’il se veut un peu plus discret. Après le chrono et l’étape de Sorèze vendredi, il est désormais au quatrième rang. Zoom sur un coureur discret qui a réalisé une des plus belles courbes de progression.
Quand il a tenté le coup pour aller rejoindre l’échappée dans l’étape de Curepipe, Olivier Cron ne savait pas qu’il ramenait dans son sillage Adolphe Krige. Mais ce petit exploit a permis de voir que le coureur, actuellement en vacances à Maurice pour le Tour, a pris du coffre. Il n’est plus le coureur timide qui prenait très peu d’initiatives. Maintenant, il arbore un physique de sprinter, même s’il ne s’est pas encore essayé à la spécialité. « J’ai beaucoup plus de confiance en mes capacités », avance-t-il.
Sa progression, il la doit à un entraînement qui varie entre 12 et 14h par semaine. « En hiver, c’était dur. Le K-Way thermique, les gants, j’ai souffert de ça. » Mais malgré la difficulté, il n’abdique pas. Car en venant sur le Tour, il avait sa petite idée en tête. « Évidemment. Il y a le maillot blanc. Je me suis préparé en fonction de l’événement. »
Mais ce qui caractérise le plus sa progression, c’est son classement sur le chrono individuel. Il a en effet terminé troisième. « Ça m’a permis de revenir à neuf secondes de Alan Gordon. C’est donc une bonne opération », admet le coureur, en études à l’université Paul Sabatier de Toulouse.
En arrivant sur le Tour, il voulait dans un deuxième temps mesurer l’étendue de sa progression. Lui qui a côtoyé le cyclisme mauricien pendant quatre ans, avant de partir en France, connaît à peu près le niveau. « C’est vrai que mon objectif est le maillot blanc. Mais Gordon est costaud. »
En attendant, il lui reste deux étapes à franchir pour conserver sa place dans le Top 5. « C’est dur. Il faudra serrer les dents. » Mais on l’a vu : il est apparu assez à l’aise dans la quatrième manche Winner’s Challenge de L’Étoile Montante il y a quelques semaines. « C’est vrai. Mais là-bas c’était un chrono. En même temps, je n’ai pas eu trop de temps pour me tester dans les bosses. » Cependant, il promet de s’accrocher de toutes ses forces sur les deux étapes. « On verra ce que ça donne dans les bosses. »
Avec une quatrième place à deux étapes de la fin du Tour, il espère tenir le coup. « Ce sera dur. Je ne sais pas ce que je vaux en montagne. » Derrière lui, Mike Chong Chin, à 2’25, doit arriver à lui reprendre du temps pour que les places changent. Mais avec une troisième place au chrono, c’est déjà une énorme satisfaction qui l’anime. « Il y a de quoi être content. Sur la course, je pense que j’ai fait mes preuves », conclut-il.