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Vers la finalisation du rachat des deux A340-300 et A319-100 par la compagnie néerlandaise BAP Aviation Services

Les dernières indications émanant de sources concordantes sur l’opération « Zoli Tifi » débouchant sur le Rescue Plan d’Air Mauritius font apparaître un potentiel report de la Watershed Meeting des créanciers prévue pour la première semaine de décembre. D’ailleurs, dans les milieux de l’administration de la compagnie nationale d’aviation par le duo Grant Thornton, Sattar Hajee Abdoula et Arvind Gokhool, l’on concédait dernièrement être en situation de contre-la-montre pour boucler cet exercice comptable visant à mettre de l’ordre et tenter de sauver MK d’un krach financier à travers les mesures drastiques prises durant ces derniers mois, dont principalement le dégraissage du personnel et l’introduction d’un nouveau roster de services au sein de plusieurs départements d’Air Mauritius.
À ce stade, si ce report du Watershed Meeting réunissant les créanciers de la compagnie est chuchoté parmi les responsables du dossier, il va falloir dans les plus brefs délais activer les démarches légales menant dans cette direction, avec une autorisation de la Bankruptcy Division de la Cour suprême sollicitée. Cette probabilité, laisse-t-on entendre dans le camp des milieux informés chez Air Mauritius, aurait pour principale raison l’incertitude qui plane dans le secteur de l’aviation, dont l’ouverture partielle et contrôlée des frontières du pays. Les intentions gouvernementales, notamment le prolongement discuté à ce stade de cette « fermeture des frontières » jusqu’en avril 2021, n’aideraient pas la compagnie aérienne nationale dans la conjoncture, forçant cette réflexion autour d’une extension de l’administration du duo de Grant Thornton.
Ainsi, on assisterait à deux courants de pensée au sein de l’hôtel du gouvernement en ce qui concerne l’avenir de MK, soit de mettre la clé sous le paillasson, soit laisser perdurer la situation actuelle en parallèle avec la conjoncture mondiale de COVID-19 impactant le trafic aérien. L’on concède toutefois parmi les professionnels du secteur qu’une fin de l’administration en cette fin 2020 ne déboucherait sur rien de prometteur, étant donné que « le business de l’aviation » est à son point le plus bas. À moins que le vaccin anti-COVID-19 ne vienne remettre les pendules à l’heure.
Les administrateurs, bien qu’ayant les impératifs des créances de la compagnie, devraient éventuellement se plier aux intentions de l’actionnaire majoritaire, à savoir l’État, en ce qu’il s’agit de la marche à suivre. Par ailleurs, les administrateurs Sattar Hajee Abdoula et Arvind Gokhool procèdent à la finalisation d’un deal de rachat des deux A340-300 et A319-100 de MK à la compagnie néerlandaise BAP Aviation Services dans le cadre de l’allégement de la flotte des avions. L’on évoque des discussions exhaustives à la suite de la “Request for Proposal” lancée par les administrateurs pour cinq appareils, sur les 13 que compte MK, excluant les deux A350 rendus par South African Airways (SAA).
Les deux A340 mis en vente comptent plus d’une vingtaine d’années, alors que les deux A319, eux, ont plus de 16 ans. L’A330 est de son côté âgé d’un peu plus de 10 ans. Ces appareils sont devenus des lourdeurs financières dans le temps pour Air Mauritius, étant donné que leurs coûts opérationnels sont énormes. Ce deal avec BAP Aviation Services tournerait autour d’un peu plus de Rs 404 millions.
La flotte d’Air Mauritius est constituée de deux A350, de deux A330-Neo, d’un A330-200 et de trois ATR. Avec les deux avions loués à la compagnie SSA de retour, MK aura désormais une flotte de dix appareils.