Photo illustration (Photo by ERNESTO BENAVIDES / AFP)

« Il n’y a aucune urgence. Les vaccins sont pour l’Emergency Use. Or, Maurice est Covid-safe », estime le ministre de la Santé

Cependant, des pourparlers entamés directement avec d’autres laboratoires,  l’objectif des autorités mauriciennes étant de prémunir au moins 60% de la population

« La vaccination pas obligatoire mais nécessaire, car nous ne resterons pas              éternellement en quarantaine », selon Kailesh Jagutpal

Alors que plusieurs pays ont démarré leur campagne de vaccination contre la Covid-19, Maurice, elle, finalise actuellement son programme de vaccination. « Il n’y a pas urgence. Nou pa pe rush », a expliqué le ministre de la Santé en conférence de presse vendredi. D’autant que les vaccins actuellement en circulation concernent le Emergency Use, soit pour les pays où le virus fait rage, et que parallèlement Maurice est Covid-safe. Cependant, une ébauche du National Deployment & Vaccination Plan for Covid-19 drafté par le ministère de la Santé est en voie de finalisation afin de s’assurer qu’une fois les vaccins acheminés à Maurice, l’exercice de vaccination se déroule dans les meilleures conditions. L’objectif des autorités mauriciennes : atteindre l’immunité collective à travers la vaccination d’au moins 60% de la population. Cela, même si le vaccin ne sera pas obligatoire. Des amendements seront apportés à la Health Act pour que soit enclenché le programme de vaccination — dont le délai reste encore à définir, le pays étant toujours en attente, d’une part, de la distribution des vaccins par l’OMS sous l’alliance COVAX, et, d’autre part, de la finalisation des pourparlers avec les différents laboratoires contactés directement par Maurice.

Si Maurice est assurée, à travers la Covax Facility de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’obtenir suffisamment de vaccins pour 20% de la population, sans toutefois un délai imparti, le pays souhaite étendre la protection contre la Covid à au moins 60% de la population. Pour pouvoir atteindre cet objectif, les autorités mauriciennes sont en négociations avec différents laboratoires, dont Pfizer/BioNTech, AstraZeneca-Oxford, Gamaleya Institute de Russie et Moderna en vue de s’approvisionner.

Cependant, les négociations sont toujours au stade préliminaire, a confié le ministre Kailesh Jagutpal, ajoutant qu’à ce jour outre le laboratoire Pfizer/BioNTech qui a accusé réception de la requête mauricienne et avec qui des discussions ont eu lieu afin de connaître les modalités pour l’éventuel acheminement de ses vaccins à Maurice, le laboratoire Astra Zeneca-Oxford a référé la Santé au Serum Institute de l’Inde, le fabricant de ses vaccins. Les autorités mauriciennes ont aussi pris contact, à travers le ministère des Affaires étrangères, avec autres deux compagnies : Sinopharm de Chine et Gamaleya.

Objectif immunité collective

Si les choses avancent concernant les vaccins, « il n’y a aucune urgence. Nou pa pe rush », dit Kailesh Jagutpal, rappelant le statut « Covid-safe » de Maurice. « Maurice n’est pas dans la même situation que plusieurs pays où il y a une résurgence de la pandémie qui n’a pas été contrôlée, contrairement à nous, dès le départ et où, aujourd’hui, il y a des milliers de contaminations et de morts chaque jour. Actuellement, les différents vaccins sont for Emergency Use dans ces pays afin de sauver des vies », dit-il.

Quoi qu’il en soit, comme pour la gestion de la pandémie, avec des mesures strictes prises dès le départ pour éviter la propagation du virus, Maurice anticipe et compte avoir recours au programme de vaccination. Un Preparedness Plan a été élaboré afin que la campagne de vaccination contre la Covid-19 puisse être entamée. À travers ce plan, le ministère de la Santé envisage de vacciner 60% de la population en vue de créer une immunité collective. « Un vaccin est une protection, car un jour ou l’autre nous n’allons plus avoir recours au système de quarantaine étant donné qu’il y aura le vaccin », a expliqué le ministre.

Ce Preparedness Plan devrait tenir compte de différentes spécificités, dont le transport, le stockage et l’administration, mais aussi la durée d’immunité du vaccin, soit le nombre de doses à être administrés, et le délai pour la vaccination. Si à ce stade, hormis le choix de la Covax pour un vaccin donné, Maurice n’a pas encore fixé son choix sur un laboratoire précis quant aux négociations directes entamées, le ministre de la Santé avance que les conditions de conservation ne poseront pas problème. Du fait que c’est le laboratoire choisi qui s’assurera de l’acheminement des vaccins dans les conditions nécessaires pour leur conservation.

Priorité aux frontliners et essential workers

Et une fois le vaccin arrivé à Maurice, les autorités s’assureront que le programme de vaccination soit effectué dans le plus bref délai, tenant compte de la durée de conservation. À titre d’exemple, si les conditions de conservation sont plus rigoureuses pour le vaccin Pfizer (à -70°), le laboratoire s’assurera du transport du contingent à la température nécessaire et à son arrivée, il pourra être conservé pendant cinq jours de -2 à -8°, et devra être administré rapidement. L’exercice de vaccination sera effectué par les infirmiers, médecins et mais aussi les médecins de la Sécurité sociale. La collaboration des cliniques privées sera également sollicitée.

Un comité technique présidé par le DPM Steven Obeegadoo a été mis en place pour voir comment déployer le plan de vaccination. Tous les vaccins n’ayant pas les mêmes spécificités, les autorités envisagent plusieurs scénarios. « Même si nous n’avons aucun engagement avec qui que ce soit, nous devons prendre cela en considération dans notre plan. Nous prévoyons également un monitoring pour déterminer qui sont les personnes qui vont être vaccinées et comment les rappeler pour une éventuelle deuxième dose », a expliqué le ministre de la Santé.

S’agissant des critères qui définiront qui seront les premiers 20% de la population à être vaccinés, Kailesh Jagutpal fait ressortir que comme pour les tests PCR, priorité sera accordée aux frontliners, puis aux essential workers, dont ceux du secteur hôtelier… et ainsi de suite. Dans tous les cas, dit-il, la vaccination, « nécessaire, car nous ne resterons pas éternellement en quarantaine, ne sera pas obligatoire. » Toutefois, les autorités sensibiliseront la population sur l’importance de cet exercice et chaque personne devra signer un formulaire d’approbation avant que le vaccin ne lui soit administré.

Le gouvernement a aussi acheté un appareil pour détecter la nouvelle variante de la Covid-19. L’appareil devrait arriver dans les prochains jours. En attendant, le ministère de la Santé assure que les tests PCR peuvent aussi détecter les variantes.

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