Ni l’ICAC ni le PM, délaissant leur zone de silence, ne s’aventurent pour aborder la correspondance du 28 janvier 2015 au SFO pour l’abandon de la Mutual Legal Assistance sur les Rs 20 M

Pravind Jugnauth, annonçant des procès de diffamation à la ronde :
«Mo konstate ki pena tampon Bel-Air Sugar Estate (BASE) lor la (les reçus) ek nanyen pa sertifye ki bann resu tire par BASE»

Depuis bientôt quatre mois, le leader du Reform Party et ancien ministre de la Bonne Gouvernance, Roshi Bhadain, revient systématiquement sur les dessous de l’Angus Road Saga portant sur des acquisitions immobilières au nom de Pravind Jugnauth pour une valeur de Rs 27 millions. Brisant le silence vendredi dans un point de presse, le Premier ministre et leader de l’Alliance Morisien adopte pour posture pour la saison II que «finn ena bann fostés ki finn véhikilé, finn dir, finn ékrir kont mwa». Il annonce que dès demain, il compte loger des procès en diffamation contre le leader de l’opposition Arvin Boolell, en ajoutant que d’autres suivront. «Se purkwa kan monn depoz bann preuv à l’ICAC monn dir ena konplo de Arvin Boolell et de Roshi Bhadain et sertin zurnalis ek mo ine demann enn enket. Pou ena pou bizin reponn», s’est-il appesanti face à la presse où des représentants de La Sentinelle et de Top FM étaient interdits d’accès au Tresaury Building à cette occasion. S’il a soutenu que les documents sous forme de reçus de Bel-Air Sugar Estate (BASE) brandis par le leader de l’opposition sont des faux, il a  pris le soin de ne pas aborder dans son exposé liminaire le volet de la correspondance du 28 janvier 2015, signée de l’ancien Attorney General, Ravi Yerrigadoo, à l’adresse du Serious Fraud Office (SFO) pour réclamer l’abandon de la Mutual Legal Asssistance sur le transfert de Rs 20 millions au compte opéré par Paddy Rountree à la Coutts Bank de Londres.

Arvin Boolell tentant pour la quatrième fois, mardi dernier, d’amener le Leader of the House à éclairer la population sur ses deals immobiliers avec Bel-Air Sugar Estate, ce dernier, affirme-t-il, sur avis de ses conseils légaux, s’est rendu «de son propre gré» au QG de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) en vue de consigner sa version des faits et de verser des documents dans le dossier. Aux dires de Pravind Jugnauth lui-même, ç’aurait été la première fois depuis le début de cette enquête sous les dispositions de la Prevention of Corruption Act et de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, la précision est de l’ICAC, le 8 mars 2013 ,qu’il a été entendu par des limiers de l’ICAC.

Un autre développement survenu au cours de la semaine écoulée est que pour la première fois l’ICAC a sorti un communiqué, jeudi après-midi, portant sur les grandes lignes de l’Angus Road Saga. L’ICAC, venant compléter les réponses fournies par Pravind Jugnauth à l’Assemblée nationale, confirme qu’une des trois enquêtes initiées par l’ICAC entre 2011 et 2013, soit celle du 8 mars 2013 sur le transfert de Rs 20 millions à Londres, «was kept in abeyance at Further Investigation Stage». Deux autres enquêtes, sous les codes de SN 1 et SN 3, ouvertes respectivement les 15 mars 2011 et le 20 octobre 2013 ont été «discontinued» le 9 mai 2011 et le 27 juin 2014.

L’Angus Road Saga-Saison II se présente aujourd’hui avec deux Ongoing Investigations au stade préliminaire et une Ongoing Further Investigation portant sur les Rs 20 millions d’Alan Govinden. Pour les besoins de cette Further Investigation Kept in Abeyance depuis le 8 mars 2013, de par la section 47 de la Prevention of Corruption Act, l’ICAC devra soumettre au DPP un rapport complet de l’enquête, celui-ci ayant le dernier mot sur l’Angus Road Saga, enquête qui s’échelonnera sur dix ans bientôt.

A ce stade, ni Pravind Jugnauth ni l’ICAC n’ont osé ouvrir la boîte de Pandore de la Request for Mutual Legal Assistance auprès de la Central Authority au Royaume-Uni pour le compte du Serious Fraud Office sur les Rs 20 millions d’Alan Govinden. Même si la correspondance en date du 28 janvier 2015, intimant l’ordre aux autorités britanniques de mettre un terme à cette enquête, fait partie du Case File ICAC/FIR/1356/13/C, le communiqué du 26 novembre occulte cette pièce à conviction dans le complot allégué de «perverting the course of justice» ou encore de «tampering with evidence».

«Stopped short»

Pour sa part, à l’heure des questions, le Premier ministre a tout simplement déclaré que «sela li tom sou responsabilité de l’Attorney General. Dan ce ka, mo pa kapav dire plus ki sa. Bizin adresse li swa à l’ICAC swa à l’Attorney General ». Il ajoutera que « sipose tourn vers la Mutal Légal Assistance dan lekad d’un Prima Facie Case. Ek ena enn prev isi et bizin prev andeor».

Toutefois, Pravind Jugnuath a «stopped short» pour dire que ce document publié dans l’édition de Week-End du 15 novembre est un faux. Et cela contrairement à ce qu’il a déclaré par rapport aux reçus de Bel-Air Sugar Estate portant sur des paiements en argent liquide de plus de Rs 350 000 en cinq tranches, en 2002.

Au cours de son point de presse, le Premier ministre a remis en question les documents présentés à ce sujet par le leader de l’opposition. «Mo ti a kontan konne sa bann sipose resu la kot lorizinal ? Mo ti a kontan truve. Ki plus est, mo payé, me mo pa gagn resu ? C’est Arvin Boolell ki ena bann recu la ?» dira-t-il en ajoutant que «monn gagn lokasyon guette sa bann resu li finn brandi li et mo konstate ki pena tampon BASE lor la. Nanyen pas sertifye ki se bann resu tirer par BASE».

D’entrée de jeu dans ses explications, le PM déclare que «konsernant Angus Road finn ena bann fostés ki finn véhiculé, finn dir, finn ékrit kont mwa». Il poursuit en annonçant qu’en 1999-2000, il avait effectué des paiements à BASE pour l’achat d’un terrain. Cette société n’avait pas respecté son engagement et avait vendu le terrain à une autre personne. C’est ainsi que BASE aurait offert de vendre un autre terrain en échange. Pour conclure ce deal, il avait fallu faire une excision avec l’autorisation de la municipalité de Vacoas/Phoenix. «Après la conclusion des procédures et que BASE ait accepté de signer le contrat, en 2007, j’ai payé un montant supplémentaire de Rs 3 millions», dit-il.

 

«Rs 20 M à M. Govinden »

Toujours au sujet des reçus avec des numéros successifs de 712 à 816, il s’est interrogé sur cette coïncidence en ajoutant que le reçu No 812 portant sur un montant de Rs 500 000 a été émis le 19 février 2002. Mais qu’à cette date, il n’était pas à Maurice. «Lot zafer ki bizar, seki mwa mo paye terin en 1999-2000 me resu fer en 2002 ! Ek eski li pas ene koinsidans ki en 2002 FIAMLA voté ?» se demande-t-il.

Au sujet de l’épisode des Rs 20 millions avec pour protagoniste le dénommé Alan Govinden, Pravind Jugnauth avance que celui-ci devait initialement se rendre acquéreur d’un terrain de Rs 20 millions. «Mais en 2008, il a décidé de ne pas aller de l’avant, et il me l’a fait savoir. Je décide d’acheter ce terrain. En 2008, Loganaden Govinden et moi avions fait un acte notarié devant le notaire Jérôme Koenig, dans lequel je me suis engagé à payer à M. Govinden Rs 20 millions», dit-il en faisant ressortir qu’il avait encouru les frais de notaire et le contrat dressé entre lui et BASE pour le terrain sur le nom de deux de ses enfants. «J’ai donc payé à M. Govinden Rs 20 M. Pour cela, j’ai fait des paiements par des transferts bancaires. Le dernier paiement a été effectué le 4 septembre 2013», s’est-il appesanti.

Le Premier ministre est revenu sur la thèse que ces enquêtes contre lui avaient été diligentées à l’époque sous le contrôle d’Anil Kumar Ujodha et Indira Manrakhan et Navin Ramgoolam en tant que Premier ministre. «Li kler ki zordi ena dimoun pe rode nwir à mo réputasyon ek zot pe anvi mette doute dan la popilasyon ek pe attak mo intégrité. Zot pe fer sa parski zot inn perdi eleksyon et mo ena mwa enn manda 5 ans Zot désespéré, zot pas pe kapav attan», ajoute-t-il en faisant état des précédents du MITD et de MedPoint.

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