– C’est ce que révèle un dernier Survey Post-COVID-19 de Statistics Mauritius, avec le nombre de chômeurs au-dessus de la barre des 60 000 à septembre

– Contraction du taux de croissance pour 2020 de 13% à 15,2%

Les résultats du dernier Continuous Multi-Purpose Household Survey Post-Lockdown COVID-19, mené par Statistics Mauritius, confirment la précarité des ménages, donc de l’économie. Ainsi, l’une des principales conclusions est que quatre ménages sur cinq « ris diab par lake » à chaque fin de mois pour faire face aux échéances financières. D’autre part, le nombre de sans-emploi continue à augmenter, soit une hausse de quelque 4 900 pour passer au-dessus de la barre des 60 000, de juillet à septembre de cette année, soit 10,9%. Mais attention, dans la tranche de 16 à 24 ans, la situation demeure extrêmement explosive, avec un taux de chômage au-dessus des 30%.

Si du côté de la moyenne, les revenus des salariés à la fin du mois de septembre ont progressé de 6,7% par rapport à juillet, notamment avec une progression de 8,9% dans le secteur secondaire, de 5,3% dans la filière des services et une baisse de 11,7% dans l’agriculture, la satisfaction à l’Hôtel du gouvernement sera de courte durée. D’abord, 83% des entrepreneurs et autres, opérant à leur propre compte, ont enregistré une réduction dans leurs chiffres d’affaires et une baisse de 28% dans leurs revenus.

La moyenne des salaires était de Rs 20 600 à la fin de septembre, soit Rs 12 800 par mois pour les salariés dans le domaine agricole, Rs 17 100 dans la manufacture et Rs 22 000 dans les services. Statistics Mauritius fait comprendre que les différents chocs générés par la COVID-19 sous forme de pertes d’emploi, de réduction de revenus, se répercutent par le fait que « around 34 % of households surveyed in September reported a reduction in their income prior to the pandemic ».

Mais l’équation la plus délicate est encore à venir dans la mesure où Statistics Mauritius note noir sur blanc que « during the September round of the survey, 8 in 10 households reported having difficulty to meet household expenses with their current monthly income », d’où la thèse de quatre sur cinq « ris diab par lake ». Et ce, indépendamment de la rhétorique des spécialistes de l’économie autour de la contraction du taux de croissance, qui a connu une nouvelle détérioration d’un trimestre à l’autre, soit 15,2% contre de précédentes estimations de 13%.

Face à ces graves difficultés quotidiennes, des familles mauriciennes sont privées de repas. « To face food needs, households might adopt negative coping strategies, whereby they skip a meal or go without eating for an entire day. The share of households where at least one member went without eating for a whole day was around 4 percent in September », souligne le rapport officiel, rendu public, hier après-midi.
D’autre part, en moyenne, deux abonnés sur cinq éprouvent des difficultés pour régler à chaque fin de mois leurs factures d’électricité et d’eau, même si pour la Central Water Authority, le problème semble être moins contraignant. Le tableau n’est guère différent au niveau des repaiements des mensualités pour le Hire Purchase, avec un taux de 25% ayant des difficultés à honorer leurs engagements financiers.

Les dispositions adoptées sous les Workers Rights Regulations, interdisant toute réduction de personnel et étendues jusqu’au 30 juin de l’année prochaine, ont eu pour effet d’atténuer le potentiel de dérapage du taux de chômage. N’empêche qu’à la fin de septembre, comparativement à juillet, 4 900 employés ont été limogés, portant le nombre de chômeurs à 62 200 en septembre, soit 10,9%, soit 32 000 hommes et 30 200 femmes. 20 500 de ces sans-emploi sont de la tranche d’âge de 16 à 24 ans.