Canal Dayot – Inondations Post-Belal — LPT : « Okenn GM pann pran mizir pou protez lavi dimounn ! »

Mi-janvier dernier, dans le sillage du passage du cyclone Belal sur l’île, Lalit découvrait le bâtiment abritant son siège à Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) depuis 40 ans totalement inondé ! La montée des eaux dans la capitale et les régions avoisinantes n’avaient pas épargné le QG du parti, qui se trouve sur la route principale et héberge ses différentes unités, comme Ledikasyon pou Travayer (LPT) et Muvman Liberasyon Fam (MLF), entre autres. Une quinzaine de jours après avoir remis de l’ordre et essayé de sauver ce qui a pu l’être – des documents et des archives, entre autres, ont été perdus, Lindsey Collen, Alain Ah Vee et Rada Kistnasamy ont tenu un point de presse pour évoquer la situation.

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D’emblée, a résumé Alain Ah Vee, « depi 40 banane ki nou la, okenn GM na pann pran mizir pour protez lavi dimounn ». Il poursuit : « Nous avons régulièrement eu des soucis dus à la montée des eaux dans cette région, que ce soit pendant des pluies, et pas nécessairement diluviennes, et, depuis dernièrement, les Flash Floods, la montée des eaux, entre autres. L’origine de ce problème relève purement et simplement du développement sauvage et irréfléchi du pays. » Ce serait selon lui le cas d’un Shelter du gouvernement, entouré d’un mur en béton armé. « Nous avons déjà engagé des actions légales, mais c’est peine perdue », dit-il.

Les membres de Lalit soulignent : « dans notre voisinage, il y a Canal Dayot, avec son lot de maisons et d’habitations. Et de ce côté, il y a des bâtiments abritant par exemple notre organisation et toute son histoire et son parcours. Il y a aussi des ateliers, des garages, des commerces, des centres… »

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« Tous ces endroits connaissent depuis plusieurs années maintenant des problèmes similaires aux nôtres, avec de l’eau qui pénètre et détruit tout ». Lindsey Collen souligne les cas de « ces familles qui perdent tout lors des montées des eaux », ce qui est « tragique ». Pour ces activistes, « malgré des rapports et des études qui ont été réalisés, avec des recommandations et des propositions concrètes pour minimiser les risques et protéger des vies, les régimes successifs qui dirigent ce pays n’ont rien fait ».

Lindsey Collen a aussi évoqué le passage d’un cyclone en 1984, « quand nous avions dû nous organiser en cordée pour secourir une famille » qui habitait dans le voisinage. « Il y avait de vieilles personnes et des enfants, et l’eau était montée jusqu’à hauteur de nos reins. Ti bizin sap bann zanfan-la sinon zot nwaye ! »

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Mais cet épisode « n’était rien en comparaison avec ce que nous avons vécu avec les inondations » durant le passage du cyclone Belal ! « Même en 2013, avec les inondations meurtrières, notre QG n’avait pas été aussi affecté. »

Et pour cause: le temps d’une visite guidée, Rada Kistnasamy montre comment, dans différents endroits du bâtiment, l’eau est cette fois montée à plus de six pieds de haut. « Soit dépassant la taille d’une personne normale ! »

Dans la salle commune, se trouvant au rez-de-chaussée, où « habituellement, nous recevons les visiteurs, mais où il y a aussi une grande partie de nos documents, nos coupures de presse, des livres et des ouvrages de référence, de même que nos publications, tout était sous eau quand nous sommes entrés », dira Alain Ah Vee en ajoutant que « nous n’avons pu sauver que quelques éléments qui se trouvent sur les étagères les plus élevées. »

Le pire, déplore Rada Kistnasamy, « c’est notre machine Offset, qui est pour nous d’une importance capitale pour l’impression de nos ouvrages, livres, documents et pamphlets ». En 2013, dit-il, cette imprimante avait été la proie des eaux. « Mais avec un peu d’aide technique, nous avions pu la redémarrer et l’utiliser. Cette fois, nous avons bien l’impression qu’elle est morte ! » De surcroît, signale l’activiste, montrant les structures mises en place, « après cette expérience, nous avions pensé protéger la machine en installant une porte et en l’enfermant dans un espace plus clos, mais les eaux qui sont entrées cette fois étaient démontées, et l’eau a traversé le muret et la porte, engloutissant la machine ».

Même triste constat pour la cuisine de l’organisation. « Le réfrigérateur, des meubles, des appareils électroménagers, des ustensiles et plein d’autres choses ont été noyés dans une eau qui arrivait jusqu’à cinq à six pieds de hauteur. Nous avons éteint le frigidaire. Il y en avait un autre, vieux et cassé, que nous avions entreposé dans l’arrière-cour du parti. Mais quand les eaux ont monté, elles l’ont transporté de l’arrière à l’avant, car on a retrouvé ce vieux frigo près de la devanture ! »

Lalit tient néanmoins à remercier « tous ces bénévoles et nos membres de nos différentes unités qui, des heures et des jours durant, ont été à nos côtés pour nous aider à sauver ce qui pouvait l’être et remettre le siège du parti en état ».

 

HT

« Rétablissez les cours d’eau ! »

« Un axe important dans nos propositions, concrètes et réalisables, pour changer la donne : nous demandons au gouvernement et aux établissements sucriers de rétablir les cours d’eau naturels. Ces espaces ont été, pour la plupart, dans pratiquement toutes les régions de l’île, recouverts, sinon carrément comblés ! Ce qui a pour résultat que l’eau, élément naturel, qui avait avec ces cours d’eaux, ses avenues d’évacuation naturelles, ne trouve plus sa route et s’engouffre évidemment dans les maisons et les cours. » Lalit réclame du gouvernement que des démarches soient entreprises par les autorités publiques afin de veiller à restaurer la nature et préserver ce qu’elle a.

« L’État doit intervenir auprès des grosses compagnies qui bétonnent le pays pour ériger des complexes commerciaux et autres. Le dérèglement climatique et les bouleversements exigent de nous que nous prenions des mesures en phase avec la nature et l’écologie. Les drains ne sont pas, en eux seuls, la solution. Il y a plusieurs aspects à prendre en considération et opter pour un développement sain et réfléchi de notre pays. »

 

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