Il n’y aura pas de confrontation de foules politiques pour la première Fête du Travail post-Covid 10 lundi prochain. Comme on le sait, le MSM et ses alliés au sein du gouvernement seront les seuls partis politiques traditionnels à prendre le pari d’un rassemblement de nature politique ce jour-là. Toujours est-il qu’après deux années marquées par la pandémie du Covid-19 et les restrictions sanitaires qui se sont prolongées jusqu’au 30 juin 2022, il y a de l’animation dans l’air à l’approche de la Fête du Travail. Marches, dépôts de gerbes et rassemblements sont au programme pour les partis extraparlementaires et les acteurs du mouvement syndical.
Le MSM tiendra son meeting du 1er mai à Vacoas. C’est le premier grand rassemblement du genre depuis les dernières élections générales, suivies, peu de temps après, par la grave crise sanitaire du Covid-19. Avec les restrictions sanitaires, les rassemblements étaient limités à 50 personnes. La levée des restrictions à partir du 1er juillet 2022 a toutefois permis au MSM d’aligner une série de congrès anniversaires dans les différentes circonscriptions.
L’opposition parlementaire, soit le PMSD, le MMM et le parti Travailliste, ayant décidé de ne pas organiser de meeting ce jour-là, il n’y aura donc pas de bataille des foules pour savoir qui a la cote de popularité au sein du corps électoral. D’autant plus que les meetings du 1er mai servent souvent de baromètre en vue des élections générales. Et les échéances pour ce rendez-vous législatif devront se préciser dans les mois à venir, surtout dans le sillage de la présentation du prochain budget d’ici au début de juin prochain, soit dans moins de six semaines.
Et si les municipales étaient les principaux enjeux du 1er mai cette année ? Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, annoncera-t-il la date des élections municipales ce jour-là ? Des spéculations animent les milieux politiques et circulent à ce sujet dans certains milieux actuellement. À l’exemple de ce ministère, où l’attachée de presse a soumis sa démission la semaine dernière. Depuis, il se chuchote qu’elle sera candidate du MSM aux prochaines municipales…
L’inauguration de l’hôtel de ville de Curepipe, la semaine dernière, est venue alimenter les rumeurs à ce chapitre. Les trois leaders des partis politiques au pouvoir, à savoir le Premier ministre, Pravind Jugnauth, son adjoint, Steven Obeegadoo, député de Curepipe/Midlands (No 17), mais aussi Ivan Collendavelloo, en retrait depuis sa démission comme ministre, suivant les séquelles de la Saint-Louis Gate, étaient présents pour l’occasion. Selon les explications de Hans Marguerite, maire MSM de la ville, ce dernier aurait été d’une grande aide au début du projet de rénovation de l’hôtel de ville. D’où sa présence.
Les partis extraparlementaires se mobilisent aussi, chacun à sa façon, pour le 1er mai. Pour ceux ayant des ambitions électorales, ce 1 er Mai a également valeur de test sur le terrain. Linion Pep Morisien (LPM) a ainsi choisi de réunir ses troupes à l’auditorium Octave Wiehe, à Réduit. Le parti partagera la plateforme avec le Rassemblement Mauricien de Nando Bodha.
Dev Sunnassy, porte-parole de LPM, explique : « cet événement marquera le premier anniversaire de LPM. En une année, nous avons fait beaucoup de propositions, dont un budget alternatif, un projet de loi pour la Freedom of Information et des suggestions pour redynamiser l’industrie. Nous avons aussi engagé des discussions avec la Commission électorale sur l’organisation des élections. »
Quant à savoir si LPM ne contribue pas à « hijack » la Fête du Travail, comme l’ont fait les partis politiques traditionnels pendant des années, avec une telle initiative, il répond par la négative. « Il ne s’agit pas d’un meeting. C’est un rassemblement, où nous allons partager nos idées et ainsi continuer le travail commencé », tente-t-il de rassurer.
Et dans l’éventualité de l’annonce des municipales, LPM est prêt, poursuit-il. « Depuis sa création, LPM est en train de travailler sans relâche. Nous sommes en équipe avec le Rassemblement Mauricien depuis six mois et il y a différentes équipes qui se rencontrent chaque semaine. Oui, nous sommes prêts », fait-il comprendre.
D’autres partis ne veulent toutefois pas faire l’amalgame entre la Fête du Travail et les rassemblements politiques. C’est notamment le cas pour En Avant Moris, dont le leader, Patrick Belcourt, indique : « ce n’est pas dans notre ADN d’accaparer la Fête des travailleurs. D’ailleurs, à mon avis il n’y aura pas de rapport de force ce 1er mai. C’est sans doute la fin d’un cycle, et c’est tant mieux. »
En revanche, En Avant Moris présentera probablement un message aux travailleurs ce jour-là, et se concentrera sur ses obligations en vue des prochaines échéances électorales. Le manifeste électoral du parti sera ainsi présenté la semaine prochaine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Reform Party de Roshi Bhadain.
——————————
Le mouvement syndical en force
Fête du Travail oblige, les différentes confédérations et fédérations syndicales tiendront leurs rassemblements habituels le 1er mai prochain. À commencer par la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), qui organisera une marche, de son quartier général, à l’arrière du marché de Rose-Hill, vers le monument des travailleurs, Place Margéot.
Selon Jane Ragoo, cet événement sera l’occasion de passer en revue les différentes victoires de la CTSP et de faire d’autres revendications. Elle explique : « Nous avons remporté trois grandes victoires ces dernières années, soit le salaire minimum national, le Portable Retirement Gratuity Fund et la ratification de la Convention 190 du BIT sur la violence et le harcèlement au travail, par le gouvernement. Mais la lutte ne s’arrête pas là. Il y a encore beaucoup à faire. »
Parmi les revendications de ce 1er mai, il y a celle pour que le salaire minimum national passe à Rs 15 000. « Le salaire minimum est actuellement de Rs 12 075. Toutefois, l’on constate que le gouvernement a recruté des Cleaners, à travers Maurifacilities, avec un salaire de Rs 15 000. Pourquoi donc ne pas l’appliquer pour les autres qui font le même travail dans les mêmes conditions ? » Au-delà du salaire minimum, la CTSP plaide pour un salaire social qui, selon Statistics Mauritius, serait de Rs 23 000, afin de permettre « de vivre bien ».
La deuxième revendication concerne la mise sur pied d’une entité indépendante pour les comités disciplinaires. « Valeur du jour, le patron est juge et partie. C’est lui qui suspend l’employé et c’est lui qui nomme le comité disciplinaire. Il faut en finir avec ça. Enough is enough ! Il y a des juges, des magistrats ou des avocats à la retraite qui peuvent bien siéger sur un comité disciplinaire indépendant. » La troisième revendication concerne de nouvelles législations pour les travailleurs migrants, au-delà de ce qui est prévu dans la Workers’ Rights Act, étant donné leurs spécificités.
Rezistans ek Alternativ, pour sa part, organisera une marche de la route Saint-Jean au parc spirituel d’Ébène à partir de 9h le 1er mai. Le but est de marcher pour apporter un changement dans le pays et pour de nouveaux droits aux travailleurs. L’événement est organisé en collaboration avec la General Workers Federation, le Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière et le Centre for Alternative Research and Studies. En conférence de presse, Stephan Gua, un des porte-paroles de ReA, fait comprendre que le 1er mai est l’occasion pour les travailleurs de présenter leurs revendications.
Une liste de revendications sera d’ailleurs présentée ce jour-là. Citons la demande pour un système où les députés peuvent être révoqués; l’organisation de consultations publiques pour les grandes décisions au Parlement; des élections générales garanties par la Constitution; une dose de proportionnelle dans le système électoral; le fait de se porter candidats aux élections sans se classifier; les nouveaux droits économiques, sociaux et culturels; et des droits de la nature, entre autres.
La Federation of Progressive Union (FPU) marquera le 1er mai par un rassemblement au Plaza, à Rose-Hill. L’Observatoire de la Démocratie, Women’s League for Alternative Feminist Action, Senior Citizens Association & Muvman Premye Me participent à l’événement. Au programme : messages et discours des dirigeants syndicaux, conférence sur l’histoire de la Constitution, par Jocelyn Chan Low, et hommage aux tribuns disparus.
Le rassemblement se tiendra à partir de 9h30 à la salle des fêtes du Plaza. Le thème retenu est Dibout travayer kont lavi ser.
——————————
Messe du travail
L’Église catholique organisera sa traditionnelle messe du travail le 1er mai. La célébration aura lieu à l’église Sainte Marie Madeleine de Pointe-aux-Sables. Le thème retenu cette année est Anou mars ansam pou enn lekonomi pli zis. La messe sera célébrée à 9h30 par l’évêque de Port-Louis, le cardinal Maurice E. Piat.
——————————
À retenir
Vacoas
– Meeting du MSM Place bazar à partir de 10h sur le thème Rasanble pou avanse
Réduit
– Rassemblement de LPM à l’auditorium Octave Wiehé de 9h à 12h30
Rose-Hill
– Marche et rassemblement de la CTSP du marché de Rose-Hill à la Place Margéot à partir de 9h30
– Rassemblement de la FPU à la salle des fêtes du Plaza à partir de 9h30
Saint-Jean
Marche de Rezistans ek Alternativ à partir de 9h. Le thème est Travayer twa ki ena pouvwar. Rassemblement en face de l’église et marche vers la rivière d’Ébène
Pointe-aux-Sables
Messe du travail célébrée par le cardinal Maurice E. Piat en l’église Ste Marie Madeleine, à 9h30. Le thème Anou mars ansam pou enn lekonomi pli zis.

