FÉMINICIDE | Disparition de Yogeshwaree Bhunjun  : Le Dr Arvind Ramchurn, cerveau de l’assassinat de son épouse 

-Trois suspects arrêtés, soupçonnés de s’être débarrassé en mer du corps de la victime, âgée de 37 ans et mère de deux enfants en bas âge, au large de Rivière-Noire

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La disparition de Yogeshwaree Bhunjun (37 ans), qui avait plongé sa famille dans une angoisse insoutenable durant plusieurs semaines, a désormais pris une tournure des plus tragiques et révoltantes. Les derniers développements dans l’enquête menée par la Major Crime Investigation Team (MCIT) laissent peu de place au doute quant à un nouveau cas de féminicide en ce début d’année. Cette jeune mère de famille aurait été froidement assassinée dans ce qui s’apparente à un meurtre commandité. Les soupçons se resserrent autour de son époux, le Dr Arvind Ramchurn, âgé de 48 ans et placé en détention depuis le début de cette affaire.

Ce week-end, l’enquête a connu une accélération spectaculaire avec l’arrestation de trois hommes soupçonnés d’être impliqués dans ce crime d’une rare brutalité. Khalif ul Ahmad Raffique (46 ans), Imteaz Mahmad Peeroo (46 ans) et Fadhil Hossen (41 ans) ont été inculpés provisoirement sous le délit aggravé de meurtre devant la Week-End Court hier. Les deux premiers habitent Camp-Fouquereaux, tandis que le troisième, infirmier de profession et originaire de Dagotière, est également gérant d’une pharmacie à Rose-Hill.
Les enquêteurs de la MCIT ont mené une série d’opérations, de jour comme de nuit, pour mettre la main sur ces suspects, qui seraient directement impliqués dans ce crime. Ils les soupçonnent notamment d’avoir aidé au transport de Yogeshwaree Bhunjun vers la jetée de Case-Noyale. À ce stade, les enquêteurs ignorent encore si la victime était toujours en vie, inconsciente ou déjà décédée.

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Selon les premiers éléments recueillis, les suspects se seraient ensuite rendus en mer à bord d’un bateau afin de se débarrasser du corps au large de Rivière-Noire. Ils auraient agi contre la promesse d’une importante somme d’argent, qui devait leur être versée par le présumé commanditaire.

Au cours de ces interventions, la police a également saisi deux véhicules – une Renault et une Mercedes –, qui pourraient avoir servi lors de l’exécution de ce crime ou pour le transfert du corps de la victime. Les voitures ont été placées sous scellés afin d’être soumises à des examens médico-légaux approfondis par la police scientifique.
Les séances d’interrogatoire menées par les enquêteurs ont rapidement fait émerger des révélations troublantes. Sous la pression des questions, l’un des suspects aurait fini par passer aux aveux. Il a admis avoir participé indirectement au meurtre de Yogeshwaree Bhunjun, tout en affirmant ne pas être l’instigateur du crime.

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Selon ses déclarations, il aurait agi sur ordre de son employeur, Fadhil Hossen, propriétaire de la pharmacie. Mais l’affaire prend une dimension encore plus sombre avec la suite de ses propos : son patron aurait lui-même reçu des instructions directes du compagnon de la victime, le Dr Arvind Ramchurn, déjà arrêté dans le cadre de cette enquête.
Les enquêteurs de la MCIT privilégient désormais la piste d’un assassinat froidement planifié et prémédité. D’après les premiers éléments, les trois suspects auraient été recrutés contre une importante somme d’argent pour faire disparaître toute trace du corps. Pourtant, aucun d’eux ne revendique le meurtre.

Les preuves s’accumulent également du côté des technologies de surveillance. Des images captées par les caméras du Safe City Network auraient permis aux enquêteurs de retracer certains déplacements suspects aux heures cruciales entourant la disparition de Yogeshwaree Bhunjun. Confronté à ces éléments jugés accablants, un deuxième suspect aurait lui aussi reconnu sa participation au crime. D’où la saisie des véhicules.

À la suite de ces révélations, d’importantes opérations de recherches ont été déclenchées tard dans la nuit de samedi. Des équipes de police, dont des éléments de la National Coast Guard, se sont mobilisées pour tenter de localiser le corps de la victime dans cette zone côtière. Les recherches devraient se poursuivre afin de confirmer cette piste et permettre à la famille d’obtenir enfin des réponses aux questions angoissantes qu’elle se pose sur le sort de la victime. Cependant, les chances restent minces de retrouver le corps trois semaines après les faits.

Pendant ce temps, les proches de Yogeshwaree Bhunjun vivent un véritable cauchemar. La trentenaire, connue sous le prénom de Deepika auprès de sa famille et de ses amis, n’avait plus donné signe de vie depuis fin février. C’est une amie vivant en Italie qui avait donné l’alerte après avoir évoqué, lors d’une conversation avec une tante de la victime, une dispute survenue le 23 février entre Yogeshwaree Bhunjun et son compagnon. Troublée par ces révélations, la tante avait alors tenté de joindre la trentenaire.

Lors de cet échange, Yogeshwaree Bhunjun aurait confié que son compagnon voulait la mettre à la porte de leur domicile. Aujourd’hui, ses propos prennent une résonance tragique pour la famille, qui redoute désormais l’irréparable.

La victime partageait sa vie depuis environ 12 ans avec le Dr Arvind Ramchurn, médecin opérant dans le privé. Le couple vivait à Fond-du-Sac avec ses deux enfants : une fillette de trois ans et un bébé de huit mois, encore allaité par sa mère avant le drame.
Selon plusieurs proches, les relations au sein du couple étaient marquées par de fortes tensions, particulièrement ces derniers mois. La tante de la victime affirme que Yogeshwaree Bhunjun avait déjà quitté le domicile conjugal à plusieurs reprises et s’était même réfugiée dans un centre d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales. Elle soupçonnait également son époux d’infidélité, notamment pendant sa grossesse.
Malgré ces difficultés, le couple finissait souvent par se réconcilier, dans l’espoir fragile de sauver leur relation. La disparition de Yogeshwaree Bhunjun avait finalement été signalée à la police par son père, un retraité de 62 ans.

Le Dr Arvind Ramchurn avait logé un Pre-Measure Statement à la police durant cette même période, affirmant qu’il séjournait chez une femme à Vacoas. C’est à son retour à la maison qu’il aurait vu ses deux enfants seuls, alors que son épouse, elle, avait « disparu ». Sauf que cette habitante de Vacoas a nié à la police que le médecin était resté chez elle le mois dernier.

Avec ces nouvelles arrestations et les premiers aveux recueillis, l’enquête semble désormais s’orienter vers la reconstitution d’un crime prémédité. Les enquêteurs du MCIT poursuivent leurs investigations afin d’établir avec précision le rôle de chaque suspect et faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame, et dont les tenants et aboutissants donnent déjà froid dans le dos.

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