Dette publique : la barre des Rs 500 milliards à fin juin

Pour le premier semestre, hausse de Rs 21 milliards même si le Debt Ratio est passé de 83,2% à 79,7% du PIB

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La dette étrangère bien calée au-dessus des Rs 100 milliards, soit Rs 115,3 milliards, à la fin du dernier exercice financier

Le CEB et la STC à l’ICU, avec des recours en progression, soit une ardoise de l’ordre de Rs 10 milliards chacun

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Séquelles de BAI : Rs 11,6 milliards pour MauBank et National Property Fund Ltd

À la fin du dernier exercice financier, le tableau de la dette publique se décline en deux temps. Ainsi, au 30 juin, le montant de la dette s’est rapproché de la barre des Rs 500 milliards, soit une progression de Rs 21 milliards au cours du premier semestre. Par contre, l’indicateur de ce paramètre de performance, soit le ratio de la dette par rapport au Produit intérieur brut (PIB) a connu la tendance inverse. Ainsi, il est descendu sous la barre des 80%, passant de 83,2% à la fin de l’année dernière à 79,7% pour le dernier relevé officiel et publié sur le Website du ministère des Finances en ce début de semaine. Ces données révèlent également que deux corps para-étatiques, en l’occurrence la State Trading Corporation et le Central Electricity Board (CEB), s’appuient de plus en plus sur des emprunts, parfois garantis par le gouvernement, parfois non, pour assurer la trésorerie dans la conjoncture.

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Le ministère des Finances confirme la progression de la dette publique brute au cours des six premiers mois de cette année, passant de Rs 475,1 milliards à la fin de décembre de l’année dernière à Rs 496 milliards au 30 juin dernier. Avec la reprise des activités sur le plan économique, donc un nouvel élan au Produit intérieur brut (PIB), un des indicateurs les plus affectés avec la pandémie du Covid-19, l’Hôtel du Gouvernement peut se féliciter d’un renversement de tendance sur le plan de la gestion de la dette publique.

Par contre, si comme l’a indiqué le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, cela sans être contredit par le Grand Argentier à l’Assemblée nationale, Maurice négocie avec la Banque mondiale un Budget Support de l’ordre de Rs 11 milliards, le plafond des Rs 500 milliards devrait être vraisemblablement crevé au cours du présent exercice financier, si ce n’est pas à la fin de ce premier trimestre, soit septembre.

Néanmoins, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, trouvera une satisfaction devant la courbe de la dette par rapport au PIB, passant des 83,2 % à 79,7%. Cette même tendance à la baisse est relevée au titre de la Public Sector Debt (Net), passant de 71,9% en décembre dernier à 68,8% à fin juin. Et ce, même si le montant est de Rs 428,1 milliards contre Rs 410,3 milliards, une augmentation de Rs 18 milliards en six mois.

L’une des principales composantes de la dette publique demeure le recours au marché local. De janvier à juin de cette année, la Public Sector Domestic Debt, soit pour assurer le financement des dépenses publiques, a progressé de Rs 363,3 milliards à la fin de 2022 à Rs 380,8 milliards au 30 juin dernier. De cette enveloppe de Borrowing Requirements de l’Hôtel du Gouvernement, Rs 262 milliards sont sous forme de Long Term Bonds de plus de cinq ans et aussi de Five-Year et Seven-Year Government Bonds.

À l’autre extrême, un ajustement est intervenu avec les besoins de financement à court terme, et le montant des Treasury Bills et autres instruments de Short Term Borrowing stagnant à hauteur de Rs 40 milliards pour le premier semestre.

L’endettement des entreprises publiques se situe au-dessus des Rs 60 milliards, soit Rs 65,1 milliards. À ce titre, l’état de santé sur le plan financier de deux corps para-publics donne des signes allant dans le sens des préoccupations. Le niveau d’endettement de la State Trading Corporation, assurant l’approvisionnement stratégique du pays, soit des importations essentielles, dont le riz, la farine et les produits pétroliers, est en dents de scie. Entre décembre dernier et mars de cette année, le montant de la dette de la STC avait régressé, passant de Rs 10,3 milliards à Rs 6,9 milliards. Par contre, pour le deuxième trimestre, la tendance est repartie à la hausse pour se retrouver à Rs 9,3 milliards.

Du côté du Central Electricity Board, le constat n’est guère rassurant, le montant des emprunts enregistrant un bond de plus de 100%, pour passer à Rs 4,6 milliards contre Rs 2 milliards à la fin de l’année dernière. À ce montant viennent se greffer des dettes contractées à l’étranger de Rs 3,3 milliards.

L’héritage du démantèlement du groupe BAI il y a huit ans de cela se fait encore sentir au tableau de l’endettement national. Ainsi, la MauBank, qui a succédé par ricochet à l’ex-Bramer Banking Corporation Limited, affiche une dette de Rs 7,6 milliards, dont Rs 4,6 milliards de l’étranger alors que la National Property Fund Ltd est endettée pour un montant de Rs 4 milliards.

La Mauritius Telecom, avec le réseau de Safe City Network, se retrouve avec des dettes contractées à l’étranger de Rs 3,4 milliards. Il y a encore Airports of Mauritius Limited avec Rs 2,4 milliards – et qui négocie une enveloppe de l’ordre de Rs 6 milliards avec la Banque mondiale pour le projet d’extension de l’aéroport régional Plaine-Corail à Rodrigues.

Un autre item de la gestion de la dette à surveiller est au guichet de l’Exim Bank avec les déboursements sous la ligne de crédits accordée par l’Inde à Maurice et opérée en devises étrangères dans un contexte de forte volatilité du taux de change. Au cours de ces derniers six mois, le montant déboursé est passé de Rs 16,6 milliards à Rs 17,3 milliards. Cela principalement pour solder les dépenses des travaux du Metro Express. Un coup d’accélérateur dans le financement à ce guichet n’est pas à écarter avec la décision du gouvernement de mettre en chantier le projet de construction de 8 000 unités de logement social dans l’immédiat, bénéficiant du soutien du gouvernement indien sous forme de ligne de crédits.

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