Échiquier politique | Mamours et désamours au sein de l’Alliance du Changement : MMM : le CC tranche en faveur du maintien au GM

 

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À l’issue de la réunion du comité central du MMM mercredi, Paul Bérenger a pris acte d’une décision claire : une très large majorité des membres souhaite que le parti demeure au sein du gouvernement de l’Alliance du Changement. D’emblée, Paul Bérenger a tenu à évoquer le cap fixé depuis les dernières élections générales. « Nous avons le droit d’être fiers de ce que nous avons entrepris », a-t-il affirmé, soulignant que la priorité absolue était de « tirer le MSM, devenu un danger, du pouvoir ». Une mission qu’il estime accomplie, sans regret.
Le constat dressé par le leader du MMM est sans ambiguïté : militants et dirigeants, dans leur grande majorité, souhaitent le maintien du parti au gouvernement. « Nous avons pris bonne note que la très grande majorité veut que le MMM reste au pouvoir en dépit de nombreuses critiques quant au fonctionnement actuel », a-t-il concédé.
Selon lui, les militants partagent globalement les mêmes réserves. « Les mêmes critiques nous amènent à des conclusions différentes », a-t-il résumé. Là où la majorité plaide pour rester et améliorer de l’intérieur, lui estime qu’un départ serait préférable.Il s’est appesanti sur un point clé : la décision du parti de rester au gouvernement est distincte de sa situation personnelle comme Deputy-Prime Minister. « Le MMM reste dans le gouvernement, c’est une chose. Que Paul reste DPM en est une autre », a-t-il ajouté indiquant qu’il prendra en considération à la fois l’avis des militants et celui du parti.
Admettant être en minorité, le leader du MMM affirme ne pas en être surpris. « Ce n’est pas un plaisir, c’est une réalité », reconnaît-il en avançant avoir pris connaissance de « beaucoup de bon sens » lors des échanges. « Je comprends parfaitement les militants et les militantes qui sont restés 20 ans dans l’opposition. Je dois prendre en considération le pays. Je comprends cela parfaitement. La majorité des dirigeants pense que all things considered, il vaut mieux rester au gouvernement. Ce qui n’exclut pas les critiques. Cela a du sens et est justifié par les 20 ans de problèmes qu’ils ont subis », relève-t-il.
Bien qu’un vote secret ait été envisagé, avec des bulletins déjà préparés, le comité central a finalement jugé inutile d’y recourir. La tendance étant largement en faveur du maintien au pouvoir, il a été décidé, « par sagesse », de ne pas formaliser davantage cette position.
Une nouvelle étape est attendue, lundi, lors de la réunion hebdomadaire du bureau politique. « Nous aurons l’occasion de digérer tout ce que nous avons entendu et nous reviendrons sur toute la question », a indiqué Paul Bérenger, laissant la porte ouverte à d’éventuels ajustements, voire à une réunion spéciale du comité central si nécessaire.
Malgré la pression majoritaire, Paul Bérenger maintient sa préférence pour une sortie du gouvernement, tout en se disant ouvert à une évolution. « Je ne suis pas une bourrique ; s’il faut changer d’avis, je le ferai », a-t-il lancé. Il met néanmoins l’accent sur le fait qu’il ne peut pas critiquer ouvertement le gouvernement alors que son parti a choisi d’y rester. « Je ne peux pas taper sur le gouvernement et le critiquer dans ces conditions », trouve-t-il.
Le leader du MMM a également abordé les priorités à venir, notamment barrer la route à un retour du MSM et les défis économiques à anticiper. Il a encore plaidé pour la nomination d’un ministre des Finances et la mise en place d’un comité restreint pour préparer le budget, dans un contexte international incertain marqué par une crise liée à l’Iran.
Quant à un éventuel remaniement ou des changements internes, il a fait ressortir que « rien n’est urgent », tout en admettant que des discussions avec le Premier ministre restent possibles.
Interrogé sur la possibilité de création d’un nouveau parti, Paul Bérenger a écarté cette hypothèse, soulignant qu’elle ne se pose pas dans un contexte où la majorité souhaite rester au gouvernement. Il a également précisé qu’il n’a jamais mis le PTr sur le même plan que le MSM, rejetant toute comparaison entre les deux formations : « Je n’ai jamais dit que le PTr est comme le MSM. J’ai toujours dit que la bande des cinq n’est pas Lakwizinn. Je n’ai jamais mis le PTr sur un pied d’égalité avec le MSM. Pas du tout », indique-t-il.
Toujours en réponse à des questions de la presse, le leader du MMM a récusé les accusations de s’adonner à du chantage : « Je ne suis pas intéressé à faire du chantage. Il y a des désaccords que, je l’espère, changeront. »
Paul Bérenger a également déclaré n’avoir jamais demandé le remplacement de Richard Duval au ministère du Tourisme : « Je ne suis pas enchanté par la performance du ministre Duval au Tourisme, mais je n’ai jamais réclamé son remplacement. On ne fonctionne pas de cette façon », a-t-il dit.
S’agissant de la démission de Jokhoo comme commissaire des prisons, il a laissé entendre que : « Mieux vaut ne pas parler de M. Jokhoo. Il a fallu qu’il vende les poissons à Basdeo Seetaram pour qu’il parte… Nous n’aurions jamais dû le nommer. En ce qui concerne le commissaire de police, c’est une autre chose. Sa position est liée au projet de loi important mais controversé sur le Serious Crime Agency », est-il d’avis.
Concernant ses relations avec Navin Ramgoolam, le leader mauve a dit : « Je plaide coupable ; nous sommes de bons amis sur un plan personnel. Nous pouvons nous rencontrer n’importe quand et n’importe comment », a-t-il dit en précisant qu’il connaît Ramgoolam mais pas son entourage.
De son côté, Joanna Bérenger a mis l’accent sur le respect de la discipline de parti, tout en précisant qu’elle n’a aucune ambition pour le leadership du MMM.
Pour sa part, Paul Bérenger a justifié la présence des ministres au Parlement, mardi. Il a affirmé qu’un ministre doit assumer ses responsabilités en tant que membre du gouvernement, notamment répondre aux interpellations parlementaires à l’Assemblée.
Invité à dire son choix entre Reza Uteem et Ritesh Ramphul s’il devait y avoir un ministre des Finances, il a répondu : « Reza Uteem et Ritesh Ramphul auraient pu faire de très bons ministres des Finances. Je présente les deux dans cet ordre parce que Reza Uteem est dans le MMM. Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, aurait mis Ritesh Ramphul avant Reza Uteem comme choix prioritaire. »
Concernant des divergences internes, notamment avec l’aile jeune du parti et les anciens du MMM, elles sont reconnues mais inscrites dans le cadre normal du débat démocratique au sein du MMM, a mis en avant Paul Bérenger. « L’aile jeune connaît autant la discipline que l’aile des vieux », a-t-il lancé.
Paul Bérenger a donné rendez-vous à lundi pour la suite des discussions, alors que le MMM tente de concilier critiques internes, discipline partisane et stratégie politique.

 

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