Les Frères Dardenne en compagnie de leur proches à leur sortie du BRC hier matin

Il n’y avait pas de Warrant of Arrest émis samedi matin contre les frères Josué et Jonathan Dardenne lorsque la CID de Flacq les a embarqués au lever du jour.  C’est ce qu’a indiqué le représentant du Central CID en Cour de Mahébourg hier à la mi-journée. Cette affirmation fait suite à la motion des avocats des deux plaisanciers lors de leur comparution dimanche matin devant la Bail and Remand Court (BRC), qui voulaient savoir de la force policière quand le « mandat d’arrêt » du CCID avait exactement été émis aussi bien qu’exécuté dans ce cas précis.

À l’appel de l’affaire hier, pour les formalités en vue de la remise en liberté conditionnelle des deux plaisanciers de Trou-d’Eau-Douce, contre une caution de Rs 5 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 50 000, le SI Rashid Bhugeloo en a surpris plus d’un en affirmant qu’aucun Warrant of Arrest n’avait été émis. Les deux frères avaient été arrêtés lors d’une opération de la CID de Flacq en compagnie des éléments de Field Intelligence Officers et de la DSU de Flacq, entamée à 5h du matin selon les “official records” de la police, soit quatre heures seulement après qu’une déposition d’“assault with premeditation” ait été consignée au poste de police de Lallmatie.

D’ailleurs, les hommes de loi des Dardenne, Mes Jim Seetaram, Neelkanth Dulloo et Alexandre Leblanc, Rouben Mooroongapillay et Chetan Baboolall, constituant le panel qui apporte son soutien aux deux frères, avaient mis en exergue que l’arrestation de leurs clients était « arbitraire », soutenant que la version de l’agent MSM, Sunny Sawan Sewdin, n’indiquait aucunement qu’il y avait eu un cas d’“assault with premeditation”. Ils avaient tous soutenu que l’arrestation de Josué et Jonathan Dardenne était « illégale », « arbitraire » et « politically tainted ».

À la lumière de l’affirmation du SI Bhugeloo en cour hier, les avocats avancent que c’est une confirmation que le CCID a agi de manière illégale en plaçant les deux frères en détention, soit l’un à Alcatraz et l’autre au Vacoas Detention Centre, où ils ont passé la nuit de samedi à dimanche. Ils ont déposé une autre motion hier pour réclamer cette fois d’autres précisions sur le modus operandi du CCID, notamment en relation à la déposition de 00h54 consignée au poste de police de Lallmatie. Les hommes de loi sont en quête d’éléments pour pouvoir savoir comment un cas d’agression a pu déboucher sur cette arrestation « express ».

L’on veut aussi savoir pourquoi les hommes de loi ont été privés d’accès à leurs clients dans la matinée de samedi, et dans quelles circonstances un “further statement” a dû être enregistré en fin de matinée samedi pour ajouter un élément de “rogue and vagabond” afin de barrer la route à une comparution devant la BRC et empêcher une remise en liberté. Pour les avocats des Dardenne, « il est clair que quelqu’un a tiré les ficelles » dans le cadre de cette arrestation et que le CCID de Heman Jangi « doit des explications » dans la conjoncture.
L’affaire sera appelée le 2 septembre prochain.