L’ultime séance d’hier de l’Assemblée nationale, avec les travaux ajournés au mardi 17 mars 2026 — soit littéralement trois mois de vacances — a été marquée par une touche de controverse.
D’abord, le Statement du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet de la compensation salariale fixée à Rs 635 jusqu’à un maximum de Rs 50 000 par mois, a constitué une véritable douche froide, non seulement pour les syndicalistes mais également pour l’ensemble des salariés.
Mais l’ambiance au sein de l’hémicycle était loin d’être sereine. Le feu couve toujours sous les cendres dans le bras de fer opposant la Chief Whip, Stéphanie Anquetil, à la ministre de tutelle, Arianne Navarre-Marie, sur le dossier des shelters. La Chief Whip a communiqué une correspondance à la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, à ce sujet. De son côté, la ministre est revenue à la charge avec de nouvelles explications lors du Statement Time. Un signe que les deux parties sont encore loin de hisser le drapeau blanc.
Pour sa part, Joe Lesjongard s’est opposé farouchement à la décision ayant permis au ministre Shakeel Mahomed de répondre à la Private Notice Question sur le Night Market à la place du ministre des Administrations régionales, Ranjeet Woochit. Les explications de la Speaker, fondées sur les Standing Orders, n’ont, semble-t-il, pas convaincu le principal concerné.
Adrien Duval, de son côté, persiste et signe dans ses protestations contre des actes de bullying de la part de la majorité. Le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, a fait contre mauvaise fortune bon cœur en se rétractant par rapport aux épithètes lancées contre le député de l’opposition, mardi dernier.
Un autre point de controverse protocolaire demeure l’absence de l’opposition lors de l’ajournement, plus précisément au moment de la traditionnelle présentation des vœux pour la nouvelle année au président de la République et à Mme Gokhool, ainsi qu’au vice-président et à Mme Hungley.
Au cours de l’année écoulée, l’Assemblée nationale a tenu 40 séances. Trente projets de loi ont été présentés, dont 29 ont été adoptés. Par ailleurs, le gouvernement a répondu à 838 interpellations parlementaires nécessitant des réponses orales et à six interpellations écrites, ainsi qu’à 32 Private Notice Questions (PNQ).
Le Premier ministre a remercié la Speaker pour la conduite des délibérations de la Chambre, de même que le Deputy Speaker pour sa précieuse contribution aux travaux parlementaires.7
Shirin Aumeeruddy-Cziffra est également intervenue pour dresser le bilan au sein de l’hémicycle, en mettant l’accent sur le fait que “the National Assembly is more and more open”.
D’autre part, répondant à la Private Notice Questions du leader de l’opposition sur le Night Market en cette fin d’année, Shakeel Mohamed a fait comprendre d’emblée que les mesures avaient été élaborées au sein d’un comité interministériel associant plusieurs institutions, dont la Santé, la Mauritius Police Force, les Fire and Rescue Services et les collectivités locales. Cette instance était placée sous sa présidence.
Le ministre Mohamed s’est appesanti sur le principe fondamental qui a guidé l’octroi de licence : seuls les marchands saisonniers résidant dans la juridiction d’une collectivité locale sont autorisés à y opérer. Les opérateurs retenus doivent s’acquitter d’une redevance quotidienne variant entre Rs 150 et Rs 500, des tarifs proposés par les collectivités elles-mêmes afin de couvrir les frais liés à l’affermage des lieux et à l’éclairage additionnel.
Pour garantir l’ordre et la salubrité, chaque vendeur recevra un badge temporaire facilitant le travail de la police et des inspecteurs municipaux. Des structures uniformisées devront être montées aux frais des commerçants, tandis que le nettoyage sera assuré quotidiennement après les activités. La police s’est engagée à maintenir des patrouilles régulières pour éviter les congestions et assurer une circulation fluide dans les zones concernées.
Shakeel Mohamed s’est étendu sur les procédures adoptées dans le cadre de l’exercice de sélection. Les candidats éligibles sont départagés par un tirage au sort public, supervisé par un huissier de la Cour suprême ou du District Court, en présence de la presse, de la police et des auditeurs. Cette procédure suit les lignes directrices autrefois établies par l’ICAC pour l’allocation de stands. Dix-huit vendeurs opérant le long de la rue Sir Seewoosagur Ramgoolam ont cependant été exemptés du tirage, une décision entérinée par le Cabinet.
Le ministre a également expliqué que chaque collectivité a identifié ses propres sites pour accueillir les marchés de jour ou de nuit, en fonction de la sécurité, de l’accessibilité et des contraintes d’aménagement. Il a précisé que des consultations ont été menées par le ministre des Administrations régionales, Ranjiv Woochit, avec les associations de commerçants et d’autres opérateurs économiques.
Préjudice
Au total, quelque 750 vendeurs occasionnels seront autorisés à opérer à travers l’île, à l’exception de Moka et de Rivière-Noire. Une liste nominative, incluant adresses et localités, sera déposée à l’Assemblée. Le ministre a toutefois souligné que le processus n’est pas encore bouclé partout: à Port-Louis, l’exercice se poursuit ; à Rivière-du-Rempart, aucune demande n’a été enregistrée ; à Pamplemousses, une seule candidature a été déposée.
Shakeel Mohamed a conclu en réaffirmant que le cadre mis en place vise à assurer transparence, équité et discipline, tout en permettant aux vendeurs occasionnels de participer aux activités économiques de fin d’année sans porter préjudice aux commerçants attitrés.
Joe Lesjongard : Le ministre peut-il confirmer si tout l’exercice mené par les autorités locales, invitant les personnes à exprimer leur intérêt, était ouvert au grand public ou seulement aux marchands saisonniers opérant dans les limites de ces autorités locales ?
Shakeel Mohamed : J’ai déjà dit plus tôt que les critères établis par le comité interministériel — et c’est dans ma réponse, mais peut-être que le leader de l’opposition n’a pas entendu — prévoyaient que l’exercice était ouvert aux habitants dans la juridiction des autorités locales concernées.
JL : Ma question est : pourquoi était-ce ainsi alors que le compte rendu du conseil des ministres du 29 novembre indiquait clairement que seuls les opérateurs résidant dans la juridiction seront éligibles ? Pourquoi alors l’exercice a-t-il été ouvert au grand public ?
Speaker (s’adressant à Joe Lesjongard) : Nous comprenons ce qui est voulu dire et ce que le ministre vient d’expliquer. Ils ne viendront pas à Port-Louis, n’est-ce pas ?
SM : Je comprends que le leader de l’opposition joue sur les mots. Il comprend très bien, mais fait semblant. Peut-être qu’il ne comprend pas (reprenant une remarque à l’emporte-pièce du Premier ministre). Peut-être qu’il sait des choses que j’ignore.
Mais ce que j’essaie d’expliquer est très simple : si quelqu’un demande à exercer l’activité de marchand ambulant ou marchand saisonnier, alors il entre précisément dans la catégorie des Hawkers. Il n’y a donc aucune raison de compliquer une chose aussi simple. C’est ça le problème.
JL : Peut-il confirmer que des personnes qui ne sont pas des Hawkers ont aussi soumis des demandes ?
SM : Je suis au courant que des personnes qui ne sont pas habituellement des Hawkers ont aussi fait des demandes. Et dès lors qu’elles exercent cette activité pendant cette période spécifique, elles deviennent des Hawkers. C’est aussi simple que cela. J’espère qu’il aura compris maintenant.
JL : Ce n’est pas possible. Comment peuvent-elles être considérées comme Hawkers seulement pendant cette période ? Peut-il confirmer que seuls deux critères étaient requis : demander un seul emplacement et être résident de la zone ? Et reconnaît-il que c’est cela qui provoque tant de frustration chez les Hawkers réguliers ?
Speaker : Vous proposez deux questions.
SM : Comme je l’ai dit, j’ai donné une réponse élaborée et détaillée, tout en surveillant le temps pour lui permettre de poser plus de questions — ce qu’ils ne faisaient pas avant. Mais tout ce que j’ai dit comprend aussi les critères. Il y a plusieurs critères, et je renvoie le leader de l’opposition à ma réponse liminaire donnée quelques secondes plus tôt.
JL : La foire organisée par la municipalité de Port-Louis démarre ce soir (vendredi). Le ministre peut-il confirmer si les Local Government Fees Temporary Provisions Regulations 2025 ont déjà été promulguées ?
SM : On m’a informé que le nécessaire a été fait. J’ai vu le projet de document et je suis sûr qu’il a déjà force de loi. Quant à la promulgation formelle, elle sera faite samedi matin.
JL : Autrement dit, ils opèrent ce soir et la loi sera promulguée demain ? C’est bien cela ?
SM : J’ai l’impression que le leader de l’opposition ne veut pas entendre les réponses. Il a pour objectif d’empêcher le gouvernement de permettre à ces personnes de travailler — comme cela s’est déjà produit par le passé, quand son Premier ministre avait dit publiquement à Plaine-Verte : « Pa pou les zot travay ». Nous, nous estimons que les habitants doivent pouvoir opérer. Pour la Gazette du Gouvernement, il devrait savoir que ces publications sortent le samedi. Il ne semble pas au courant, malgré ses années au gouvernement.
JL : Le règlement dit qu’on ne doit pas imputer de mauvaises intentions à un membre. Je demande donc au ministre de retirer ses propos.
Speaker : Veuillez vous rétracter.
SM : Je retire mes propos. Ce n’était pas mon intention d’imputer des motifs. Je voulais simplement exposer des faits. Si cela a donné une autre impression, je m’en excuse.
JL : Étant donné que la période festive est courte, le ministre peut-il dire si les mêmes dispositions prises pour la capitale seront étendues aux autres autorités locales, et quelles rues ou zones supplémentaires seront ouvertes afin de permettre à plus de Hawkers d’opérer ?
SM : Tous les documents pertinents ont été déposés. Les détails figurent à l’annexe D.
JL : Pour Port-Louis, une des rues envisagées est la rue Bourbon. Le ministre peut-il confirmer que cette rue se trouve dans un rayon de 500 mètres du Marché Central, où il est interdit aux Hawkers d’opérer ?
SM : Comme je l’ai dit, ce que je comprends, c’est qu’il veut interdire toute activité à la rue Bourbon ou ailleurs dans ce rayon.
JL : Quelles mesures garantissent que les Hawkers n’opéreront que la nuit et pas le jour ?
SM : Concernant les 500 mètres, la municipalité a pris conseil légal. L’avis s’appuie même sur un jugement de la Cour suprême concernant la concurrence déloyale : deux activités similaires ne peuvent opérer au même moment dans le même rayon. Or, la nuit commence quand le soleil se couche, et le marché est fermé à ce moment-là. Il n’y a donc pas concurrence déloyale. Les inspecteurs municipaux, la police, les services de santé veilleront que les lieux soient libérés et nettoyés avant 18h, puis les Hawkers pourront s’installer aux emplacements prévus à partir de 18h. C’est simple, structuré et pratique. Qu’il vienne voir, il constatera que tout se passe bien.
JL : Nous devons nous inquiéter. Le ministre sait-il que le Chief Health Inspector de Port-Louis a consigné une déposition à la police de Pope Hennessy après avoir reçu des menaces de mort ?
SM : Je n’en suis pas au courant. Cela ne change rien aux décisions prises dans l’intérêt des Hawkers et du public. J’ai encore l’impression qu’il ne veut pas que cette foire ait lieu et qu’il ne fait que mettre des bâtons dans les roues.
JL : Lors des consultations qu’il a présidées, a-t-il été informé des inquiétudes des commerçants concernant la concurrence déloyale que cette foire pourrait créer ?
SM : Oui, toutes ces préoccupations ont été soulevées. Des ministres, des élus, des backbenchers ont contribué. Nous en avons tenu compte, y compris la situation du Victoria Urban Terminal, où des Hawkers placés là-bas ne parviennent pas à gagner leur vie. Et cela, malgré les promesses de l’ancien gouvernement.
Speaker : Nous ne parlons pas de cela pour le moment.
JL : Le ministre peut-il confirmer que, dans la liste des personnes ayant obtenu un emplacement, certains membres d’une même famille ont eu plusieurs stands ? Cela ne crée-t-il pas une injustice envers d’autres familles ?
SM : Le critère était clair : un stand par demandeur. Cela a été strictement respecté. S’il existe une liste, c’est parce que nous avons été totalement transparents. Il y aura toujours des insatisfaits, mais la mairie et les conseillers cherchent des solutions dans le cadre des règles établies. Nous avons écouté les commerçants, les Hawkers, les habitants, les contraintes de circulation, les services d’urgence. Notre objectif est simple: ramener une ambiance festive dans la capitale et les villes, ambiance qui avait disparu sous leur mandat.
Débats sur la réintroduction du permis à points
Le PM : « Un devoir moral autant que législatif »
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, intervenant sur le projet de loi pour la réintroduction du permis à points, estime que le texte de loi constitue un tournant dans la lutte contre l’hécatombe routière. Face à un nombre de décès qu’il juge « inacceptable », il soutient que la première responsabilité d’un État est de protéger la vie et de prévenir des drames évitables.
Navin Ramgoolam considère que l’abrogation de cette disposition de la loi par le précédent gouvernement fut « une erreur grave » dont le pays continue de payer le prix humain. Il n’a pas hésité à qualifier cette suppression de « décision irresponsable », motivée par une logique de démagogie. Navin Ramgoolam a ensuite remis en perspective la réforme dans un contexte de transformation profonde de l’Île Maurice : croissance économique, urbanisation rapide, mobilité accrue, explosion du parc automobile — plus de 743 000 véhicules à octobre.
Le Premier ministre s’est appesanti sur la dimension internationale du dossier. Lors d’une rencontre en février dernier avec le secrétaire général des Nations unies à Addis-Abeba, il avait sollicité l’envoi de l’envoyé spécial pour la sécurité routière, Jean Todt. Ce dernier, en visite à Maurice, a lancé la campagne mondiale de l’ONU pour la sécurité routière et affirmé que le pays possède le profil nécessaire pour viser l’objectif d’une « île zéro décès ».
Jean Todt a formulé plusieurs recommandations, notamment la réintroduction du permis à points, le permis progressif pour les nouveaux conducteurs, le renforcement des opérations nocturnes de l’ERS et de la police, les plaques d’immatriculation pour les vélos électriques, le port obligatoire du casque pour vélos électriques et trottinettes, la création d’un fonds spécial de sécurité routière financé par les concessionnaires et les compagnies d’assurance.
Toutefois, Navin Ramgoolam a tempéré les attentes : le permis à points n’est pas une solution miracle, mais un levier essentiel dans une stratégie beaucoup plus large. Celle-ci inclut la réforme des institutions, l’amélioration des infrastructures, la gestion de la vitesse, la protection des usagers vulnérables, le renforcement des contrôles et, surtout, un changement durable des comportements.
Il a fait état des « tragédies silencieuses » qui échappent aux statistiques : handicap à vie, souffrances familiales, espérances de vie amputées. Autant de drames invisibles qui, selon lui, doivent également guider l’action publique.
En conclusion, le Premier ministre a présenté la réforme comme un devoir moral autant que législatif. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs », dit-il, ajoutant que restaurer le permis à points, c’est corriger une erreur du passé, renforcer la responsabilité au volant et affirmer la volonté de son gouvernement de bâtir des routes plus sûres pour tous. Cette mesure, assure-t-il, s’inscrit dans une stratégie globale et résolument tournée vers l’avenir.
Paul Bérenger, Deputy Prime Minister
« Avec le Redemption System, nous apportons une grande innovation »
Le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, n’a pas mâché ses mots en présentant ce qu’il décrit comme l’une des évolutions les plus marquantes de la sécurité routière à Maurice. Réaffirmant que « avec le Redemption System, nous apportons une grande innovation », il a expliqué en détail l’esprit de la réforme, tout en regrettant l’absence notable de l’opposition lors des débats à l’Assemblée nationale.
Paul Bérenger affirme que cette loi constitue à la fois « un grand pas en avant » et un correctif «à un grand pas en arrière », admettant sans détour qu’un travail de fond reste nécessaire : plusieurs lois et règlements devront être amendés dans le sillage de cette réforme. Il revient cependant sur le fait que l’essentiel est en place : un cadre moderne, évolutif et mieux adapté aux réalités de la route.
Au cœur de cette transformation se trouve notamment le Redemption System, qu’il traduit lui-même comme un système de rattrapage. « Nous apportons une grande innovation avec le Redemption System. Ce sera intéressant de voir comment cela va se développer dans les prochains mois », laisse-t-il. L’objectif : offrir aux conducteurs responsables une seconde chance, tout en renforçant la discipline routière.
Le principe est simple : lorsqu’un conducteur atteint 10 points sur les 15 que prévoit le permis à points, il peut suivre un Rehabilitation Course puis se présenter devant une cour de district pour demander à être entendu. Cette démarche peut lui permettre de récupérer jusqu’à un maximum de trois points.
Le Deputy Prime Minister confie que peu de Mauriciens ont compris cela, dit-il, estimant que ce mécanisme peut avoir « un impact considérable dans les années à venir ». Le système est nouveau, audacieux et, selon lui, porteur d’un véritable changement culturel.
Le gouvernement veut désormais observer comment cette innovation sera appliquée, sur la route comme dans les institutions. « Nous verrons comment cela marche dans les six mois à venir », soutient-il, tout en reconnaissant que les premiers défis émergeront probablement au niveau de la police et des tribunaux.
Néanmoins, il reste optimiste. « Nous souhaitons que ce Redemption System soit une réussite. Nous pouvons être fiers que cela aidera à sauver des vies, même au-delà de Maurice ». En consolidant l’encadrement juridique, en responsabilisant les conducteurs et en misant sur la réhabilitation plutôt que sur la simple sanction, Paul Bérenger défend cette nouvelle vision de la sécurité routière.
Babita Thannoo, Backbencher
« En finir avec la rage au volant »
Pour la députée Babita Thannoo, le permis à points permettra de responsabiliser davantage les conducteurs. Ces dernières années, la rage au volant est devenue monnaie courante sur nos routes, a-t-elle souligné. Cette attitude est soutenue par « la masculinité toxique et le sentiment d’impunité ». Le nouveau système, a-t-elle ajouté, sera un succès si des améliorations sont apportées aux infrastructures et si un changement socio-économique y est associé.
Le Road Traffic (Amendment) Bill, qui permet la réintroduction du permis à points, est une démarche qui appelle à plus de responsabilités et à un changement de culture, a fait ressortir Babita Thannoo. La députée de Rezistans ek Alternativ a soutenu que depuis l’abolition du permis à points en 2016, il y a une culture dangereuse et mortelle sur les routes. « La rage au volant est partout. Nous avons tous été témoins de la terreur qu’elle provoque chez les victimes. »
Pour elle, le comportement violent sur les routes trouve sa source « dans une société capitaliste et néo-libérale déshumanisante ». De même, des recherches ont démontré que la rage au volant concernait surtout les jeunes hommes. Ce qui l’amène à dire que la masculinité toxique, couplée aux problèmes d’alcool et de drogue, est également responsable des comportements violents sur les routes.
Le permis à points permettra donc de s’attaquer à ce problème et apportera un changement des mentalités. « Les accidents détruisent des vies. Les troubles post-traumatiques ne sont pas faciles à traiter et prennent du temps. » Elle a également mis en avant le fait qu’il a été scientifiquement prouvé que le permis à points « réduit les accidents de 8% ».
De plus, il s’agit d’un système juste, selon elle, car tous les contrevenants sont sanctionnés de manière équitable, indépendamment de leurs statuts ou de leurs classes sociales. « Ceux qui voyagent par autobus, les citoyens de deuxième classe, comme on dit, seront aussi protégés, grâce au “Fleet Management System” et au permis à points. Car souvent, ceux qui font de longs trajets doivent faire de la gymnastique pour tenir dans les bus car ce sont de dangereuses montagnes russes. »
Babita Thannoo a également mis l’accent sur la réhabilitation des conducteurs, ce qui permettra de les sensibiliser à une conduite responsable. Mais le permis à points sera efficace si les infrastructures routières sont également améliorées et avec un nouveau modèle socio-économique. Le modèle actuel, a-t-elle argué, produit des travailleurs épuisés.

