Amours et désamours du Changement — Parlement : controverse pour les Seating Arrangements

Paul Bérenger, Joanna Bérenger et Chetan Baboolall absents de l’hémicycle pour ne pas embarrasser la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra

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Le retour annoncé de Paul Bérenger et de ses deux partenaires, Joanna Bérenger et Chetan Baboolall, au Parlement ce mardi n’aura finalement pas lieu. Ce nouveau report fait suite à une controverse provoquée par le whip de l’opposition, Adrien Duval. Dans une correspondance adressée à la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, il émet une contestation de fond concernant les dispositions envisagées pour les Seating Arrangements au sein de l’hémicycle lors de la séance parlementaire de ce mardi.
De son côté, Paul Bérenger, leader du MMM, affirme que, dans le but de ne pas embarrasser la présidence de l’Assemblée nationale et en attendant des développements politiques majeurs, « we shall not be present at the National Assembly tomorrow. » Tout compte fait, Paul Bérenger et ses partenaires ne retrouveront pas leurs places respectives au Parlement avant le 21 avril, tenant compte du fait que le Parlement ne siégera pas mardi prochain.
La controverse a vu le jour lorsque le whip de l’opposition a protesté auprès de la Speaker concernant la répartition des sièges lors de la séance parlementaire de ce 7 avril. Il relève que l’idée qu’un même parti politique — en l’occurrence le MMM — puisse occuper simultanément les bancs du gouvernement et de l’opposition apparaît comme profondément contradictoire.
Adrien Duval considère une telle configuration non seulement comme irrégulière, mais surtout comme « constitutionnellement intenable ». Il souligne qu’aucune tradition parlementaire reconnue, ni à la Chambre des Communes britannique ni à Maurice, ne tolère qu’un parti soit représenté des deux côtés de l’hémicycle avec des positions divergentes.
Le point central de la controverse réside dans la volonté exprimée par le MMM de voir certains de ses membres siéger sur les bancs de l’opposition, tout en demeurant membres à part entière de leur parti, lequel fait partie de la majorité gouvernementale. Pour Adrien Duval, cette proposition constitue une remise en cause grave des fondements mêmes du système parlementaire.
Après consultation avec ses partenaires Joanna Bérenger et Chetan Baboolall, Paul Bérenger a adressé une lettre à la Speaker afin de lever toute ambiguïté : ni lui ni ses deux collègues n’ont démissionné, ni été expulsés, ni suspendus du Mouvement Militant Mauricien. Dès lors, estime-t-il : « la question de savoir si des membres d’un parti au pouvoir ayant quitté ce parti peuvent siéger sur les bancs de l’opposition ne se pose pas ici .» Il ajoute qu’à ce stade aucune rupture formelle n’est intervenue avec le MMM.
Dans ce contexte, les trois élus ne revendiquent nullement de places du côté de l’opposition. Leur demande porte plutôt sur une réaffectation aux bancs arrière du côté majoritaire de la Chambre. Selon Paul Bérenger, qui reproche au whip de l’opposition d’avoir mal interprété leur démarche, les backbenchers du gouvernement ne constituent pas un bloc homogène. Ils peuvent accueillir des élus dont la position politique justifie une certaine prise de distance par rapport aux bancs ministériels.
Le leader mauve met également en avant le caractère provisoire de cette requête. Le MMM n’ayant pas encore arrêté de décision définitive quant à son maintien au sein de la coalition gouvernementale, toute posture tranchée serait prématurée. « Il s’agit d’une position transitoire, une posture de retenue et non d’ambiguïté », fait-il valoir, évoquant des développements politiques imminents.
Autre point avancé par Paul Bérenger : le rôle du whip de l’opposition. Il conteste toute légitimité de ce dernier à intervenir dans l’organisation interne du camp gouvernemental. Selon lui, l’autorité du Chief Whip demeure pleinement applicable, indépendamment d’un éventuel repositionnement physique sur les bancs de l’Assemblée.
En conclusion, Paul Bérenger sollicite formellement de la Speaker l’attribution de sièges sur les bancs arrière du gouvernement pour lui-même et ses deux collègues, au nom du respect des usages parlementaires et de la Constitution. Toutefois, afin d’éviter d’embarrasser la présidence de l’Assemblée nationale dans un contexte politique sensible, les trois élus annoncent qu’ils ne seront pas présents lors de la séance parlementaire du jour. Une absence qui, loin d’apaiser les tensions, pourrait au contraire alimenter davantage les spéculations au sujet de l’avenir du MMM au sein de la majorité.

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