Après les fêtes de fin d’année et les dégâts du cyclone tropical Belal, la très controversée Financial Crimes Commission Act votée le mois dernier, revient sur le tapis. Navin Beekarry, directeur général de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), dont le nom est cité avec persistance pour diriger cet Apex Body dans la lutte contre la corruption et les crimes financiers, a fait les éloges de cette loi – qui a provoqué une levée de boucliers de l’opposition et de divers observateurs. Il intervenait lors de la conférence organisée par le Regional Centre of Excellence de la Financial Services Commission, sur le thème Integrity, Sustainability and Transparency in the Financial System.
Au menu des discussions, les défis et solutions pour améliorer la coordination et la coopération entre les organismes concernés afin de lutter contre la corruption. Premier à intervenir à cette conférence, Navin Beekarry a expliqué que dans la lutte contre la corruption et le crime financier, « il faut que le système produise des résultats. »
Il ajoute qu’il y a une différence entre voter des lois et « actually making those laws and institutions work.» «
Il est important d’assurer que les organismes responsables engagés dans la lutte contre la corruption et les crimes financiers, au niveau local, travaillent en collaboration, sinon, cela ne fonctionne pas, et cela impactera la réputation du pays », estime Navin Beekarry.
Le directeur général de l’ICAC explique que Maurice veut devenir membre du Working Group on Bribery de l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement économiques) et que les démarches à cet effet ont atteint un stade avancé. Pour cela, Maurice doit démontrer que les organismes responsables, les Investigating et Prosecuting Bodies, les opérateurs, les banques, les institutions financières et tout le Financial Crime Enforcement System doivent collaborer.
« There are multiple reasons why it is difficult to build inter-domestic cooperation in the field of fight against financial crime. Laws can be an impediment and institutions also can be an impediment », dit-il.
Alors qu’aucun autre intervenant à l’ouverture de la conférence n’a évoqué la FCC, le directeur général de l’ICAC s’est référé à cette nouvelle loi qui sera « proclaimed hopefully soon ». Il n’a pas manqué de souligner qu’elle sera importante pour assurer une meilleure coopération entre les différents organismes engagés dans la lutte contre le crime financier. « This law is going to be the first step. Three institutions with relevant and overlapping functions are brought together. The Independent Commission Against Corruption, the Financial Intelligence Unit and the Integrity Reporting Services Agency will be working together. It is an effort to ensure that these agencies move forward to ensure greater cooperation and more effectiveness in combating financial crime », s’est-il appesanti.
L’objectif : résoudre le problème de manque de synergie et de coordination, ajoute-t-il, précisant que cela ne sera pas facile et que cela prendra du temps. Navin Beekarry a mentionné la mise sur pied de deux unités qui seront créées sous la Financial Crimes Commission.
Pour sa part, Harvesh Seegolam, gouverneur de la Banque de Maurice, maintient que les principes d’intégrité et de transparence sont importants pour le fonctionnement efficient du système financier et met en garde contre la perte de confiance au regard du secteur financier ou des banques, qui peut provoquer beaucoup de dégâts. Il a expliqué que Maurice « a un système de gouvernance très robuste. » Il a ensuite évoqué le « greening » nécessaire du secteur financier et l’importance de la divulgation des risques liés au climat dans le rapport annuel des entreprises.
Soutenir une croissance de 5%
Pour sa part, Renganaden Padayachy, ministre des Finances, a affirmé que la prospérité est liée à la croissance économique et qu’il faut lutter contre la corruption. Il a expliqué que la stratégie déployée par le gouvernement porte des Tremendous Results, avec une croissance robuste et constante de 8,9% en 2022, 7,1% en 2023 et de 6,5% pour l’année en cours.
« Nous voulons soutenir une croissance de 5% pour les prochaines années, » dit le ministre. Il se réjouit que le taux de chômage régresse et devrait glisser sous la barre de 6% à court terme. « The same trend can be observed with respect to fiscal consolidation. After a peak of 91.1% in 2021, the ratio of debt to GDP has rapidly fallen to 79% in September 2023 », fait ressortir Renganaden Padayachy. L’objectif : ramener la dette sous la barre de 60% du Prodduit intérieur brut (PIB) durant les prochaines années.
Le ministre des Finances ajoute que le succès économique d’un pays dépend grandement de la qualité de ses institutions et de sa gouvernance « as corruption lessens productivity and increments disparity. » Il cite le Control of Corruption Estimates de la Banque mondiale, dans lequel Maurice a amélioré son score de 0,2 (en 2019) à 0,4 (en 2022).
« This positive trend is also demonstrated by the Corruption perception index from Transparency international, ranking Mauritius in the top tier countries », fait-il comprendre encore.
Évoquant le passage du cyclone Belal, le ministre Padayachy indique qu’il s’agit « d’another concrete reminder of what climate change is about. And as you are aware, Mauritius needs an amount of USD 6,5 billion to finance its climate agenda, both in terms of mitigation and adaptation ».

