Dénonciations de manipulation : 8 banques sanctionnées et 4 autres font l’objet de Warning

C’est ce qu’annonce le gouverneur de la Banque de Maurice, Harvesh Seegolam

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Le ministre Padayachy souligne l’importance de la francophonie en tant que puissant outil économique

Le gouverneur de la Banque de Maurice, Harvesh Seegolam, a renouvelé cette semaine l’engagement de cette institution à empêcher toute tentative de manipulation sur le marché de change. Il a confirmé que des lettres d’avertissement ont été envoyées à quatre banques et que des sanctions seront prises à l’encontre de huit banques sans toutefois les mentionner. De son côté, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a souligné l’importance de la francophonie en tant que puissant outil économique.

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(photo d’archives)

Le gouverneur de la Banque centrale s’adressait aux membres du Groupe des Superviseurs Bancaires Francophones (GSBF), dont il en est le président, et qui se réunissait pour la première fois à Maurice. Parmi les personnalités présentes se trouvaient le ministre des Finances, l’ambassadrice de France, Florence Caussé-Tissier, Jérôme Baconin, conseiller économique du Trésor de la République française et Emmanuel Rocher, secrétaire général du GSBF.

« Il nous faut protéger non seulement des segments de consommateurs mais les marchés financiers eux-mêmes dans un contexte international volatile …Je tiens à réitérer l’engagement de la Banque de Maurice à empêcher toute tentative de manipulation sur le marché de change. D’ailleurs, la Banque interviendra de façon soutenue pour renforcer la valeur de la roupie mauricienne. Nous serons intransigeants ! Pour preuve, cette semaine, nous avons émis des lettres d’avertissement à quatre banques déjà et avons décidé d’imposer des sanctions à huit autres banques. La stabilité financière doit demeurer au centre de nos préoccupations », a-t-il déclaré.
Harvesh Seegolam a invité les membres du GSBF à étudier de très près les répercussions de la hausse des taux d’intérêt à travers le monde sur la stabilité financière dans les juridictions membres du groupe.  Il avait annoncé la semaine dernière la décision de la BOM de sévir contre toutes les banques et autres institutions financières qui pratiqueraient un taux supérieur au seuil psychologique de Rs 46  pour le dollar américain, avec le taux évolue dans la bande de Rs 45.20  à l’achat et à Rs 46.45 à la vente.
Harvesh Seegolam affirme que le forum du GSBF est la plateforme par excellence pour que les superviseurs bancaires puissent s’enrichir mutuellement à travers le partage d’expériences et de nouvelles réflexions sur des sujets d’intérêt commun, voire anticiper des défis. « La question de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme a une résonance particulière pour notre pays, dans la mesure où l’Ile Maurice a, dans un passé très récent, dû démontrer sa capacité à renforcer ses structures dans la lutte contre ces risques », a dit le gouverneur qui a évoqué les efforts déployés pour sortir de la liste grise de la GAFI.
Pour sa part, le ministre des Finances est revenu sur l’importance de la Francophonie qui est un puissant outil économique. « Elle est cette communauté de langue et de destin que nous réunit et au travers de laquelle, Maurice a une carte internationale à jouer au service du continent africain. Maurice possède cet atout incontestable d’être bilingue, nous devons faire la part belle à cette richesse linguistique pour mieux positionner le continent africain et ses enjeux socio-économiques pressants au sein des instances internationales », a-t-il déclaré.
Commentant la fermeture des frontières et la rétraction de la croissance de 15%, le ministre trouve que « si le gouvernement tout comme la Banque de Maurice n’avaient pas agi avec force et courage, ce choc d’une brutalité sans nom aurait pu causer de graves défauts de paiements, des faillites en cascade et des vagues de licenciements » a-t-il dit.
Il a saisi l’occasion pour annoncer que la croissance de 7,8% du PIB en 2022 sera revue à la hausse, soit plus de 8%. Une nette augmentation de 23% a été enregistrée dans la collecte des recettes entre le second semestre de 2021 et celui de 2022. Les recettes fiscales sont passées de Rs 51,38 milliards pour la période juillet 2021 à décembre 2021 à Rs 62,97 milliards pour la période correspondante en 2022. « Nous anticipons une croissance supérieure à 5% avec une dette publique qui continuera de baisser fortement, à hauteur de 76,3% du PIB en juin 2023 », s’est évertué de rassurer le ministre des Finances.
Emmanuel Rocher, secrétaire général du GSBF, a noté que c’est la première fois que les membres du GSBF se réunissent dans l’océan Indien. Il a rappelé que le thème central de la réunion de Maurice sera la lutte contre le blanchiment de l’argent et le financement du terrorisme. Il a souligné la volonté des membres et de la Banque de Maurice de faire du GSBF, une instance de coopération dynamique.
La cérémonie d’hier a également été marquée par la signature d’un accord de coopération entre Djibouti, la France et Maurice.

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