Accident de la route – Poursuite contre Adrien Duval : Des bandes de Misie Moustas Leaks pour étayer la thèse du complot

Des bandes de Misie Moustas Leaks, de sinistre mémoire sous le précédent gouvernement Jugnauth, qui font apparemment état d’un « complot » pour trouver Adrien Duval coupable après son implication dans un accident de la route, ont été diffusées en Cour de district de Rose-Hill, hier. La défense d’Adrien Duval se base sur ces bandes, démontrant d’après elle des irrégularités de taille dans l’enquête policière pour demander l’arrêt définitif du procès. Ce à quoi la poursuite s’oppose.
Le procès au pénal intenté à Adrien Duval devant la Cour de district de Rose-Hill, après son implication dans un accident de la route à Ébène en 2022, a repris hier. Plusieurs témoins ont été appelés par Me Jacques Panglose, Senior Counsel, assurant la défense d’Adrien Duval, dans le cadre de sa motion pour demander un Permanent Stay of Proceedings dans cette affaire, soit l’arrêt définitif de ce procès contre son client.
Selon lui, les Misie Moustas Leaks démontrent comment l’ancien commissaire de police, Anil Kumar Dip, avait donné des instructions à ses subordonnés de « give false evidence in order to frame the accused ». Ce qui fait que toutes les preuves recueillies dans cette affaire, autre que les Statements de l’accusé, sont « tainted by misconduct ».
Le premier témoin à être appelé à la barre des témoins est Lindsay Luckhoo, un Court Officer de la Cour suprême, qui a compilé une transcription certifiée des bandes des Misie Moustas Leaks par rapport à Adrien Duval, à la demande de la défense. La Cour a ensuite visionné ces bandes, où plusieurs personnes semblent impliquées dans ce qui s’apparente à un complot en vue de nuire à Adrien Duval.
Il y a ainsi l’ancien commissaire de police, Anil Kumar Dip, qui expliquait à un de ses subordonnés qu’il agissait sur les instructions de l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth. Il avait alors donné des directives à un subalterne pour faire subir un alcotest et un Drug Test à Adrien Duval, et en cas de refus, de l’envoyer au centre de détention des Casernes centrales, connu comme Alcatraz.
Dans une autre bande, l’ex-CP sollicitait apparemment un ancien conseiller de Pravind Jugnauth pour qu’il demande à son tour à une avocate proche du MSM et qui représentait la victime de l’accident, de dire à sa cliente de mentir et de dire qu’elle avait vu Adrien Duval au volant.
Une autre bande concerne une conversation entre Dip et un ministre de l’ancien régime. Adrien Duval avait été conduit à la clinique Wellkin après l’accident, et un médecin qui l’avait ausculté ne voulait pas fournir des informations sur le patient à la police. L’ancien ministre avait alors demandé à Dip le nom du médecin, et qu’il irait « kas so f… ».
Une personne a également été déléguée par le Clerk de l’Assemblée nationale pour produire une transcription du Hansard du 4 février 2025. Cet extrait fait état d’une réponse du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale ce jour-là, à une interpellation d’Adrien Duval : « What happened to you with the car accident, all these they have listened to; who said who to do this, not to do that. All this! I can tell you ».
La poursuite compte toutefois s’opposer à tout arrêt du procès vu que, selon elle, il y aurait des preuves objectives contre Adrien Duval, nonobstant les Misie Moustas Leaks.
Cette affaire a été renvoyée au mardi 10 février, date à laquelle la motion de permanent stay of proceedings sera débattue.
Adrien Duval, avocat et ancien Speaker du gouvernement Jugnauth, était impliqué dans un accident de la route survenu à Ébène le 21 septembre 2022. Sa voiture était entrée en collision avec une autre voiture, conduite par une femme de 56 ans, qui avait été grièvement blessée. D’après la police, après l’accident, Adrien Duval aurait refusé de se soumettre à un alcotest ou encore de fournir un échantillon de son sang ou de son urine. Il avait ensuite été conduit à la clinique Wellkin.
Il fait actuellement l’objet de plusieurs charges formelles, dont refus de se soumettre à un alcotest et à un test urinaire, d’avoir causé des involuntary wounds and blows by imprudence, et d’avoir conduit avec un taux d’alcoolémie dans le sang au-delà de la limite autorisée.
La zone d’ombre principale dans cette affaire : qui était au volant, Adrien Duval ou son ami William Martin ? Si c’était Adrien Duval, conduisait-il en état d’ivresse ?

EN CONTINU
éditions numériques