GRANDS FINANCEURS DE LA GUERRE EN UKRAINE

Et si les pays riches agissaient avec la même détermination pour sauver la planète…

De toute son histoire – qui remonte à plus de 4,5 milliards d’années –, la Terre n’a jamais été confrontée à une menace aussi grave pesant sur sa diversité biologique que celle d’aujourd’hui. La vie, dans sa forme la plus élémentaire, est apparue sur la planète environ un milliard d’années plus tard et personne n’en sait exactement comment, dans quelles circonstances, bien qu’existent certaines hypothèses mais aucune d’elles n’a été confirmée jusqu’ici. Ce qui est certain, en revanche, c’est que de par sa nature accapareuse, égocentriste, insouciante, de ne voir que le bout de son nez – caractères qui le conduisent à préférer la richesse et le confort du court-terme qu’une existence saine et assurée dans le temps et l’espace –, l’homme a infligé un tort incommensurable à sa propre « maison commune ».

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Pour tenter d’atténuer cette tendance, il est impératif de se montrer audacieux car l’obstination à forger la croissance à tout prix, particulièrement celle produite à partir de l’énergie sale et non renouvelable et des matières premières polluantes, nous mènera droit dans le mur. Pourtant, l’énergie propre et renouvelable est disponible de manière permanente et abondante permettant un développement soutenable au profit de toute l’humanité. Or, le nez dans le guidon, nous optons pour des solutions sommaires mais aux conséquences des plus viles et nuisibles. C’est pourquoi, dans un premier temps, dans le souci d’entraver toute possibilité de dégradation future de notre biosphère, il est indispensable qu’écologistes et économistes accordent leurs violons et trouvent un terrain d’entente entre développement économique et équilibre écologique.

Déjà, de profondes divergences existent entre différents pays par rapport au respect et à l’application des protocoles internationaux sur l’environnement. Ainsi, il est temps de revoir cette pratique absurde d’organiser des conférences régulières, réduites très souvent en un show grandiloquent, se terminant toujours par une photo de famille souriante destinée à la galerie et de se concentrer au niveau des États individuels et ce, sous l’égide d’une Organisation mondiale de l’Environnement qui aura pour objectif de mettre en place les modalités de dialogue entre les deux parties concernées, c’est-à-dire, écologistes et décideurs économiques, et de faire le suivi au cas par cas. Selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la température à la surface de la Terre pourrait croître de 1,8 à 4ºC au cours de ce siècle.

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Or, il convient de constater que toute hausse de la température atmosphérique et le phénomène qui l’accompagne, c’est-à-dire, l’acidification des océans, constituent des conditions propices à la destruction des récifs coralliens – écosystème qui, avec les forêts tropicales, abritent la diversité biologique la plus abondante de la planète. Certains experts vont même jusqu’à dresser l’analogie entre la situation écologique qui pourrait prévaloir et celle qui avait provoqué l’extinction des espèces lorsqu’un astéroïde géant avait tamponné la Terre et entraîné la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années.

Combattre la spéculation

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D’autre part, l’urgence écologique est devenue un enjeu de survie pour les espèces agricoles également. Déjà, plus d’un milliard de personnes sont exposées à la famine et il est grand temps de diversifier les cultures vitales face aux menaces croissantes dues à la sècheresse, aux inondations et aux infections parasitaires que suscite le changement climatique. Certes, les agriculteurs s’en sont toujours adaptés, mais il paraît que le rythme du changement serait beaucoup plus conséquent que par le passé, ce qui aggraverait les risques pour les produits de base tels le blé, le maïs, le riz et la pomme de terre sur lesquels dépend toute l’humanité.

   L’identification des caractéristiques génétiques particulières chez les plantes sauvages pourrait fournir un stock de gènes permettant aux cultures d’affronter les conditions végétatives plus rudes et hostiles. Mais encore faut-il que les divergences sur les OGM soient réglées une fois pour toutes. Pourtant, la faim représente la première source de la misère et une des causes majeures de l’instabilité politique et sociale dans de nombreux pays. Un tel scandale ne correspond pas aux époques révolues.  D’autre part, il y a aussi l’urgence de combattre la spéculation sur les matières premières agricoles qui fait grimper les cours des céréales, parfois même à des niveaux absolument inaccessibles. Et si la même détermination que démontrent ces jours-ci les pays riches pour prolonger la guerre en Ukraine aux coûts de dizaines de milliards de dollars était manifestée pour résoudre le problème de la faim dans le monde…

Nous nous trouvons aujourd’hui à la croisée des chemins. Le temps est venu de tout repenser – le climat des affaires, le climat politique, notre relation envers le climat… Car un système économique qui transgresse sans vergogne les principes de base de l’écologie et de l’éthique produirait, tôt ou tard, un effet boomerang. Ainsi, la priorité des priorités demeure la protection de nos moyens de subsistance en investissant dans la planète – le thème de cette Journée mondiale 2023 est justement « Investir dans notre planète » – car un avenir vert et raisonné est un avenir durable et prospère.

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