À la veille des débats sur la motion de blâme présentée par le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, le leader du MMM, Paul Bérenger, estime que le gouvernement hypothèque l’avenir du pays ainsi que celui des enfants de ce dernier. « Une motion de blâme a été présentée parce que le gouvernement est en train d’hypothéquer l’avenir du pays chaque jour », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse de son parti à l’hôtel Hennessy à Ebène.
Paul Bérenger a annoncé que les dirigeants de la Plate-forme de l’Espoir se réuniront aujourd’hui afin de peaufiner l’action parlementaire de l’opposition en marge des débats de demain. Déjà le leader de l’opposition a annoncé qu’il n’y aura pas de Private Notice Question afin de donner priorité à sa motion.
« Nous espérons qu’il n’y aura pas de badinages mesquins et que les orateurs ne seront pas obligés d’intervenir à des heures indues », a fait comprendre le leader du MMM.
La flambée des prix dans le pays a été un des principaux points soulevés samedi. Le leader du MMM a mis en exergue que le gouvernement n’a pas cité les chiffres qu’il fallait au regard de l’inflation. Il a fait comprendre qu’il n’est pas juste d’énoncer que le taux d’inflation à Maurice est inférieur à d’autres pays comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne, où le taux est de 8,5 % et de 7% respectivement, alors que l’inflation a dépassé le taux de 10% à Maurice.
De plus, le leader des Mauves a dénoncé l’augmentation des tickets d’autobus, estimant que le gouvernement aurait dû avoir enlevé les taxes imposées sur le diesel, comme le réclament les partis de l’opposition. Il a noté que le gouvernement a profité de cette situation pour augmenter le prix du ticket de métro bien que ce dernier fonctionne à l’électricité.
Procédant à une analyse de la situation dans le pays, Paul Bérenger a relevé « quatre bombes à retardement qui devront être désamorcées par le prochain gouvernement », à savoir la dette publique, le système de pension et la contribution sociale généralisée, la production d’électricité et finalement la situation financière de Metro Express.
La dette publique a dépassé 100% du Produit intérieur brut (PIB) et pèsera lourd sur le pays pendant des années à venir. S’agissant du système de pension, il l’a qualifié de terrain miné faisant peser l’incertitude concernant le paiement des pensions à l’avenir. Quant à la production de l’électricité, il considère que le pays s’achemine vers une catastrophe. Il déplore l’absence de planification totale et de réflexion dans ce domaine alors que le gouvernement a pris l’engagement de finir avec le charbon d’ici 2030.
Répondant à une question de la presse quant à l’affaire Terragen, il a souligné que ce n’est pas seulement les Independent Power Producers (IPPs) qui ont réalisé des profits alors que le prix du charbon était bas, comme l’affirme Joe Lesjongard, mais également le CEB qui, pas plus tard que l’année dernière, disposait des réserves de l’ordre de Rs 7 milliards. « Malheureusement cet argent a été gaspillé », a-t-il avancé avant de souhaiter que Terragen et le CEB parviennent à une solution raisonnable.
Au chapitre du Metro Express, le leader du MMM a estimé que cette compagnie est devenue « un trou sans fond », prenant en compte des pertes enregistrées jusqu’ici, et alors même qu’il est question de trajets additionnels qui seront desservis sur rail.
Évoquant le cas du ressortissant slovaque Peter Uricek, Paul Bérenger a dit que tout indique que ce dernier est un dangereux trafiquant de drogue. « Ce genre de personne n’aurait pas dû entrer dans le pays et il ne s’agit pas de les défendre. Or, la façon dont la police a traité cette affaire est très mauvaise pour l’image de Maurice. Nous dénonçons le fait que depuis janvier 2020, Interpol avait émis un Red Notice sans que le gouvernement ne réagisse », a-t-il affirmé.
Le leader du MMM a indiqué que ce n’est que récemment que l’Attorney General a initié des procédures d’extradition à la demande du gouvernement slovaque. Toutefois, la Cour suprême a tout bloqué dans l’attente que toute l’affaire soit considérée. « Sans attendre, le gouvernement a utilisé l’Immigration Act pour suspendre son permis de résidence et, par conséquent, a fait croire qu’il n’a pas été déporté mais qu’il n’avait pas de permis de résidence », avance-t-il. Il a invoqué que « sur ordre du Premier ministre, le ressortissant slovaque a été transporté de force à l’aéroport pour être remis aux autorités slovaques, qui étaient arrivées à Maurice à bord d’un avion spécial. Même si cette personne est un bandit dangereux, on n’a pas le droit d’agir de cette façon ». Il dit avoir accueilli favorablement la décision du DPP d’ouvrir une enquête sur ce qui s’est produit dans cette affaire.
Le dernier point abordé par le leader du MMM a été le système électoral actuel, « qui est au cœur des problèmes du pays ». Il a relancé l’idée d’une réforme électorale avec 60 députés élus selon la formule actuelle et la nomination de 20 députés sur une base proportionnelle. Ce qui éviterait le risque qu’un parti avec 30% de suffrages ne soit pas représenté au Parlement.
Signalons que Reza Uteem, qui est rentré au pays après avoir effectué un pèlerinage à la Mecque (Umrah), n’a pu prendre part à la conférence de presse vu qu’il a contracté le Covid-19. À samedi, il était encore en isolement.
