Commission Lam Shang Leen | Décès d’Andy Selmour à la prison : Des détenus avaient voulu s’en prendre à la victime à l’infirmerie  

Alors qu’Andy Selmour avait été transporté dans un deuxième temps au Medical Complex dans l’après-midi de l’agression, des détenus avaient voulu forcer le passage de ce complexe. Ils avaient même essayé de s’en prendre à l’infirmier, qui était de service à ce moment-là. Celui-ci a toutefois pu barricader la porte du Medical Complex. Malgré cela, des soins ont pu être apportés à Andy Selmour.

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C’est ce qui est ressorti lors de la séance d’hier devant la Commission d’enquête, présidée par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen et mise sur pied pour faire la lumière sur le décès du détenu Andy Selmour à la prison de haute sécurité de Melrose le 9 décembre 2025. Ce détenu, âgé de 33 ans, purgeait une peine de trois ans de prison pour vol à main armée à la Eastern High Security Prison de Melrose.

Un Lead Prison Officer, en charge de la Paille-en-Queue Unit, a déposé devant la Commission. Il a relaté qu’il avait reçu un appel de son supérieur aux alentours de 16 h le 9 décembre. Celui-ci l’avait informé que le détenu Andy Selmour allait être provisoirement transféré dans son unité, pour des raisons ayant trait à sa sécurité, après avoir été impliqué dans une bagarre dans l’enceinte de la Kestrel Unit.

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Le Lead Prison Officer confirme qu’à son arrivée à la Paille-en-Queue Unit, Andy Selmour était déjà dans un état préoccupant. Il était incapable de marcher seul, et d’autres détenus devant le soutenir.

Selon cet officier, l’environnement à la prison de Melrose est difficile, vu que la drogue y circulerait. Ce trafic est soutenu par des gangs qui se sont constitués au sein de la prison. Le jour de l’agression mortelle d’Andy Selmour, il y avait seulement deux gardiens pour assurer la surveillance de 87 détenus dans l’unité dont il avait la charge. Pour lui, cet équilibre des forces était grandement contraignant et dangereux pour les gardiens.

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Il a été suivi par un officier affecté au Medical Ward. Il a déclaré qu’Andy Selmour, blessé à la tête, s’était présenté une première fois au Medical Ward vers 14 h 40. Interrogé sur la cause de cette blessure, Andy Selmour aurait expliqué qu’il avait fait une chute dans la cour.

Mais environ deux heures plus tard, alors que son état de santé s’était grandement détérioré, Andy Selmour était revenu au Medical Complex. C’est alors que les choses ont tourné au vinaigre. Des détenus hors d’eux auraient tenté de forcer la porte du Medical Complex. Ils auraient même essayé d’agresser l’infirmier de service. Toutefois, selon le garde-chiourme, il a pu rétablir l’ordre et sécurisé les lieux. Des soins ont pu être prodigués à Selmour.

Un officier de l’Intelligence Unit de la prison de Melrose a émis l’hypothèse qu’un règlement de comptes, ayant en toile de fond de la drogue, pourrait avoir provoqué l’agression. Il a toutefois admis, interrogé par Me Deepak Rutnah, l’avocat de la famille Selmour, qu’il basait cette opinion sur des informations puisées auprès des détenus et qu’il s’agissait de Hearsay. Il ne pouvait être écarté à ce stade que l’agression d’Andy Selmour avait une autre cause.
Un policier affecté à l’IT Unit a expliqué comment les images de vidéosurveillance ont été récupérées.

Me Rutnah a demandé à l’ex-juge Paul Lam Shang Leen que la séquence de ces images, horodatée entre 20 h 45 et 2 heures du matin le 9 décembre dernier, soit visionnée par la Commission. Cela pour que la Commission puisse se faire une idée sur ce qui s’était réellement passé lors de l’arrivée d’une équipe du SAMU. Selon certaines indications, cette équipe médicale avait dû patienter une vingtaine de minutes en raison du protocole de sécurité, alors qu’Andy Selmour agonisait.
Les auditions se poursuivent ce mercredi.

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