SECONDAIRE PRIVÉ SUBVENTIONNÉ : Une autre formule de Grant à l’étude au GM

Paiement chaque trois mois, encadré par un nouveau mécanisme de contrôle plus serré

- Publicité -

Le système de subventions au secondaire privé et des manquements de certains opérateurs du secondaire privé par rapport à l’utilisation de ces fonds publics continuent de faire des vagues. Les dirigeants de la Managers of Private Secondary Schools Union (MPSSU) affirment qu’ils n’ont jamais réclamé la formule de Block Grant, ni l’abolition de l’exercice d’évaluation annuelle des bâtiments/facilités disponibles dans les écoles. Mais à présent, le gouvernement envisage de changer le système d’octroi de Grants afin d’assurer un meilleur contrôle de l’utilisation des fonds publics. Le ministère de l’Education a d’ailleurs fait part de sa proposition il y a une dizaine de jours au Front commun des managers. Mais la nouvelle formule doit d’abord obtenir l’aval du conseil des Ministres. Toutefois, selon des informations disponibles, la nouvelle formule suscite déjà des mécontentements parmi un petit groupe de managers.

Pour l’année financière 2020-2021, le gouvernement a alloué un montant de Rs 520 millions comme Management Grant ainsi qu’une somme de Rs 20 millions au titre de Performance Grant. Ces montants doivent être répartis dans 86 collèges (incluant Rodrigues). La révision du quantum de Management Grant aux écoles avait lieu chaque trois ans et la période du quantum en vigueur étant arrivée à terme depuis 2018, le gouvernement a saisi l’occasion en vue de revoir complètement la formule de paiement des Grants aux écoles, en tenant compte des nouvelles mesures de contrôle prises à divers niveaux concernant l’utilisation des budgets alloués aux ministères et aux organismes parapublics.
Par ailleurs, face aux allégations sujet de mauvaises pratiques dans certaines écoles quant à l’utilisation des fonds publics, le ministère de l’Education est d’avis qu’il est temps de revoir le mode de paiement aux écoles et de renforcer davantage le contrôle. C’est ainsi que les autorités proposent un déboursement sur une base trimestrielle, et au bout duquel il y aura une évaluation par les autorités concernées.
La nouvelle formule a déjà fait l’objet de discussions au board de la Private Secondary Education Authority (PSEA) et a été présentée ensuite aux responsables du Front commun des managers. « La proposition du gouvernement tend vers un meilleur contrôle de l’utilisation de l’argent et cadre avec les mesures de Good Governance. Mais la nouvelle formule pourrait donner lieu à des protestations, car les managers devront rendre des comptes chaque trois mois. Je pense néanmoins que c’est logique, parce qu’il s’agit de l’argent des contribuables », estime un cadre de la PSEA. Le Draft de la nouvelle formule est prêt et doit être présenté au Cabinet incessamment. A moins que des lobbies politiques retardent sa mise en application…
A ce stade, la nouvelle formule proposée suscite déjà des cris de mécontentements parmi quelques managers. Ces derniers craignent une restriction de leur marge de manœuvre avec un contrôle beaucoup plus serré. Mais d’autres directeurs de collège accueillent favorablement la nouvelle formule de paiement des Grants. « Nous ne voyons aucun mal dans la démarche du gouvernement de vouloir renforcer le contrôle de l’utilisation des subventions », dit ainsi le directeur d’un grand collège privé.
« Faut-il encore que la PSEA ait les ressources humaines nécessaires et qui soient qualifiées pour mener à bien ces contrôles réguliers… Nous souhaitons que ces inspections à l’avenir se déroulent dans la sérénité, pour le bien de l’école », disent les partisans de la nouvelle formule de paiement envisagée par le gouvernement. « S’il y a une ou deux brebis galeuses dans le secteur, les autorités doivent sanctionner ces personnes, et non pénaliser l’ensemble des opérateurs avec des mesures contraignantes », réagit le président de la MPSSU, Neetesh Sewpal.

———————————
EN VIGUEUR DEPUIS 2016 — Le « Block Grant » ne fait pas l’unanimité

La Managers of Private Secondary Schools Union (MPSSU), qui regroupe une trentaine d’écoles, affirme catégoriquement qu’elle a toujours été contre le système de Block Grants. En revanche, au sein de la Fédération des managers, certains membres étaient en faveur de l’introduction de cette formule de paiement.
L’article paru dans Le Mauricien du 12 octobre, intitulé Financement – L’utilisation des grants octroyés au privé fait débat, n’a pas plu à certains milieux du secondaire privé subventionné. En effet des managers de collège sont mécontents des propos tenus par des officiers de la Private Secondary Education Authority (PSEA) dans le cadre de ce papier dénonçant de mauvaises utilisations des “Grants” dans certaines écoles, au nez et à la barbe de la PSEA.
Les managers ne sont également pas d’accords avec le terme “blank cheques to managers” utilisé par le syndicat des employés de la PSEA dans une lettre adressée à la ministre de l’Education, et dans laquelle ils dénoncent les conséquences de l’arrêt de l’exercice d’évaluations annuelles des locaux des collèges. « Le syndicat de la PSEA donne l’impression que les managers sont contre la visite des inspecteurs et que nous aurions fait pression sur la PSEA pour abolir la pratique de l’évaluation habituelle de nos écoles. C’est complètement faux ! », affirment au Mauricien les dirigeants de la Managers Private Secondary Schools Union (MPSSU).
Selon ces derniers, l’annulation de cette évaluation était couplée à l’introduction de la formule de Block Grants à chaque collège pour une période de trois ans. Selon plusieurs managers, l’idée de Block Grants a été émise pour la première fois lors d’un Technical Working Committee en 2013 sur la question des subventions aux collèges. « À l’époque, les représentants des managers à ce Technical Committee avaient rejeté à l’unanimité cette formule de “Block Grants” », se souvient un des dirigeants de la MPSSU.
Cette association affirme que la PSEA est revenue avec cette idée en 2016 lors de discussions pour un nouveau quantum des Grants, mais que ses membres n’avaient pas été invités à participer aux réunions du Technical Working Committee. « Nous avons été informés par la suite de la nouvelle formule adoptée par la PSEA, et qu’il n’y aurait aussi plus d’évaluation annuelle. Nous ne sommes toujours pas d’accords. Le Block Grant n’encourage pas à l’investissement et la modernisation de nos écoles », affirme Neetesh Sewpal, président de la MPSSU.
« L’ancien système d’octroi de “grants” était la meilleure formule, car la somme que chaque école obtenait sur différents items était basée sur l’évaluation des inspecteurs de la PSEA. Donc, l’assessment annuel avait son importance, car cela nous permettait d’avoir des indications de là où il faut s’améliorer et, donc, d’améliorer la qualité de l’éducation offerte aux jeunes Mauriciens qui viennent chez nous », fait-il ressprtir. Neetesh Sewpal.
Mais la PSEA Staff Association apporte un autre son de cloche en disant que l’idée de Block Grant avait été mise au placard une première fois non pas à cause du désaccord des représentants des managers, mais « parce qu’il y avait une objection de l’Office of Good Governance ». Le Block Grant et l’annulation des Assessments sont revenus sur le tapis en 2016 lors de la révision du nouveau quantum de “grants” et ont été acceptés par la direction de la PSEA. « On sait qu’il y a eu une requête insistante de certains membres de la Fédération des managers dans ce sens », disent au Mauricien des membres de ce syndicat.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour

- Publicité -