À elles seules, la CWA et la WMA se retrouvent avec des dettes de Rs 10 milliards au bas mot

Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, encore à se dépêtrer avec des mort-nés à l’hôpital et des détails contestés

Pravind Jugnauth établit un nouveau standard avec deux PQs répondues lors du PMQT et 16 interpellations à l’agenda

La tranche du Question Time d’hier s’est singularisée avec un air bon enfant, comparativement aux séances précédentes, marquées d’interventions intempestives de part et d’autre. Mais très subtilement, le Speaker, Sooroojdev Phokeer, avait contrôlé le système avec des « No More Supplementary Questions ! Next Question », comme l’a appris à ses dépens le backbencher du Parti travailliste Farhad Aumeer. Par contre, le député Aadil Ameer Meea semble avoir bénéficié des faveurs du même Speaker lors du Prime Minister’s Question Time (PMQT). Il a été le seul parlementaire, dont les interpellations, soit les deux premières à l’agenda du PMQT, avec Pravind Jugnauth établissant un nouveau « standard » avec seulement deux interpellations répondues en une demi-heure.

En revanche, pour cette même PMQT, il y avait 16 PQs déposées, dont 14 sont restées sans réponse. À un certain moment, se rendant compte de la tactique adoptée par le Leader of the House, le député de l’opposition devait demander au Speaker d’intervenir pour demander au Premier ministre de « speed up » dans la « delivery » de ses réponses. Ce à quoi Pravind Jugnauth a tout simplement fait comprendre qu’il n’était nullement dans ses intentions de « waste the time of the House » et qu’il était de son devoir d’apporter des éléments de réponses et d’éclaircir la lanterne des parlementaires.

De son côté, le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, qui avait été en début de séance la cible du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, lors de la Private Notice Question, a été de nouveau confronté au problème de bébés mort-nés à l’hôpital et d’informations contradictoires au sujet de la performance des services hospitaliers.
Toutefois, en cette période prébudgétaire, où il est question d’endettement public, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a révélé que les corps parapublics ont une ardoise d’un peu plus de 15 milliards, sous forme d’emprunts et d’arriérés de remboursement, avec le gouvernement. Deux institutions, sous la tutelle du ministère des Utilités publiques, à savoir la Central Water Authority (CWA) et la Wastewater Management Authority (WWMA), se taillent la part du lion, avec un peu plus de Rs 10 milliards, soit respectivement Rs 5,7 milliards et Rs 4,4 milliards.

Les autres corps parapublics à ce palmarès sont les suivants :
– Cargo Handling Corporation : Rs 699 millions
– National Housing Development Company : Rs 678 millions
– Airports of Mauritius Ltd : Rs 513,4 millions
– Airport Terminal Operations Ltd : Rs 494,1 millions
– Banque de développement : Rs 385,3 millions
– Metro-Express : Rs 374 millions.

Dans ses explications liminaires, le Grand Argentier a déclaré : « A la date du 31 mars 2021, il y avait un total de Rs 12,79 milliards de prêts accordés par le gouvernement, dont environ Rs 2,26 milliards d’arriérés sur le remboursement. Sur cette somme, Rs 2,06 milliards concernent des prêts approuvés jusqu’à fin décembre 2014, et seulement Rs 0,2 milliard pour des prêts accordés depuis janvier 2015. »

Renganaden Padayachy s’est évertué à expliquer les mesures en vue d’assainir la gestion financière de ces institutions. « Ce gouvernement a pris un grand nombre de mesures pour recouvrer les arriérés ainsi que pour empêcher les arriérés de s’accumuler davantage », s’est-il appesanti, en énumérant la liste de ces mesures, dont :
– un suivi rigoureux du remboursement des prêts comme prévu, en envoyant des avis de remboursement en temps voulu et en s’engageant auprès des organismes publics ;
– le rééchelonnement du remboursement des prêts dans les cas où les organismes publics sont confrontés à des difficultés de trésorerie et financières;
– la possible mise en place d’une période de moratoire plus longue pour les prêts afin que les organismes publics puissent rembourser les prêts lorsqu’ils ont commencé à récolter des retours positifs sur investissements ; et
– pour les organismes publics qui n’ont pas la capacité de rembourser les prêts, leurs projets d’infrastructures ne sont plus financés par des prêts, mais par des apports de fonds propres et des transferts de capitaux. Ces organismes publics pourront ainsi utiliser leurs recettes pour apurer leurs arriérés et financer eux-mêmes leurs opérations.
Par contre, il n’a pas eu la partie facile avec le projet de Smart City de Pailles, et dont seules deux villas sont presque complétées et deux autres en cours de construction. Ce retard est dû au fait que les travaux ont traversé deux périodes de confinement liées à la COVID-19. Toutefois, le promoteur a déjà commencé sa campagne de vente, à Maurice comme à l’étranger.

Le ministre des Finances a soutenu que la Smart City de Pailles, qui est un projet conjoint de la State Investment Corporation et de Yihai International Investment Management Ltd, a obtenu son Smart City Certificate de l’Economic Development Board en octobre 2019. Ce projet comprend trois phases, soit un ensemble résidentiel d’appartements, des Penthouses et des villas; un ensemble de bureaux et des locaux commerciaux; et, finalement, un ensemble d’espaces de loisirs.

Deux villas seront prêtes en juin prochain et les deux autres en septembre suivant. Le promoteur a déjà démarré une campagne de publicité en ligne pour la vente des villas et des appartements, a précisé le ministre. Et de poursuivre que l’évolution du projet et la concrétisation des ventes dépendront de la possibilité pour les éventuels acheteurs de venir sur place pour visiter le complexe.

Le député Ameer Meea a alors fait remarquer au ministre des Finances que la State Investment Corporation a engagé plus de 97 arpents de terres dans ce projet. « En supposant qu’un arpent est estimé à Rs 15 millions, cela fait plus de Rs 1 milliard de l’argent des contribuables investi dans ce projet, pour finalement se retrouver avec quatre villas… » s’étonne-t-il.

Se référant à un article de presse, il a souligné que la SIC avait qualifié la Yihai Garden Smart City de « projet du siècle », avec un millier d’appartements de luxe, un hôtel cinq étoiles, 100 villas de luxe et un centre commercial.

Renganaden Padayachy est revenu sur le fait que la vente dépend de la possibilité des acheteurs à venir voir les villas, et que cela n’a pas été possible en raison de la fermeture des frontières. « Ce projet n’a pas été mis au panier à cause de la COVID-19, mais on attend la venue de potentiels acheteurs. Je ne vois pas l’urgence de l’honorable membre sur ce projet. Il n’y a pas de délai prédéterminé. En tout cas, s’il y en avait un, avec la COVID, cela ne tient plus », dit-il.

De son côté, le député travailliste Fabrice David a soumis le ministre de la Santé à un barrage d’interpellations sur le décès du petit Thomas, dont la maman avait accouché à domicile. Le bébé est décédé en attendant l’arrivée du SAMU. Or, selon le ministre, le service d’urgence était sur les lieux 23 minutes seulement après le premier appel, qui avait été passé à 7h16. Sauf que la famille maintient avoir appelé le SAMU une première fois à 6h30 du matin.

Kailesh Jagutpal a d’abord précisé qu’à ce jour, il n’y a eu aucune plainte officielle de la famille concernant le décès du petit Thomas, dont la maman, résidant à La Tour Koenig, avait accouché à domicile, en attendant l’arrivée du SAMU. Toutefois, il a indiqué qu’après avoir pris connaissance de ce cas à travers la presse, et une enquête a été initiée au niveau de l’hôpital Jeetoo.

Le 18 avril dernier, a-t-il poursuivi, la Control Room a reçu un appel sur le 114 à 7h16 concernant une jeune maman de La Tour Koenig qui devait accoucher. L’appel avait alors été dirigé vers l’hôpital Jeetoo, soit le centre de santé le plus proche. L’équipe du SAMU est partie « tout de suite sur les lieux pour porter assistance à la maman », a dit le ministre, et est arrivée sur place à 7h39. Les médecins ont examiné la maman, qui était consciente et stable, selon lui. Le SAMU a alors procédé à la troisième étape de l’accouchement et le placenta a été retiré. Toutefois, à 7h45, les médecins ont constaté que le nouveau-né était décédé. La maman et l’enfant ont tous deux été transférés à la maternité de l’hôpital Jeetoo, après quoi l’affaire a été référée à la police pour enquête.

« En me basant sur ces informations, je peux dire qu’il n’y a pas eu de retard dans la prise en charge de cette patiente. Le cas a été bien géré par le SAMU », a déclaré le ministre, qui a ajouté que la police a été mandée sur les lieux le même jour et qu’une autopsie a été pratiquée, décrivant le décès du bébé comme « fresh still born ». L’enquête policière est toujours en cours.

David : Permettez-moi tout d’abord de présenter, au nom de notre Assemblée nationale, nos sympathies à la famille L. Je tiens à préciser que c’est avec leur accord que l’interpellation a été posée. La sœur de Mme M.O.L.L. affirme avoir appelé le SAMU le matin du 14 avril à trois reprises. Elle a même précisé que le premier appel avait été passé à 6h30 du matin. Et elle a ajouté qu’une préposée a décroché et lui a parlé. J’imagine que tous les appels reçus et émis par le SAMU sont enregistrés et minutés. Le ministre peut-il confirmer le nombre d’appels reçus et émis par le SAMU concernant ce triste événement du 14 avril ?

Jagutpal : J’ai une liste des appels reçus par le SAMU que je déposerai à la Chambre.
David : Le témoignage de la famille indique que le SAMU est arrivé sur les lieux à 7h50. Soit 1h20 après le premier appel, qu’ils maintiennent avoir passé à 6h30. Le ministre peut-il nous dire combien d’ambulances de l’équipe du SAMU étaient disponibles au moment du premier appel de la famille et à quel endroit se trouvait l’ambulance la plus proche de La Tour Koenig ? J’imagine que les ambulances sont pourvues d’un système de géolocalisation.

Jagutpal : Je n’ai pas ces informations. Je les déposerai à la Chambre dès que je les recevrai. Toutefois, je le redis, selon les enregistrements du SAMU, l’heure du premier appel est claire, et c’est la même que j’ai mentionnée dans ma première réponse.
Navarre-Marie : Selon la réponse du ministre, il y a eu 23 minutes écoulées entre le premier appel et l’heure d’arrivée sur les lieux. Or, de Port-Louis à Pointe-aux-Sables, cela ne prend que dix minutes. D’autant que la route était fluide puisque nous étions en confinement. Le ministre ne pense-t-il pas que le bébé aurait pu être sauvé si le SAMU était arrivé à temps ?

Jagutpal : Je ne peux commenter sur la situation du trafic entre le moment où l’appel a été reçu et le moment où le SAMU est arrivé sur les lieux. En même temps, je peux dire que la patiente n’a pas eu de suivi anténatal.

 

Éducation : l’affectation du PS sur des boards revue

La vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a déclaré que l’affectation du secrétaire permanent de son ministère sur divers conseils d’administration des institutions scolaires sera revue.
Répondant au député Mahend Gungaparsad, la VPM a déclaré que le Permanent Secretary (PS) du ministère de l’Éducation siège au sein des conseils d’administration suivants : Higher Education Commission, l’Université de Maurice, l’Université de Technologie et l’Université des Mascareignes.

À la suite d’une supplémentaire du même député sur un possible conflit d’intérêts vu que le PS siège au sein de la Higher Education Commission, la vice-Première ministre a mis en exergue que le ministère se penche déjà sur une formule en vue de redresser la situation. « Même si je pense qu’il n’y a pas a priori de conflit d’intérêts, je suis d’avis qu’éthiquement il ne peut siéger sur le conseil d’administration de la Higher Education Commission en même temps que sur les conseils d’administration des universités. Nous allons prendre les mesures qui s’imposent », a déclaré la vice-Première ministre.

L’accélérateur linéaire pas opérationnel à l’hôpital Victoria

L’accélérateur linéaire pour le traitement du cancer ne fonctionne pas à l’hôpital de Candos. C’est ce qu’a avoué le ministre de la Santé au député Farhad Aumeer. Il a affirmé que cet appareil est en cours de réparation. Des pièces de rechange ont été placées sur l’appareil en mars dernier mais celui-ci n’est toujours pas opérationnel. De nouvelles pièces de rechange, qui avaient alors été commandées, étaient attendues hier par avion.
Le ministre a affirmé que deux appareils alternatifs sont actuellement utilisés pour le traitement du cancer. Vu que ces appareils ne sont pas appropriés pour certains patients, ces derniers sont alors envoyés à l’étranger pour les traitements requis. Kailesh Jagutpal a souligné par là même que le nouvel hôpital de cancer sera doté de deux accélérateurs linéaires.

Le MES appelé à étudier la rémunération des surveillants

La vice-Première ministre et ministre de l’Éducation a affirmé que le Mauritius Examinations Syndicate enquête sur les éducateurs des cycles primaire et secondaire au regard de leur intention de travailler comme surveillants pour des examens du Primary School Certificate Assessment (PSAC), le National Certificate of Education, le School Certificate et le Higher School Certificate. Pour être éligibles à ces postes, les critères sont :

– un certificat de moralité
– être âgés entre 22 et 70 ans
– être employés ou être à la retraite, et
– avoir réussi dans au moins un sujet au niveau du SC et du GCE, entre autres…

Les surveillants qui travaillent pour les examens de PSAC sont rémunérés à quelque Rs 2 844 pour les quatre jours d’examens. Pour les épreuves de SC et de HSC, ils sont rémunérés à hauteur de Rs 486 par jour.
Répondant au député Mahend Gungaparsad sur la nécessité d’harmoniser le quantum de rémunération, la vice-Première ministre a affirmé qu’il fera part de cette proposition au MES.

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