Statistiques officielles : Les exportations atteignent les Rs 50 milliards en 2022

 - Le ministre Sunil Bholah : « L’automatisation industrielle est une condition sine qua non pour rester compétitif à l’échelle internationale »

Malgré le contexte international difficile, avec le coût de la vie en hausse dans nos principaux marchés, une inflation élevée, le resserrement monétaire, sans oublier les tensions en Ukraine, la valeur des exportations a crevé la barre des Rs  50 milliards l’année dernière. Cette performance représente une hausse de 17,2% comparé à 2021 (Rs 42,6 milliards) et 2020 (Rs 37,2 milliards).

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Le ministre du Développement industriel et des PME, Sunil Bholah, se félicite que l’objectif qui avait été fixé – soit une hausse de 15% en 2022 – ait été dépassé.  Qualifiée de record, la performance de 2022 transcende même celle d’avant la crise, soit celle de 2019 (Rs 42,3 milliards).

La hausse  de 17,2% des exportations s’explique notamment par une augmentation de commandes sur les marchés traditionnels (Afrique du Sud, Grande-Bretagne, France et États-Unis) et par la réputation du pays en tant que Sourcing Destination de produits de qualité. Le troisième facteur ayant fait pencher la balance en faveur de Maurice est l’adoption de pratiques liées au développement durable dans les entreprises, en ligne avec les exigences des donneurs d’ordres internationaux.

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Dans le détail, on notera une hausse de 20,8% des exportations de poisson et produits à base de poisson (à Rs 12 milliards), de 44,1% d’articles de bijouterie et de pierres précieuses et semi-précieuses (atteignant Rs 5,4 milliards), de 11,8% des dispositifs médicaux (à Rs 1,8 milliard), 10,9% des T-shirts, 16,8% des chemises et 9,9% des pantalons, entre autres. Globalement, les exportations de produits de Textile et habillement ont progressé de 8%, passant à Rs  21,8 milliards. Pour ce qui est du prêt-à-porter, les exportations progressent de 10,3%.

Le ministre Bholah commente les retombées positives des différents plans d’aide mis en place pour soutenir le secteur des exportations, à l’exemple du Freight Rebate Scheme. Entre 2014 et le 31 janvier 2023, Rs 118,6 millions ont été décaissées sous ce plan d’aide, à l’intention de 95 bénéficiaires.

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Au chapitre du Trade Promotion and Marketing Scheme, un montant de Rs 1 milliard a été déboursé de 2016 au 31 janvier 2023 en faveur de 107 entreprises manufacturières et 447 entités dans le secteur agroalimentaire. Il parle de gros efforts du gouvernement, de l’Economic Development Board.

Le principal marché d’exportation depuis la pandémie, soit l’Afrique du Sud, maintient sa place de leader, comptant pour 17% des exportations, suivi du Royaume-Uni (12%), de la France (12%) et des États-Unis (10%). En 2022, le pays aura enregistré une forte hausse des exportations de pantalons, T-shirts et chemises vers l’Afrique du Sud.

La Grande-Bretagne affiche une hausse des exportations de filets de poisson, poisson transformé et primates. Pour les États-Unis, l’on a vu une hausse des exportations de chemises, T-shirts, primates et pierres semi-précieuses, tandis que la France a importé davantage de dispositifs médicaux, articles de prêt-à-porter, montres, etc.

Potentiel africain

Sunil Bholah se dit optimiste pour l’année en cours, arguant que le coût du fret a chuté, même s’il demeure toujours à 50% plus cher qu’avant la crise sanitaire. Il explique que l’Afrique recèle un fort potentiel, notamment des pays comme le Kenya, le Botswana et la Tanzanie.

Concernant les États-Unis avec Rs 5 milliards d’exportations en 2022, sous l’AGOA, le ministre soutient l’absence de visibilité pour l’AGOA au-delà de 2025. Il n’a pas manqué de saluer la performance des entreprises exportatrices : « Elles ont fait preuve d’agilité et de clairvoyance, surtout pendant la période où la pandémie nous a frappés de plein fouet. Les opérateurs ont été contraints à innover, à se réinventer et à s’adapter à un nouvel environnement socio-économique miné par des tensions géopolitiques. Elles l’ont fait avec brio et méritent toute notre appréciation. Elles  ont pu honorer leurs commandes, maintenir les relations avec leurs clients respectifs et dénicher de nouveaux clients également. Ce qui est fort louable. Aujourd’hui nous pouvons tous être fiers de cette performance. »

Par ailleurs, pour le dernier trimestre 2022 (octobre à décembre), les exportations ont atteint Rs 12,9 milliards, contre Rs 11,4 milliards pour la période correspondante en 2021, ce qui représente une croissance de 13,3%. Le segment ‘non textile’ était en progression de 25,2%.

Problème « épineux »

Abordant l’avenir, le ministre estime que le secteur manufacturier est en pleine mutation et adopte des technologies modernes en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Il a indiqué que « l’automatisation industrielle est une condition sine qua non pour rester en opération et être compétitif à l’échelle internationale. » Il a qualifié les exportations de Rs 50 milliards pour 2022 dans son ensemble de « signe de rayonnement du secteur des exportations » qui reste un pilier économique important car il fait entrer des devises étrangères dans le pays.

Interrogé sur le manque de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier, Sunil Bholah a déclaré que cela reste un problème épineux, dépendant  notamment du comité au niveau du Bureau du Premier ministre.

« Il faut que les procédures aillent plus vite et que les permis soient octroyés dans un délai raisonnable », fait-il comprendre en réitérant qu’il manque 2 000 personnes et peutêtre plus  dans le secteur actuellement.

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