Les enquêteurs de Navin Beekarry en quête d’authentification du « plan de situation » des 7023 mètres carrés signé par les « Prospective Buyers » Pravind et Kobita Jugnauth en 2004, débarquent, ce matin, chez l’arpenteur Eric de Spéville

L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a mobilisé une escouade ce matin pour une descente dans les locaux de la Société D’Hotman De Spéville pour prendre possession du dossier des terres d’Angus Road. L’intérêt porte sur un document, notamment un plan de situation des propriétés immobilières à Angis Road avec la signature du couple premier ministériel remontant au 22 juin 2004. Ce document, dont de l’ICAC voudrait procéder à la vérification, jette un éclairage différent aux explications fournies par Pravind Jugnauth sur Angus Road Saga – Saison II.

Ce déplacement intervient à la suite d’un nouvel élément brandi par le leader du Reform Party Roshi Bhadain durant le week-end écoulé indiquant que le couple Pravind Jugnauth avait déjà endossé le profil de « Prospective Buyer » en 2004 pour les 7023 mètres carrés d’Angus Road payés par le dénommé Alan Govinden en 2001 en Angleterre. L’ICAC chercherait  à authentifier ce « plan de situation » qui aurait été préparé et certifié par l’arpenteur juré, Eric Doger de Spéville le 22 juin 2004. Ce nouvel élément ne figurerait pas dans les informations fournies par le Premier ministre Pravind Jugnauth lors de son passage à l’ICAC mardi dernier et devrait provoquer d’autres rebondissements en marge de l’opération « Caesar’s Wife.  

L’ICAC s’est présenté ce matin dans les locaux de l’arpenteur juré Eric Doger De Spéville pour tirer au clair les dessous du dossier controversé de distraction des terres d’Angus Road qui indique que le plan de situation préparé par la Société D’Hotman De Spéville date du 22 juin 2004. Ce document porte les signatures du vendeur, Bel Air Sugar Estate, et des acquéreurs, les « prospective buyers » des 7023 m2, Pravind et Kobita Jugnauth.

Dans ce document ayant relancé la polémique qui constitue un nouveau sujet d’embarras le pouvoir, l’arpenteur juré certifie s’être rendu à Angus Road pour « situer un terrain de contenance de 7023 m2, distrait d’un terrain de la contenance de 10620 m2 appartenant à Bel Air Sugar Estate suivant le TV4260 No 50 », prenant ainsi à contre-pied les affirmations du Premier ministre à l’effet que c’est en 2008 qu’Alan Govinden lui a proposé l’achat de ces terres situées à proximité de sa résidence. L’ICAC devrait dans un premier temps établir l’authenticité de ce document portant la référence TV7028/22 au niveau des services d’enregistrement.

Cette nouvelle donne est venue s’ajouter aux récits du Premier ministre à l’ICAC mardi dernier et a relancé ce Political Probe très suivi par la classe politique. Les enquêteurs de Navin Beekarry devraient recueillir la version de l’arpenteur sur l’authenticité de ce document et par extension sa visite effectuée sur ces terres d’Angus Road en 2004 et les présences de Bel Air Sugar Estate et des Jugnauth, soit avant que le l’acte notarié soit rédigé en 2007 pour que la famille du PM et leader du MSM s’approprie ces biens fonciers.

Avec la pression grandissante dans la conjoncture, les manœuvres de l’ICAC sur ce dossier sont suivies de près, étant d’ailleurs sujettes à la demande de Private Prosecution logée par Roshi Bhadain hier au Bureau du Directeur des poursuites publiques. « Si oun ekout tou seki linn koze, li pa kon nanyin avan 2008 ziska ki Govinden vinn dir li li pou vann terin la ek li », avait soutenu le leader du Reform Party durant le weekend.

Dans la correspondance envoyée au DPP hier, Roshi Bhadain rappelle que l’ICAC a pris presque une décennie pour enquêter sur les articles 46 et 47 de la Prevention of Corruption Act (POCA) et que jamais ce dossier n’a atterri au bureau de Satyajit Boolell. Le leader du Reform Party affirme qu’à la lumière des affirmations du PM lors de sa conférence de presse de vendredi dernier (27 novembre), il a été « confirmé que différentes infractions criminelles ont été commises sous le Code pénal, la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) et la POCA ». L’ancien ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance réclame l’approbation du DPP pour cette « private prosecution ». Il a sollicité un rendez-vous au Bureau du DPP afin qu’il puisse décider de la marche à suivre légale pour son procès contre Pravind Jugnauth.