La Special Cell du Central CID a déjà entendu au moins deux policiers dont les noms sont cités par Vimen Sabapati (39 ans) dans l’affaire des bandes sonores où de graves allégations sont formulées. Avec la fin de l’interrogatoire de l’ex-entraîneur national de Muay-thaï il y a un mois, l’équipe de l’ACP Armoogum a poursuivi son travail sur ce dossier. Actuellement, les enquêteurs consignent la version de l’inspecteur Seevanandee, exercice s’étalant sur plusieurs séances, prenant en compte l’emploi du temps du policier.
Les policiers interrogés à ce stade nient être impliqués dans tout complot contre Vimen Sabapati ou d’autres protagonistes mentionnés par le trentenaire dans son affidavit, comme Bruneau Laurette. Les enquêteurs ont également invité ces policiers à soumettre un échantillon de leur voix à l’Information & Technology Unit de la police. Les officiers ont demandé au Central CID de se tourner vers les Service Providers en télécommunication pour vérifier si des appels ont été enregistrés entre eux et Vimen Sabapati.
Très peu d’informations sont disponibles sur la version fournie par les policiers pour le moment. Seule certitude : ils tentent de se rappeler les détails de leur emploi du temps les jours cités par Vimen Sabapati, et où ils se sont rencontrés. À titre d’exemple, le trentenaire dit avoir vu l’inspecteur Seevanandee en deux occasions en novembre 2022 au Plaza et sur le parking du centre commercial de Bagatelle. Mais le CCID n’a pu mettre la main sur les images des caméras de surveillance, vu le laps de temps passé entre ces rencontres et la plainte de Vimen Sabapati.
Les enquêteurs comptent aussi examiner le Diary Book de l’ADSU de la Western Division pour établir s’ils ont fait une quelconque entrée. Tout policier doit en effet consigner une entrée dans le COTS System s’il sort pendant son heure de travail, comme pour prendre son repas. De fait, le Central CID souhaite savoir si les heures mentionnées par Vimen Sabapati pour les rendez-vous correspondent aux périodes de sortie des policiers de leur lieu de travail. S’ils n’étaient pas en service, les enquêteurs ne disposeront cependant pas de cet élément dans les livres.
Parallèlement, l’enquête sur la saisie de plus de Rs 150 millions d’héroïne sur l’ex-entraîneur de Muay thaï en mai est au point mort. Ce dernier refuse de donner son Statement à l’Inquiry Team de la PHQ Special Striking Team (SST) et demande toujours qu’une autre unité s’occupe de son cas. Cependant, le bureau du commissaire de police n’a donné aucune instruction en ce sens.
Les avocats du suspect avaient déposé une motion pour que la SST soit dessaisie de l’enquête, ajoutant que la justice n’a pas encore tranché. Entre-temps, Vimen Sabapati reste en détention à Alcatraz, malgré le souhait qu’il avait formulé trois semaines après son arrestation d’être plutôt détenu On Remand à la prison de Beau-Bassin. La police a objecté à cette demande. Sa prochaine comparution en Cour de Port-Louis est prévue lundi.

