Assemblée nationale | Fait du jour de la séance d’hier : Le PM confirme l’annonce d’un Package of Measures vendredi

Le Leader of the House : « En période de crise grave […] il n’y a absolument aucune place pour la démagogie politique »
Contrat pétrolier de Mangalore : « You paid commission to agents who shared the commission with the ministers concerned »
La facture pétrolière de la STC a augmenté de 82% en mars et une nouvelle hausse de 21% est attendue en avril

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Lors des échanges sur la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, axée, sur le comité interministériel mis en place pour examiner l’impact économique et social du conflit actuel au Moyen-Orient, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, n’a pas fait de cadeau au gouvernement précédent, l’accusant d’avoir dilapidé les fonds publics. Il a confirmé qu’un contrat entre Maurice et Indian Oil, assurant l’approvisionnement en produits pétroliers sera signé, jeudi, en présence du ministre indien des Affaires étrangères, S.Jaishankar. D’emblée, Navin Ramgoolam, s’est appesanti sur la gravité de la situation. « Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février 2026, j’ai personnellement suivi la situation de très près. Le gouvernement a adopté une position proactive pour atténuer son impact potentiel sur notre pays, » fait-il ressortir en annonçant que toute la question fera l’objet de consultations lors de la réunion interministérielle de ce jour avec des décisions annoncées après les délibérations du conseil des ministres de vendredi.
Il a indiqué que la crise énergétique actuelle est d’une ampleur exceptionnelle, citant l’Agence internationale de l’énergie qui évoque « la plus grande perturbation de l’approvisionnement de l’histoire du marché mondial du pétrole ». Une situation aggravée par les tensions dans le détroit d’Ormuz et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Navin Ramgoolam a détaillé les conséquences directes pour l’économie : flambée des prix du pétrole, du gaz, des céréales et des engrais, explosion du fret maritime et retour de la volatilité financière. « Les pressions inflationnistes s’accumulent de façon exponentielle dans chaque recoin du monde », affirme-t-il.
Pour Maurice, économie ouverte et fortement dépendante des importations, le choc est d’autant plus brutal. Il fait ressortir que ces développements pourraient avoir des effets durables sur l’inflation, la croissance, la balance des paiements et, surtout, le coût de la vie.
Les chiffres avancés illustrent cette pression : la Brent Oil est passée de USD  72,48 USD à USD 111 le baril, soit une hausse de 53%. La facture pétrolière de la State Trading Corporation a augmenté de 82% en mars. Une nouvelle hausse de 21% est attendue en avril.
D’autre part, le comité de crise s’est réuni une première fois le 1er avril. Cette réunion a permis d’examiner les travaux d’un comité de haut niveau présidé par le secrétaire aux Finances et de proposer des mesures d’atténuation.
Parallèlement, plusieurs actions concrètes ont été engagées, notamment pour le renforcement des stocks de fioul lourd et l’optimisation de l’usage du charbon ; des campagnes accrues d’économie d’énergie ; l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables – objectif : 405 MW ; des mesures administratives pour réduire la consommation d’électricité ; la sécurisation de l’approvisionnement en carburants jusqu’à mi-2026 et au-delà.
Sur la question sensible de la fiscalité, Navin Ramgoolam a précisé que la TVA sur les carburants est estimée à Rs 3,9 milliards et que les droits d’accise devraient atteindre Rs 4 milliards.
Le Premier ministre a également ravivé le débat politique en fustigeant les décisions du précédent gouvernement, notamment la résiliation du contrat avec Mangalore Refinery. « Sans l’irresponsabilité du gouvernement précédent […] notre sécurité de l’approvisionnement aurait été garantie ! », estime-t-il. Il a évoqué l’affaire Betamax pour illustrer les risques passés liés à la sécurité énergétique.
D’autre part, le Premier ministre a appelé à dépasser les clivages partisans dans un contexte de crise majeure : « En période de crise grave […] il n’y a absolument aucune place pour la démagogie politique. » Il a mis l’accent sur l’importance d’un leadership fort, fondé sur des politiques cohérentes et orientées vers la protection des plus vulnérables et la consolidation de la résilience nationale.
Lesjongard : J’ai pris note et la population prendra aussi en compte que c’est plus d’un mois après le début du conflit que le Premier ministre va présenter mercredi son premier comité interministériel. Et vous serez d’accord que le gouvernement a perdu beaucoup de temps. Pouvez-vous, informer la Chambre des mesures spécifiques sociales qui sont envisagées pour mitiger l’impact social du conflit sur les citoyens de ce pays en soutenant leur pouvoir d’achat ? Pouvons-nous avoir une indication aujourd’hui ?
Ramgoolam : Permettez-moi de reprendre ce que le leader de l’opposition a avancé. J’ai dit qu’aussitôt que la guerre a commencé, nous avons mis en place dans chaque ministère concerné des unités de crise pour considérer les mesures qui doivent être prises. Et j’ai mentionné les mesures du CEB, du ministère du Commerce, et tout cela. Il y a eu un premier rendez-vous pour le comité de crise. J’ai un rapport, mais ce n’est pas pour être circulé. Nous aurons un autre rendez-vous demain, et puis nous déciderons des mesures à prendre à la prochaine réunion du Cabinet.
JL : J’ai fait référence à ma question supplémentaire au Premier ministre, et non aux autres comités. Il est à la tête de ce pays.
Speaker: Le Premier ministre a répondu. Continuez donc.
JL : Lors de ma dernière PNQ au Premier ministre, j’ai posé deux interpellations pertinentes : l’une était consacrée à la réintroduction de la CSG Allowance et l’autre concernait un Top-Up temporaire pour les travailleurs qui gagnent moins de Rs 20 000 – ce qui a été rejeté par le chef du gouvernement. Le PM est-il au courant que la presse évoque des augmentations de prix sur tous les produits faisant l’objet d’un monitoring du ministre du Commerce ? Qu’est-ce que le gouvernement propose pour aider ces travailleurs quand nous savons que les dépenses mensuelles d’une famille s’élèvent à Rs 50 000 aujourd’hui ?
NR : Le leader de l’opposition doit se rappeler que l’ancien gouvernement a ruiné le pays. Nous faisons les frais de leurs abus. Et maintenant, vous voulez un Top-Up ? Dans quel monde vivez-vous ?
JL : Quant aux produits pétroliers, c’est-à-dire le gaz et l’huile lourde, je comprends que la STC doit payer 30 millions d’USD supplémentaires par cargaison. Et pour les mois de mars et avril, le pays attend l’arrivée de trois navires. Le Premier ministre peut-il informer la Chambre d’où les fonds nécessaires seront puisés par la STC pour payer ces trois navires ?
NR : Vous devriez avoir posé cette question au ministre concerné. Mais vous vous contredisez. Vous dites que nous devons donner de l’argent, mais vous vous contredisez…
JL : Maintenant, je voudrais demander au Premier ministre si le conflit s’étend, parce que la situation est pire en ce moment, jusqu’au mois de juin, le gouvernement devra trouver un supplémentaire de USD 90 millions ou plus, pour trois navires qui donneront un total de USD 180 millions. Je voudrais demander si le gouvernement a réalisé une analyse sur les réserves en devises étrangères qui seront affectées par ces dépenses et qui réduiront notre couverture d’importations.
NR : Pourquoi le gouvernement précédent a-t-il annulé le contrat avec Mangalore ? Cela n’aurait pas dû se passer. Vous savez ce qui s’est passé. Ils sont passés par des agents, qui ont partagé les commissions avec différents ministres qui étaient impliqués. C’est ainsi que le gouvernement a fonctionné. C’est pour cela qu’ils ont annulé le contrat de Mangalore. Parce que Mangalore était un accord de gouvernement à gouvernement.
JL : Le gouvernement a sécurisé les ressources pour les mois de mars et d’avril. Le gouvernement a perdu beaucoup de temps. Peut-il confirmer que les ressources pour les mois de mai et de juin ont été sécurisées si le détroit d’Ormuz devait rester fermé pendant le mois d’avril et que la compétition avec les autres pays pour accéder aux ressources alternatives ne devienne plus dure ?
NR : Je viens d’expliquer que même avant la guerre, lors de ma visite officielle en Inde, j’ai demandé au Premier ministre Modi s’il voulait tenter de mettre à contribution ses bons offices en vue de conclure un accord avec l’Inde sur les produits pétroliers. Comme je l’ai dit, concernant Mangalore, ils ont refusé parce qu’ils se sont fait prendre à Maurice une fois. Ils ne le feront pas de nouveau.
Ils ont refusé à cause de l’action irresponsable du gouvernement précédent, MSM. C’est cela la raison. Sinon, nous n’aurions pas été dans cette situation.
Speaker : Nous sommes toujours sur la même question…
JL : Je le répète encore pour que la Chambre note que le contrat pour la raffinerie de Mangalore n’a pas été annulé. C’est une chose différente. En ce qui concerne la production d’électricité, le ministre du Commerce a promis, il y a deux semaines, d’annuler le contrat entre STC et Sahara Energy Ltd. Il n’a pas fait cela jusqu’à présent. Le ministre du Commerce a promis, il y a deux semaines, que tous les contrats et les paiements seraient rendus publics aujourd’hui. Sinon, le gouvernement donnera l’impression qu’il veut cacher quelque chose à la population.
NR : Je ne comprends pas. Vous voulez que le contrat soit payé… Mais je pense que l’honorable leader de l’opposition…  Comme je l’ai dit même avant la guerre, j’ai demandé au Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, s’il pouvait nous aider à conclure un accord pour les produits pétroliers. Comme je l’ai dit, il a agi. Il a parlé à Mangalore, qui a refusé. Ensuite, il a parlé à Indian Oil, qui a accepté. Et jeudi, nous allons signer l’accord pour les produits de pétrole. Malheureusement, alors que Mangalore pourrait aussi nous offrir de l’huile lourde, Indian Oil ne peut pas le faire. Malheureusement, parce que le contrat a été brisé. Mais nous cherchons à voir s’il y a d’autres possibilités.
Mais comme je l’ai dit, je crois que je l’ai dit, nous avons assez de réserves pour le moment. Je dois aussi ajouter que puisque nous parlons d’énergie, et qu’on essaie de semer une panique… Sous le gouvernement précédent, avez-vous su que notre part de l’énergie renouvelable a atteint 17 % ? C’était 24 % quand je suis parti du gouvernement. Ils l’ont réduite, et maintenant, ils nous donnent des leçons.
JL : Je vais revenir à mon interpellation supplémentaire à propos du contrat entre la STC et Sahara Energy Limited. Le ministre responsable a déclaré qu’il allait Table le contrat. Jusqu’à présent, il ne l’a pas fait. Le gouvernement va-t-il déposer le contrat?
NR : Combien de contrats privés ont été Tabled au Parlement par le précédent gouvernement ?
JL : En ce qui concerne les bonbonnes LPG, peut-il informer la Chambre pourquoi il n’y a pas eu d’augmentation dans le prix du gaz LPG pour des raisons commerciales mais seulement pour des raisons domestiques, c’est-à-dire les 12 kg et 6,5 kg des bonbonnes LPG, quand nous savons que le revenu des bonbonnes LPG est utilisé pour la Cross Subsidizations » ?
NR : Cette question n’a pas été posée, mais je peux l’expliquer. Nous devons regarder l’économie globalement, l’intérêt du pays. Nous allons examiner cette question et vous verrez après la prochaine réunion du Cabinet.
JL : Vous devez le corriger, sinon les gens vont croire que vous protégez le groupe… La récente augmentation de 10 % sur le diesel a grandement impacté les PME. Le Premier ministre peut-il informer la Chambre des mesures que le ministère des Finances a prises pour alléger la grande pression sur les PME ? C’est exactement ce que j’ai dit plus tôt.
NR : Nous devons prendre en compte l’économie globalement. Nous devons regarder les PME, les entreprises, ce qu’elles peuvent faire, sinon l’économie va piétiner. Nous prenons des mesures, qui seront annoncées après le Cabinet vendredi.
JL : Les boulangeries demandent une augmentation du prix du pain maison. Le ministre du Commerce n’est pas d’accord avec cette demande… Le prix du pain maison augmentera-t-il dans les jours à venir ?
NR : Je dois dire que le prix du pain maison n’a pas augmenté depuis les 10 dernières années. Tout le reste augmente, mais pas le prix du pain. C’est une demande légitime que le prix augmente, sinon ils ne pourront pas gérer leur business.
Adrien Duval : Maintenant que le Premier ministre va signer un accord demain, est-ce qu’il peut nous donner l’estimation du coût qu’il va passer aux consommateurs et s’il va respecter sa promesse d’abolir la TVA sur chaque litre de diesel et d’électricité à Maurice ?
NR : Personne ne savait à Maurice comment on a dilapidé l’économie. On ne savait pas lorsqu’on a proposé… qu’on a détruit l’économie et qu’on connaissait le dommage occasionné par le gouvernement précédent. J’ai aussi dit que l’importation des produits a augmenté de 82 %. Maintenant, vous me demandez de réduire le prix ? Non, nous ne pouvons pas.
JL : Le Jet Fuel a augmenté de 400 $ à 875 $ par tonne métrique, forçant les compagnies aériennes à couper leur capacité et à augmenter les Airfares de 10 % à 40 %. Quelles sont les projections du secteur du tourisme pour l’année prochaine et quelles mesures ont été prises pour soutenir le secteur du tourisme ?
NR : Juste pour informer la Chambre que partout les billets d’avion ont augmenté. C’est inévitable.
Lobine : Puis-je demander au Premier ministre si la réduction temporaire de la TVA sera considérée comme l’ont fait plusieurs pays ?
NR : Les pays n’étaient pas dans cette situation de banqueroute. La réponse est non.
Adrien Duval : Est-il conscient que le prix d’un billet d’avion d’Air Mauritius pour se rendre à Paris est deux fois plus que celui proposé par Emirates ou d’autres compagnies ? N’est-il pas donc clair qu’Air Mauritius doit réduire sa marge de profits immédiatement ?
NR : Nous ne pouvons comparer Air Mauritius à Emirates… Il n’y a pas de comparaison avec Emirates. Vous ne pouvez pas comparer Air Mauritius à Emirates. Comment pouvez-vous comparer Air Mauritius à Emirates ?
Speaker : Time is up.

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Ces envolées parlementaires qui collent

« Many countries with far more resources than Mauritius have already declared the state of economic emergency. » (Le Premier ministre sur les séquelles de la guerre au Moyen-Orient)

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« Our import bill for petroleum products by the State Trading Corporation in March this year has increased by 82 percent due mostly to price increase over the previous month. It is expected that the import bill will rise further by around 21 percent in the month of April 2026. » (Navin Ramgoolam répondant à la PNQ de Joe Lesjongard)

« The situation calls for strong leadership grounded not in ad hoc measures, but in coherent, forward‑looking policies that protect our population, especially the most vulnerable, and reinforce national resilience. » (Le Premier ministre dans sa réponse liminaire à la PNQ)

« When we look at the pattern of events, there was clearly an axis of evil which existed from the very inception of Silver Bank in our jurisdiction. » (Navin Ramgoolam commentant le scandale de la Silver Bank)

« This is how the previous MSM regime was operating – Mafia style ! … This is a classic case of institutional conspiracy of the highest order, with both internal and external connivances, to defraud depositors’ money. » (Navin Ramgoolam toujours sur la PQ consacrée à Silver Bank)

« That decision has been driven by intervention from the highest authorities, namely the former Minister of Finance and the former Financial Secretary. » Le PM au sujet de placement de fonds publics à la Silver Bank)

« It is unthinkable that such a high level of toxicity of a loan portfolio could have been tolerated by Silver Bank and the Central Bank turned a blind eye to this monumentous mismanagement. » (Navin Ramgoolam révélant des créances douteuses de Rs 8,1 milliards sur un Portfolio de Rs 8,3 milliards à la Silver Bank)

« I don’t want to hear anything. It’s his (leader of the opposition) time. We may agree or not” (La Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra rappelant à l’ordre le député Ram Etwareea en début des échanges lors de la PNQ)

« You paid commission to agents who shared the commission with the ministers concerned. » (Navin Ramgoolam répondant à Joe Lesjongard sur le volet de l’accord pétrolier avec la société Mangalore en Inde)

« I don’t have to instruct the minister. He knows what to do. » (Le PM au leader de l’opposition sur le contrat entre la STC et Sahara au sujet de l’approvisionnement pétrolier)

« No ping pong. » (Speaker Aumeeruddy-Cziffra pour interdire les échanges non-autorisés)

« The answer is no. » (Navin Ramgoolam sur la possibilité d’aide face à la crise découlant de la guerre au Moyen-Orient)

« You can’t compare Air Mauritius with Emirates. There is no comparison. » (Navin Ramgoolam à Adrien Duval sur le billet d’avion à Rs 150 000 entre Maurice/Paris)

« I’m still choosing between when, whether, why… » (Le député Beechook à la Speaker avant de formuler son interpellation supplémentaire)

« La situation n’est pas une question de réparer un tuyau ou d’asphalter une rue mais de l’avenir d’un enfant » (Annabelle Savabaddy à la ministre Navarre-Marie sur le calvaire d’un enfant)

« Un énième échec de la CDU et des Shelters de son ministère » (Annabelle Savabaddy à Ariane Navarre-Marie)

« En 2022, li paret ki laptop ti klate » (Le ministre Ashok Subron sur l’internet gratuit)

« Le Reward Money Scandal a marqué l’opinion publique, le symbole de la dilapidation des fonds publics sous le MSM » (Le ministre Patrick Assirvaden lors des débats sur le projet de loi consacré au Money Laundering)

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