Après l’épisode Jonathan Bru, la Mauritius Football Association (MFA) a annoncé en début de mois l’officialisation d’un nouveau directeur technique national en la personne du Sud-Africain Zunaid Mall. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la région sud de l’Afrique, ayant contribué pleinement au développement du football dans divers pays, en particulier en Afrique du Sud. Après avoir connu une expérience comme footballeur, il s’est reconverti comme un des responsables techniques de la Cosafa et a formé de nombreux nouveaux entraîneurs, entre autres.

Vous êtes l’un des techniciens les plus demandés en Afrique. Pourquoi avoir fait le choix de venir à Maurice ?
J’ai de bonnes relations avec la MFA depuis très longtemps. À la suite des différentes compétitions de la Cosafa, nous avons établi une certaine connexion, et ma décision avait été prise à la fin de 2019, car je me disais que j’avais besoin d’un nouveau défi.

Selon vous, quel sera le défi principal ?
Ce n’est un défi en particulier mais plusieurs qui rendront cette nouvelle aventure excitante. Avec le staff technique, on va devoir revoir certaines choses, à commencer par le football à l’école et terminer avec les différentes sélections nationales. Je vais également revoir la formation des entraîneurs à Maurice afin qu’ils puissent apporter un plus dans leurs méthodes. Je ne remettrai jamais en doute le travail d’un collègue, mais si mes conseils peuvent aider à faire augmenter les performances et la croissance des joueurs, je pense qu’on pourra faire du bon boulot. Mais il faut savoir que les résultats ne viendront pas du jour au lendemain, il faudra de la patience.

Si vous aviez à noter le niveau du développement du football à Maurice…
Je dis toujours que le football est très dur. Afin qu’un développement se fasse correctement, il faut qu’il y ait à la base une philosophie et du temps. J’ai présenté mes idées et mes plans concernant mes objectifs à court et long termes. Les mesures les plus importantes en ce moment consistent à revoir le football au niveau scolaire, des régions et grâce à cela, les joueurs pourront se créer un chemin vers les sélections.

Donc, voulez-vous tout recommencer à Maurice ?
Pas du tout. Je pense simplement qu’il y a eu un certain manque de concentration au niveau du grassroot, mais ce n’est pas un programme qui dure trois ou quatre mois, mais environ un an. J’aimerais apporter beaucoup plus d’impact dans les régions et les écoles. Et à Maurice, je pense que c’est possible, car dans le monde entier, ce travail sur les jeunes est très présent.

Avez-vous connu la même situation avec les autres pays africains ?
Chaque pays est unique et a un défi à relever, mais on ne peut comparer deux nations, car les infrastructures ne sont pas les mêmes. Que vous soyez un pays petit ou un grand comme l’Afrique du Sud, le travail reste le même.

Le développement du football féminin à Maurice vous tient à cœur. Pourquoi cela ?
Ce n’est pas uniquement qu’à Maurice, mais dans tous les pays africains. Au fil des années, on se rend compte que le football doit se jouer non pas uniquement par les hommes, mais également par leurs homologues féminins. Après la Coupe du monde féminine en 2019, l’impact que cela a eu dans le monde entier n’a été que positif. Au niveau de Maurice, si on se base sur les récents résultats des sélections féminines, on pourrait dire que l’addition a été salée, mais il faut voir si la base a été solide. Il faut instaurer une égalité entre les hommes et les femmes.

Ce sera votre principal objectif de développer le football féminin à Maurice ?
Certes, c’est important, mais je veux que les jeunes sélections (filles et garçons) puissent émerger en Afrique. Je vais devoir traiter les différents dossiers avec la même importance. Et si on veut toucher les plus jeunes, la formation des entraîneurs est primordiale.

Pensez-vous que Maurice a des entraîneurs qualifiés afin d’accompagner les jeunes adeptes du ballon rond ?
Je ne connais pas vraiment tous les entraîneurs, mais je pense que cela viendra avec le temps.

Vous étiez présents lors de la finale de la Coupe de la République. Comment avez-vous trouvé l’ambiance autour de ce match ?
Il y a deux choses qui m’ont surpris. La première, c’est que les Mauriciens aiment le football et j’ai pu voir des joueurs talentueux sur le terrain. Je pense que le football mauricien peut encore progresser. Selon moi, la MFA devra trouver un moyen afin d’accroître le nombre d’équipes dans la Super League, passant de 10 à 14, ainsi que dans les divisions inférieures. Il faut, je pense, compenser l’absence du football professionnel par l’augmentation des matches, ce qui pourra certainement faire que les joueurs soient mieux préparés physiquement, et cela apportera plus de compétition entre les équipes mauriciennes.

Vous n’êtes pas le seul à avoir été appelé en renfort pour le football mauricien. Le Club M a un nouveau sélectionneur en la personne de l’Algérien Boualem Mankour…
À cause du coronavirus, nous n’avons pu avoir de longues conversations. Mais j’ai pu constater que c’est un visionnaire. Il veut apporter des choses qui pourront aider le Club M avec l’apport de joueurs d’expérience ainsi que des jeunes.