Prison de Petit Verger, Pointes-aux-Sables
  • Avec 213 détenus déjà admis au centre de traitement de Petit-Verger, des tests de dépistage pour quelque 150 « nouveaux » hier après-midi et les résultats connus ce matin
  • Depuis mardi dernier, le nombre de cas annoncés par la Santé n’est pas descendu sous la barre de 100, avec 152, hier et 148 dimanche

Si, dans un premier temps, le ministère de la Santé avait cru dans sa nouvelle approche en termes de communication par rapport à la propagation du Covid-19 sur le terrain pour assurer un contrôle, tel n’est plus le cas, du moins en milieu carcéral. Depuis la semaine dernière, l’administration de la Prison centrale, anticipant une explosion du nombre de cas contaminés, a pris des dispositions. Mais les indications sont que très bientôt les facilités de traitement au virus aménagées à la Prison de Petit-Verger ne devront pas suffire. La principale crainte est que ce scénario pourrait intervenir plus tôt que prévu. En effet, en ce début de semaine, le nombre de détenus transférés à Petit-Verger a atteint 213 alors que la capacité maximale est de 276 au terme du protocole conjointement agréé avec la Santé. Et il y a entre 130 et 150 « nouveaux » qui ont subi des tests de dépistage à leur arrivée à la New Wing de la Prison centrale de Beau-Bassin, hier après-midi, et les résultats devant être connus dans la matinée. En parallèle, le nombre de cas positifs annoncé quotidiennement par le ministère n’est pas descendu sous la barre de 100, notamment depuis mardi dernier.

Hier, à la New Wing de la prison de Beau-Bassin, les gardes-chiourmes, de pair avec des équipes de la cellule sanitaire de la Santé, étaient sur le qui-vive. En fin d’après-midi, plusieurs groupes de nouveaux détenus ont fait leur entrée dans l’univers carcéral. Certains ont été dirigés pour être On Remand, et d’autres, devant purger leurs peines d’emprisonnement suite à leurs condamnations prononcées par différentes cours de justice du pays.

Dans l’ensemble, « cet exercice comprend l’arrivée de 130 à 150 nouveaux entrants », indiquent des sources bien informées à la Prison. Un travail de dépistage rapide est entamé au fur et à mesure que les nouveaux venus arrivaient. Ce ne sera que dans le courant de la journée, voire de cet après-midi, que le décompte réel de la situation sera connu. Aux tests rapides positifs, des tests plus poussés, des prises de sang et bien entendu, des PCR sont effectués sur les cas potentiels. L’administration pénitentiaire ne veut prendre de risques inutiles avec même un cas passant entre les mailles du dépistage.

Les 213 détenus testés positifs se trouvent actuellement en traitement à la prison de Petit-Verger, se déclinent avec le premier batch de 66 détenus positifs depuis la semaine dernière et deux nouveaux contingents, soit l’un de 100 et l’autre de 48. Ces exercices de transferts, de la New Wing de Beau-Bassin, où sont actuellement détenus les nouveaux entrants dans le système pénitentiaire (condamnés et en détention provisoire) se sont déroulés depuis vendredi dernier.

Avec la nouvelle situation dans l’enceinte de la prison depuis hier, ce lundi des officiers ne cachaient pas qu’ils étaient quelque peu « Depressed ». C’est ce qu’a appris Le Mauricien des recoupements d’informations de sources concordantes. La raison : « Avec le nombre important de détenus entrant qui sont testés positifs et le fait d’avoir à augmenter nos prestations auprès des détenus malades, les officiers se retrouvent avec un Workload plus conséquent… Et pour lequel ils ne sont pas forcément formés. Il y a encore le risque potentiel d’attraper le virus en dépit des précautions d’usage »

« Moral dan bez… Travay inn extra ogmante. Sa, dan enn fason, li pa grav. Nou abitie travay. Mais ce qui inquiète nombre de mes collègues et moi-même, c’est qu’on ne peut refuser de travailler, d’une part, avec les détenus contaminés, sachant qu’on prend des risques de contracter nous-mêmes le virus…», confie-t-on au sein du Rank and File à la Prison.

« Nous devons apprendre à Cope avec le nouvel environnement, développer de nouveaux gestes et réflexes, continuer à suivre une formation ciblée, aussi, et rester en marge des consignes et instructions qui nous sont données par la Santé. Et ce, tout en continuant à rester vigilant et faire notre travail d’officiers de la prison. Ce n’est pas simple ! », poursuit-on.

D’autant, évoquent ces hommes et femmes employés par les Mauritius Prisons Services (MPS), que « la situation dans le pays, déjà avec son augmentation croissante chaque jour et partout dans le pays, dans les écoles, les lieux de travail, les supermarchés, est déjà très stressante et nous met la pression…»

Dans la conjoncture, le point positif, malgré un contexte de travail des plus risqués à tous les points de vue est que « l’administration et la direction de la prison ne nous mettent pas des pressions inutiles. On travaille tous dans un environnement correct. Et surtout que notre voix est entendue ! »