Pour travailler dans une crèche, enseigner dans un établissement scolaire – du pré-primaire au tertiaire –, les auxiliaires, personnel enseignant et non enseignant devront être vaccinés. Pour cause, “les écoles sont des zones à haut risque de transmission”, avait fait ressortir la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, pour soutenir la décision de faire de la vaccination une condition quasi sine qua non pour accéder à un établissement scolaire.

Ainsi, pour toutes les personnes, parents compris, qui sont concernées par la vaccination obligatoire contre le Covid-19, la question fait débat sur fond d’angoisse, d’appréhension, voire d’incompréhension. Mais il n’est pas certain qu’un des communiqués à l’intention des enseignants fasse des heureux. Ainsi, à hier, la décision de “mettre des enseignants récalcitrants au vaccin sur leave without pay” était maintenue et devrait figurer sur un communiqué cette semaine. Si la ministre de l’Éducation a annoncé que les membres du personnel qui ne souhaitent pas se faire vacciner auront à produire un test PCR négatif à la Covid-19 et à leurs frais chaque 7 jours, on sait que cette option ne sera pas pratique financièrement.

Et ceux qui, pour des raisons de santé, ne peuvent être vaccinés, devront se rendre dans n’importe quel hôpital régional où ils seront vus par un médecin apte à confirmer leur condition physique. Ils auront alors un certificat médical. Quant au personnel enseignant et non-enseignant qui, lui, aura été vacciné, il devrait recevoir un laisser-passer l’autorisant à accéder à son lieu de travail.

À ce jour, selon la Government Teachers’ Union, 60% des enseignants des écoles primaires ont été vaccinés. Des parents d’élèves devront aussi se plier à ces règlements qui entreront en vigueur à partir du 21 juin. Sans le certificat vaccinal, il leur sera strictement interdit d’avoir accès à l’enceinte scolaire de leurs enfants. Aussi, Leela Dookun-Luchoomun a été catégorique sur la vaccination pour les étudiants âgés de plus de 18 ans: “Tou bann zelev odesi de dizwit-an pou oblize fer zot vaksin.”

D’ailleurs, des jeunes déjà majeurs, en formation dans des établissements techniques opérant sous l’égide du ministère de l’Éducation, ont été déjà informés qu’ils doivent se faire vacciner pour accéder aux locaux des centres. L’exercice de vaccination se fera aussi dans des universités et autres institutions tertiaires qui accueillent un grand nombre d’étudiants. Ce qui évitera le déplacement des étudiants vers des centres hospitaliers.

Les prochains règlements seront appliqués dans les écoles et collèges du Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC). Mais depuis les annonces de jeudi dernier, le SeDEC a reçu des appels qui traduisent l’inquiétude des parents, en quête de précisions. “Ce qui a été communiqué n’est pas très explicite”, concède Clive Anseline, chargé de communication du Sedec. Mais le SeDEC encourage la vaccination, dit-il.

Des syndicats d’accord…

Dans l’ensemble, les syndicats des enseignants du primaire et du secondaire adhèrent aux nouveaux règlements, lesquels au final imposent la vaccination au personnel scolaire. “Il n’ y a pas d’autres solutions. Depuis janvier dernier, j’ai écrit au Premier ministre, Pravind Jugnauth pour que les enseignants soient considérés prioritaires à la vaccination aux côtés du personnel médical et la police”, dit Vinod Seegum de la GTU.

De son côté, Sunil Jhugroo, qui représente les assistants de la Deputy Head Teachers’ Union, est d’avis que “le gouvernement avait tout mis en place pour faciliter la vaccination des enseignants ; maintenant, il faut arriver à trouver un autre moyen pour encourager la vaccination.”

De l’Union of Private Secondary Employees Education (UPSEE) à l’association des managers des collèges privés et à celle des recteurs des collèges d’État, tous se disent pour la vaccination du personnel des collèges. “Mais la manière de communiquer les règlements n’est pas correcte”, note Munsoo Korimboccus de l’UPSEE. Les partenaires de l’Éducation sont aussi d’avis que dans la pratique, ces règlements poseront des contraintes lorsqu’il faudra, par exemple, convoquer des parents à l’école. Ils pensent qu’il leur faudra envisager un corridor pour recevoir les parents d’élèves non vaccinés. Tout ne pourra être réglé en ligne.

Pour leur part, ce sont les milliers de parents d’enfants admis dans des crèches et à la maternelle qui déposent leurs petits dans l’enceinte des établissements, quand ce n’est pas pour les accompagner à l’intérieur même des locaux, qui ne pourront plus garder cette habitude. Sylvette Paris Davy, directrice des crèches et maternelle Bethléem, et Amrita Kistamah de The Cubbies, rappellent que contrairement aux écoles primaires et secondaires où des parents peuvent déposer leurs enfants à l’entrée des bâtiments, tel n’est pas le cas pour les plus petits.

Pour ces deux professionnelles de la petite enfance, les nouvelles directives du gouvernement ne pourront être appliquées sans la mise en place d’initiatives pratiques dans les établissements scolaires. D’autre part, tous sont unanimes à rappeler que malgré la vaccination obligatoire pour les adultes, les enfants restent des vecteurs potentiels de transmission du virus…