Assemblée générale de la CCI : Le secteur privé se dit inquiet de la pénurie de main-d’œuvre

Fuite des cerveaux en hausse, forte augmentation des coûts d’opération et risques décuplés avec le changement climatique

Malgré les défis comme l’inflation et la dépréciation de la roupie, l’importante hausse des coûts de production et les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, l’économie locale se redresse, mais continue à faire face à de nombreux risques.

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L’un des plus inquiétants demeure la pénurie de main-d’œuvre. Le secteur privé a formulé clairement son Serious Concern sur la question ce jeudi, lors de l’assemblée générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) qui s’est déroulée en présence de nombreux membres et invités, dont les ministres Alan Ganoo et Sunil Bholah.

Namita Jagarnath Hardowar, présidente de la Chambre, a partagé la préoccupation du secteur privé en ces termes : « The Human Resource Challenge is impacting all sectors and all levels, irrespective of whether it is the agricultural, manufacturing or services sector. The lack of both skilled and unskilled manpower is a serious concern for the business community, and this is curbing the growth and expansion of business activity.”

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Vu la gravité du problème, la CCI souhaite que la question soit analysée en profondeur, en vue de mieux comprendre les racines du mal. Il y a déjà le vieillissement de la population, la baisse du taux de natalité, l’inadéquation des compétences, l’Increasing and Disturbing Brain Drain et aussi la nouvelle génération.

« The younger generation, namely the Millennials and the Gen Zees are finding it increasingly difficult to adapt to the traditional work culture and set up. This calls for some deep reflections on the way we structure our organisations to make them more agile and responsive to the aspirations of the youth », plaide encore Namita Jagarnath Hardowar.

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La présidente de la Chambre indique que « there is a dire need to ramp up our efforts in terms of training and upskilling of our existing workforce ». Elle met l’accent sur l’urgence à l’effet que «the brain drain needs to be tackled through bold measures to create better job opportunities coupled with conducive working conditions alongside a culture of meritocracy and equal opportunity ».

La présidente de la CCI est d’avis que la politique d’immigration doit être revue en vue d’attirer les compétences étrangères. Elle est d’avis que le Knowledge Transfer qui doit figurer parmi les priorités. « The attractiveness of our jurisdiction to foreign competence is key and we need to explore all avenues to make it happen, including our fiscal regime and other related incentives », affirme-t-elle.

La CCI va plus loin en suggérant que le gouvernement vienne de l’avant avec une National Human Capital Strategy afin de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre.
Le deuxième axe important de son discours lors de l’assemblée générale : le coût des affaires.

Les entreprises ont été confrontées à de multiples défis ces dernières semaines, en lien avec le Cost of Doing Business : hausse des tarifs d’électricité et du coût du carburant, dépréciation de la roupie, augmentation du Key Rate et du coût de la main-d’œuvre.

La CCI note sans ambages que « this may constrain the sustainability of business operations, impacting on their overall growth and competitiveness » tout en ajoutant que « a simple, predictable and competitive tax regime will help Mauritius improve its business climate and spur foreign investment. »

Namita Jagarnath Hardowar maintient aussi pour que tout un chacun doit être conscient des vulnérabilités du pays en vue d’assurer la résilience économique de Maurice. Elle insiste sur un « rigorous macroeconomic and strategic planning whilst focusing on stewardship and speedy implementation. »

Vu le contexte actuel, la CCI souhaite d’ailleurs l’élaboration d’un Country Risk and Vulnerability Assessment car le pays fait face à de gros risques comme la sur-dépendance des importations, le niveau élevé de la dette publique – et ses effets potentiels sur la notation du pays – les Low Production Capacities  du pays et les  Labour Market Inefficiencies.

La présidente de la CCI a rappelé que Maurice figure parmi les pays les plus vulnérables au monde face aux risques du changement climatique, avec le niveau de la mer qui augmente de 3 millimètres par an autour du pays, le secteur agricole sévèrement affecté par la hausse des températures et le nouveau Rainfall Pattern.

Conjuguée aux cyclones et périodes d’inondation, l’équation s’annonce encore plus délicate « The economic costs thereof are substantial as business continuity is increasingly compromised. Since the beginning of this year, the occurrence of such events has resulted in the loss of precious working hours in almost all economic sectors. Even though the impact is mitigated thanks to remote working, these losses are still very significant », explique-t-elle.

Se basant sur le rapport du Mauritius Institute of Economic and Statistical Studies, la CCI avertit que le coût du changement climatique pourrait atteindre 1,5% du PIB d’ici 2030 et jusqu’à 3,9% d’ici 2050 « if no proper action is taken ».

Sunil Bholah, ministre du Développement industriel et des PME, a expliqué que malgré le contexte mondial difficile, il convient de noter que l’économie réalise des progrès. Cela se traduit par la croissance économique de 9,1% réalisée en 2022, contre 4,2 % en 2021. Il ajoute que le secteur manufacturier est un contributeur important à cette remarquable performance.

Il estime que la pandémie du Covid-19 a servi de Eye Opener pour les opérateurs économiques. « It simply challenged the routine way of doing business… and by extension, put to test the mode of operation”, dit-il.
Sunil Bholah a indiqué que la mise en oeuvre de l‘Industrial Policy & Strategic Plan (2020-2025)’ est bien avancée, avec environ 70% des projets et programmes déjà réalisés ou Under Implementation.

De son côté, Alan Ganoo, ministre du Transport intérieur et des Affaires étrangères, a salué la contribution de la Chambre de Commerce et d’Industrie dans le développement du pays :   « The MCCI has been and remains a key player in shaping the development of our country and enlarging the economic space of Mauritius since its establishment in 1850 under the able leadership of its first President, Louis Léchelle » , fait-il comprendre. Il a souligné que la Chambre est connue pour sa crédibilité  localement et internationalement.
Évoquant les accords commerciaux, Alan Ganoo a expliqué que les discussions sont en cours avec l’administration américaine  concernant la Trade and Preferences Extension Act qui expire en 2025 : “We need to ensure that any Post-AGOA arrangement does not result in Mauritius losing preferential access to the US Market” , ajoute-t-il.  Le ministre a expliqué qu’à un moment où les pays encouragent, pour des raisons stratégiques et de sécurité, la délocalisation, « nous devons également envisager

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